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Des projets tous azimuts pour développer les ressources en eau

Racha Darwich, Mardi, 25 août 2020

Face à une croissance démographique galopante et un quota stable des eaux du Nil qui risque même d’être réduit, l’Egypte adopte une politique de gestion durable des ressources en eau. Différents projets ont été récemment lancés dans ce sens.

Des projets tous azimuts pour développer les ressources en eau
D'un coût de 700 millions de L.E. et une capacité de production de 80 000 m3/jour, la station de dessalement de Yousr devra couvrir les besoins hydriques d'Hurghada.

Depuis 1959 et jusqu’à nos jours, la part de l’Egypte dans les eaux du Nil n’a pas changé. A cette date, le traité de partage des eaux du Nil signé entre Le Caire et Khartoum à l’occasion de la construction du Haut-Barrage attribue à l’Egypte les deux tiers du débit du fleuve estimé à la hauteur d’Assouan à 74 milliards de m3/an, soit 55,5 milliards de m3/an. Avec une population de 25 millions d’habitants à l’époque, la part d’eau de chaque individu dépassait les 2 000 m3 par an. En 2020, avec une population dépassant les 100 millions d’habitants, une superficie agricole de plus de 9,4 millions de feddans et un quota toujours stable, la part de l’individu est devenue inférieure à 600 m3, même si nous y ajoutons les autres ressources hydriques.

Selon les chiffres du ministère des Ressources hydriques et de l’irrigation, les utilisations hydriques actuelles de l’Egypte atteignent 80 milliards de m3/an. Vu que les ressources traditionnelles d’eau atteignent près de 59,25 milliards de m3/an, incluant les eaux du Nil (55,5 milliards de m3/an), les eaux souterraines profondes (2,1 milliards de m3/an), les eaux des pluies (1,3 milliard de m3/an) et le dessalement des eaux de mer (0,35 milliard de m3/an), le déficit est essentiellement couvert par le recyclage des eaux agricoles et industrielles usées qui est devenu une partie principale de la balance hydrique du pays.

Dans ce contexte, l’Egypte a adopté récemment une série de mesures et exécuté un ensemble de projets afin de préserver ses ressources hydriques. C’est ainsi que le ministère des Ressources hydriques et de l’Irrigation a entamé depuis 2017 une stratégie de la gestion ingénieuse et durable des ressources hydriques jusqu’à 2037. Cette stratégie s’étend à tous les secteurs comme le transfert à l’irrigation moderne, la diminution des pertes d’eau des canaux d’irrigation, l’expansion dans le dessalement des eaux de mer et des eaux souterraines salées ainsi que le traitement des eaux du drainage sanitaire et agricole. Au cours des trois dernières années, de nombreux projets ont déjà vu le jour d’un coût total de 110 milliards de L.E.

Revêtement des parois de 40 canaux

De même, a été lancé, début juin dernier, le projet de revêtement des parois de 40 canaux d’irrigation dans les gouvernorats d’Ismaïliya, de Guiza, d’Assouan et de Béni-Soueif sur une longueur de 190 km avec un coût de près de 480 millions de L.E. Exécutés grâce à un autofinancement du ministère des Ressources hydriques et de l’Irrigation, les travaux qui s’inscrivent dans le cadre du plan national de la rationalisation de l’eau et de la diminution des pertes du réseau national doivent s’achever dans un délai de 6 à 8 mois selon l’état des canaux. En fait, ces travaux s’inscrivent dans le cadre du projet national de développement, du revêtement et de la couverture des canaux d’irrigation au niveau du pays pour le revêtement et la maintenance de 7 000 km de canaux avec un coût de 18 milliards de L.E. sur une période de deux ans si le financement nécessaire est disponible. Jusqu’au 20 août 2020 a été assuré le financement de 383 projets de développement et de revêtement des canaux d’une longueur de 3 900 km et d’une valeur estimative de 8,4 milliards de L.E., desservant près de 1,3 million de feddans répartis sur 19 gouvernorats. Objectif : sauver 5 milliards de m3 d’eau/an du réseau d’irrigation, qu’il s’agisse des eaux du Nil ou des pluies, des eaux souterraines ou des eaux traitées.

Dessalement des eaux de mer

Par ailleurs, l’Egypte a exécuté des mégaprojets de dessalement des eaux de mer et possède désormais la plus grande station au Moyen-Orient, Al-Yousr, installée à Hurghada avec une capacité de production de 80 000 m3 par jour. L’objectif est d’atteindre une production de 1,7 million de m3/jour fin 2020, soit 6,6 % du total de l’eau potable et 2,7 millions en 2037 pour les stations appartenant à la holding de l’eau potable. Dans ce contexte, 19 nouvelles stations de dessalement de l’eau devront être inaugurées, d’un coût total de 11 milliards de L.E. et une capacité de production de 550 000 m3/jour dans un délai de 18 mois. Ces stations sont construites dans le cadre de la stratégie nationale de l’augmentation des ressources hydriques de l’eau dont l’un des principaux objectifs est de parvenir en 2050 à 65 stations de dessalement réparties sur les gouvernorats côtiers de Matrouh, du Sud-Sinaï, de Suez, d'Ismaïliya, du Nord-Sinaï et de la mer Rouge avec une production totale de 750 000 m3/jour.

Multiplier les stations du drainage sanitaire

Un autre pilier du plan de gestion des ressources hydriques de l’Egypte est le traitement des eaux du drainage sanitaire et agricole pour leur utilisation dans l’irrigation des terres agricoles dans différentes régions selon le code égyptien du recyclage qui détermine la nature des plantations irriguées avec ces eaux selon le degré de traitement primaire, secondaire ou tertiaire. C’est ainsi que près de 66 projets de traitement des eaux du drainage sanitaire ont été exécutés dans la période de 2014 à 2018 avec une capacité totale de 2,9 millions de m3/jour et des investissements de plus de 14, 3 milliards de L.E. Dans ce cadre a été inauguré en décembre 2018 la plus grande station de traitement des eaux du drainage sanitaire à Al-Gabal Al-Asfar dans le grand Caire avec une capacité de traitement de 3,5 millions de m3 d’eau/jour avec un coût de 3 milliards de L.E., alors que la dernière station de traitement des eaux agricoles a été inaugurée en avril dernier à Al-Mahmasa à Ismaïliya dans le cadre de la célébration des fêtes de la libération du Sinaï avec une capacité de traitement d’un million de m3/jour.

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