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Barakat Al-Fara : Nous devons persuader le monde de nous soutenir pour que le peuple palestinien obtienne ses droits historiques

Propos recueillis par Ola Hamdi, Mardi, 04 février 2020

3 questions à Barakat Al-Fara, ancien ambassadeur palestinien en Egypte.

Barakat Al-Fara

Al-Ahram Hebdo : Que pensez-vous du plan de paix américain annoncé par Donald Trump ?

Barakat Al-Fara: Le plan américain est un plan unilatéral qui ne répond pas aux ambitions minimales du peuple palestinien. Le prétendu Etat palestinien n’a pas de frontières avec la Jordanie, parce que toute la région de la vallée du Jourdain et la mer Morte seront données à Israël. La Cisjordanie devient donc des îles isolées, des cantons non connectés les uns aux autres qui seront reliés par des tunnels et des ponts qu’Israël peut fermer à tout moment! C’est donc un pays qui n’a pas de frontières avec la Jordanie, dont Jérusalem n’est plus la capitale et qui est composé d’îles isolées les unes des autres. Pire encore, ce plan a complètement aboli le droit au retour.

— Quelles sont les options palestiniennes possibles ?

— Nous ne sommes pas contre les négociations, mais négocier quoi ? Les négociations doivent être parrainées par le quartet international, les Nations-Unies et la Ligue arabe ainsi que par des pays arabes comme l’Egypte, l’Arabie saoudite et la Jordanie. Le nombre de Palestiniens dans le monde s’élève à 14 millions, et à l’intérieur de la Palestine historique à 6 millions et demi. Le peuple palestinien ne demande pas de miracle. Il réclame le minimum de ses droits: un Etat indépendant avec Jérusalem-Est pour capitale et le retrait d’Israël de la Cisjordanie occupée en 1967.

Le président palestinien Abou-Mazen a annoncé la rupture des relations sécuritaires avec Israël. S’agit-il de la fin d’Oslo ?

— Le plan américain est contraire aux accords d’Oslo, signés avec Israël en 1993. Depuis la signature de cet accord, Israël n’a rien appliqué de ses clauses. Il y aura certainement des répercussions de notre retrait de l’accord d’Oslo, car il signifiera la fin de l’Autorité palestinienne qui a été créée en vertu de cet accord. Il n’est plus question maintenant de l’accord d’Oslo et ses aspects négatifs et positifs. Nous parlons maintenant d’une nouvelle crise à laquelle le peuple palestinien est confronté, qui est le plan américain et ses répercussions. Il s’agit de faire face à ce plan de manière rationnelle et de persuader le monde de nous soutenir pour que le peuple palestinien obtienne ses droits historiques .

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