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Faire barrage au Covid-19

Dalia Farouq, Mardi, 24 mars 2020

Tandis que le tourisme mondial est suspendu en raison du Covid-19, l’Egypte procède à la désinfection des hôtels, des établissements touristiques et des sites archéologiques. Et des campagnes de sensibilisation sont organisées à l’adresse du personnel touristique. Explications.

Faire barrage au Covid-19

« Durant des milliers d’années, j’ai tout vu et j’ai appris que le soleil brille toujours après la tempête ». C’est le message adressé par le ministère égyptien du Tourisme au monde entier à travers une illustration du roi Toutankhamon sur tous les médias. Ce message fait suite à la suspension des vols dans tous les aéroports égyptiens du 19 au 31 mars, afin de lutter contre la propagation du Covid-19. Selon le ministre de l’Aviation, Mohamad Manar, la suspension des vols ne signifie pas la fermeture de l’espace aérien égyptien.

Les aéroports d’Egypte continuent à accueillir les vols de transit, les vols charter et les vols réguliers, même sans passagers. « Les groupes touristiques qui se trouvent encore en Egypte et qui désirent poursuivre leurs programmes peuvent continuer normalement leur séjour et rentrer chez eux aux dates prévues », explique Manar. Et d’ajouter que l’Egypte ne va pas accueillir de nouveaux groupes touristiques pendant la période de suspension des vols.

En fait, le Covid-19 a un impact potentiellement dévastateur sur le secteur du tourisme dans le monde entier et pas seulement en Egypte. Les réservations se sont effondrées partout dans le monde. Dans un communiqué de presse, l’Organisation Mondiale du Tourisme (OMT) souligne que le nombre de touristes dans le monde devrait baisser de 3 % en 2020. Ce qui va se traduire par une perte comprise entre 30 et 50 milliards de dollars. Les pertes pourraient être encore plus importantes si la pandémie perdurait.

Par ailleurs, le Conseil mondial du voyage et du tourisme (WTTC) a lui aussi annoncé une perte d’un million d’emplois par jour dans le secteur au niveau mondial en raison de la crise liée à la pandémie du coronavirus. Le WTTC, qui représente le secteur privé mondial du voyage et du tourisme, estime que des pertes d’emplois croissantes affecteront tous les secteurs de l’industrie. En fait, tant que les pays prendront des mesures restrictives pour lutter contre le virus, les pertes du secteur vont s’accroître. « La fermeture des hôtels, la suspension de la majorité des vols internationaux et nationaux, la cessation des croisières et l’interdiction croissante des voyages dans le monde ont un effet domino catastrophique qui affecte un grand nombre de fournisseurs dans le monde », affirme le WTTC dans un communiqué rendu public le 20 mars.

Gloria Guevara, présidente du WTTC, a appelé à des actions urgentes de la part des gouvernements, afin de sauver le secteur de l’effondrement. Le WTTC affirme que jusqu’à 50 millions d’emplois à travers le monde sont menacés et que 320 millions d’emplois sont confrontés à l’impact de « la perte spectaculaire d’entreprises ». Les voyages et le tourisme, qui contribuent à hauteur de 10,4 % au PIB mondial, sont directement responsables de la création d’un emploi sur 10 dans le monde.

Mesures préventives en Egypte

Le ministère égyptien du Tourisme et des Antiquités a décidé de mettre à profit cette période de suspension des vols pour « réarranger le secteur du tourisme de l’intérieur » et appliquer les mesures de prévention. « Tous les hôtels et les bateaux de croisière sont soumis à de vastes opérations de stérilisation et de désinfection », assure Khaled El-Enany, ministre du Tourisme et des Antiquités.

Ces mesures de stérilisation se font en coopération avec les Chambres des hôtels et du tourisme sous la supervision du ministère de la Santé et de la Population. « Ces mesures sont conformes aux normes internationales de stérilisation imposées par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Des swab tests sont menés périodiquement d’une façon aléatoire dans les hôtels et les établissements touristiques », affirme Hossam Al-Chaer, président de la Chambre des agences de voyages.

Quant aux membres du personnel du secteur touristique et hôtelier, ils ont tous subi des tests contre le coronavirus, afin de s’assurer de leur état de santé. En outre, ceux qui travaillent dans les stations touristiques en Egypte, comme Louqsor, Assouan, Charm Al-Cheikh, Hurghada et Marsa Alam, seront confinés à l’intérieur de ces stations pendant 14 jours après le départ du dernier touriste, afin d’empêcher le moindre risque de propagation du Covid-19. Dans ce même contexte, le ministère a aussi décidé de fermer les musées et les sites archéologiques dans les quatre coins de l’Egypte du 23 au 31 mars.

En fait, depuis le début de la crise du coronavirus, le ministère du Tourisme et des Antiquités a lancé une campagne de sensibilisation destinée aux archéologues et au personnel des musées et des sites archéologiques, afin de prévenir le coronavirus. « Des pancartes avec des instructions préventives diffusées par l’OMS ont été installées partout dans les sites archéologiques et les hôtels, et des gants, des masques et des produits désinfectants ont été distribués sur les sites », explique Imane Zidane, adjointe du ministre du Tourisme et des Antiquités.

Et d’ajouter : « Le personnel du secteur du tourisme et des antiquités assistera à des stages de sensibilisation et de protection contre le Covid-19 ». La pandémie du coronavirus frappe le secteur du tourisme en Egypte alors que celui-ci vient de se remettre après des années de vache maigre dues aux perturbations politiques et à l’instabilité depuis 2011. C’est à partir de 2017 que le tourisme commence à se rétablir en Egypte. En 2018, 11,3 millions de personnes ont visité le pays. Une croissance qui s’est confirmée en 2019 avec près de 13 millions de touristes qui ont visité l’Egypte. Tous les indices de 2020 étaient prometteurs, et les professionnels tablaient sur plus de 15 millions de touristes. Le Covid-19 est venu confiner tous les espoirs d’une année touristique épanouie après trois années de convalescence.

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