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Retour sur les dates-clés du régime de Omar Al-Béchir

Amira Samir, Mardi, 16 avril 2019

1944 : Origine paysanne modeste

Né le 1er janvier 1944 à Hoch Banaga, dans une famille paysanne modeste, Omar Al-Béchir a été formé à l’Académie militaire égyptienne du Caire. Il rejoint l’armée sou­danaise et gravit rapidement les échelons et devient parachutiste. Il servira aussi dans les forces armées égyptiennes durant la guerre de 1973.

1989 : Un islamiste au pouvoir

Devenu au grade de général militaire, Al-Béchir prend le pouvoir du Soudan le 30 juin 1989, grâce à un coup d’Etat soutenu par le Front islamique national, parti de son men­tor le dirigeant islamiste Hassan Al-Tourabi. Al-Béchir a renversé, avec l’aide d’un groupe d’officiers, la coalition gouvernementale du premier ministre Sadeq Al-Mahdi, démocrati­quement élu.

1993 : Elu président du Soudan

Un Conseil du commandement révolution­naire pour le salut national a été établi et présidé par Al-Béchir qui prit aussi les fonc­tions du chef de l’Etat, du premier ministre, du chef des forces armées et du ministre de la Défense. Il n’est devenu officiellement président de la République que le 16 octobre 1993. Son gouvernement suspend tous les partis politiques, dissout le parlement, ins­taure la charia et introduit au niveau national un code légal islamique.

1996 : Sanctions américaines

Khartoum a donné asile à de grands noms islamistes, citons notamment le chef du groupe d’Al-Qaëda, Ossama bin Laden. Ainsi, en août 1993, le département d’Etat américain inscrit le Soudan sur la liste noire des Etats soutenant le terrorisme. Quatre ans plus tard, le pays est soumis à des sanctions économiques et commerciales. Al-Béchir se fait élire en 1996, puis réélire en 2010.

1999 : Dissolution du parlement

Béchir dissout le parlement, écarte et met en résidence surveillée son allié l’islamiste Hassan Al-Tourabi, qui est devenu l’un de ses adversaires les plus virulents lorsqu’il propose un projet de loi visant à limiter les pouvoirs du président soudanais.

2003 : Crimes de guerre

Une rébellion éclate au Darfour, en 2003, reprochant au pouvoir de Khartoum de main­tenir à l’écart leur région de tout développe­ment. Omar Al-Béchir lance ses milices jan­jawid et son armée sur des centaines de vil­lages du Darfour pour mater la contestation. Depuis l’éclatement des violences, cette région de l’ouest du Soudan est devenue le théâtre d’un conflit armé entre rebelles et forces gouvernementales. Selon l’Onu, ces conflits ont fait plus de 300 000 morts et 2,5 millions de déplacés. Al-Béchir a fait l’objet de 2 mandats d’arrêt internationaux émis en 2009 et 2010 par la Cour Pénale Internationale (CPI) pour crimes de guerre civile au Darfour.

2005 : Autonomie du Soudan du Sud

Le gouvernement soudanais et la rébellion sudiste signent un accord de paix, à Nairobi, le 9 janvier 2005, prévoyant une autonomie du Soudan du Sud, après plus de 21 ans de guerre civile, considérée comme l’un des plus longs conflits et des plus meurtriers du XXe siècle, avec plus de 2 millions de victimes et 4 mil­lions de déplacés. L’accord de paix prévoit également un référendum sur l’indépendance.

2011 : Le Soudan du Sud proclame son indépendance

Le référendum d’autodétermination a été tenu en janvier 2011 et en 9 juillet 2011, le Sud proclame son indépendance. Le Soudan s’est divisé en deux. En 2013, une nouvelle guerre civile particulièrement meurtrière est due aux rivalités politiques et ethniques, ainsi qu’à la lutte pour le contrôle des puits de pétrole, au partage des revenus pétroliers, la frontière et le statut de zones contestées. Les relations entre Khartoum et Juba sont toujours tendues.

2013 : Répression policière

Des protestations antigouvernementales, les plus importantes depuis l’arrivée au pou­voir de Omar Al-Béchir, éclatent en sep­tembre 2013, provoquées surtout par la déci­sion de lever les subventions sur les prix des carburants. La grogne populaire monte et la répression policière fait 200 morts et plus d’un millier de blessés.

2017 : Fin de l’embargo

L’embargo commercial imposé en 1997 ne sera levé qu’en octobre 2017, par l’Adminis­tration du président américain Donald Trump. Toutefois, le Soudan reste sur la liste noire américaine des « Etats soutenant le terrorisme ».

2018 : Début des contestations

Au début de l’année, des manifestations contre l’inflation des denrées alimentaires sont rapidement réprimées avec l’arrestation d’op­posants. En août 2018, le conseil du Parti du congrès national (parti au pouvoir) annonce avoir choisi Omar Al-Béchir comme candidat à la présidentielle de 2020 pour un troisième mandat, alors que la Constitution en vigueur depuis 2005 limite en principe à deux le nombre de mandats présidentiels. Le 19 décembre 2018, le Soudan est confronté à une vague de contestations contre le triplement du prix du pain. Les manifestations se sont trans­formées en contestation pour faire tomber le régime. Le 11 avril 2019, Omar Al-Béchir est destitué par l’armée soudanaise.

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