Lundi, 17 juin 2024
Dossier > Dossier >

Dr Hossam Abdel-Ghaffar : L’Egypte veut éviter par tous les moyens une grande prolifération du virus

Propos recueillis par Howaïda Salah, Mardi, 07 avril 2020

Dr Hossam Abdel-Ghaffar, secrétaire général du Haut Conseil des Hôpitaux Universitaires (HCHU), revient sur le plan du conseil pour lutter contre le coronavirus.

Dr Hossam Abdel-Ghaffar

Al-Ahram Hebdo : Quelles sont les mesures prises par les hôpitaux universitaires pour faire face au Covid-19 ?

Hossam Abdel-Ghaffar: Tout d’abord, je dois noter que la situa­tion en Egypte reste sous contrôle avec un nombre de contaminations moyen par rapport aux chiffres mondiaux, alors que nous en sommes à la 7e semaine de l’épidé­mie. Jusqu’à présent, les hôpitaux universitaires sont en mesure d’ac­cueillir des malades. Nous dispo­sons des équipements et des médi­caments nécessaires alors qu’un bâtiment séparé a été consacré au sein de chaque hôpital universitaire pour le traitement des malades contaminés par le virus.

— Et au niveau du personnel soignant, le nombre est-il suffi­sant ?

— Oui, le personnel soignant est suffisant. Mais s’il y a une augmen­tation du nombre de contamina­tions, nous formerons quelque 20000 médecins et infirmières aux protocoles de traitement du corona­virus et à l’usage des appareils de respiration artificielle. Par ailleurs, il faut noter que nous disposons d’un personnel qualifié capable de suivre l’évolution des cas de conta­mination et de prendre les mesures adéquates.

— Comment concevez-vous les dernières décisions prises par le président de la République en vue d’améliorer le statut du per­sonnel soignant ?

— Tout d'abord, il faut saluer les efforts et les sacrifices du personnel soignant qui est en première ligne contre le coronavirus.

La décision du président Abdel-Fattah Al-Sissi d’augmenter les primes du personnel soignant de 75% vient en appréciation de son rôle qui s’est manifesté au cours de cette crise. En dépit des dangers, ils accomplissent leur devoir avec dévouement et bravoure. D’où l’importance accordée à l’améliora­tion de leur statut salarial et de leurs conditions de travail. Un pas important qui sera suivi d’autres.

— En l’absence jusqu’à présent d’un médicament reconnu pour le Covid-19, quel est le protocole de traitement suivi dans les hôpi­taux universitaires ?

— C’est le protocole adopté par le ministère de la Santé et qui est conforme aux directives de l’Orga­nisation Mondiale de la Santé (OMS). Ce protocole porte précisé­ment sur l’usage d’une combinai­son d’Oseltamivir, un antiviral qui arrête l’action de plusieurs types de grippes, et de Paracetamol. Les mesures de confinement et de désinfection font partie intégrante de ce protocole de traitement.

— Si la situation s’aggrave, le conseil dispose-t-il d’un plan d’urgence ?

— Certes. Le plan du conseil pré­voit des mesures pour répondre à toute augmentation du nombre de cas. A titre d’exemple, seuls 6 hôpi­taux universitaires sur les 29 exis­tants ont été consacrés à la quaran­taine et au traitement des personnes contaminées. Si l’on passe à la 3e phase de l’épidémie, tous les hôpi­taux universitaires seront entière­ment consacrés à la quarantaine alors que le ministère de la Santé dispose de 27 hôpitaux de confine­ment. Il existe un scénario selon lequel il y aura un grand nombre de contaminations dans le pays. Nous devons être préparés à cette possi­bilité. D’ailleurs, le plan prévoit plus de lieux d’isolation pour les cas légers, plus de lits de réanima­tion pour les cas graves. Tout ceci doit être accompagné de solides mesures de contrôle de l’infection pour les familles, les cliniques, les lieux d’isolation et les hôpitaux. Ce scénario à haut risque peut peser sur le système de santé, comme ce fut le cas dans tous les pays du monde fortement touchés par la pandémie. Prenons l’exemple de l’Italie dont les hôpitaux ont été submergés et où plus de 7500 per­sonnes sont mortes du virus. C’est pourquoi l’Egypte tente d’éviter ce scénario par tous les moyens pos­sibles.

— Comment jugez-vous la ges­tion par l’Etat de la crise du coro­navirus ?

— La gestion de la crise a été idéale et a permis de contrôler la situation. L’interdiction partielle de circuler et la fermeture des écoles, des universités, des lieux de culte et des sites archéologiques sont des mesures qui ont fait que l’Egypte a évité le pire. Le renforcement des mesures de prévention, les cam­pagnes de sensibilisation, la désin­fection des institutions publiques et privées, des rues, des moyens de transport collectifs sont autant de mesures à saluer et des efforts énormes déployés par le gouverne­ment en coopération avec les forces armées. D’ailleurs, la suspension des vols aériens et la fermeture des frontières ont aidé à mieux contenir l’épidémie.

— Dans cette guerre contre l’épidémie, en quoi réside la res­ponsabilité du citoyen ?

Il faut que les citoyens respec­tent les directives de l’Etat sur le confinement pour ne pas accroître le cercle de l’infection. Il faut qu’ils soient surtout conscients que ces mesures mises en place visent à préserver leur vie, ainsi que la sécu­rité de tout un pays. Sur un autre volet, le citoyen doit se rendre immédiatement à l’hôpital ou demander la consultation médicale du ministère de la Santé en appelant le 105 s’il manifeste les symptômes du coronavirus. Tout retard aggrave la situation. Certains patients ont succombés au virus le jour de leur arrivée à l’hôpital, car ils ne s’étaient pas soignés au début de l’infection .

Lien court:

 

En Kiosque
Abonnez-vous
Journal papier / édition numérique