Lundi, 04 mars 2024
Dossier > Dossier >

Ahmed El-Safty :La hausse des salaires sera réelle

Marwa Hussein, Mardi, 09 avril 2019

3 questions à Ahmed El-Safty, professeur associé au département d’économie de l’Université américaine du Caire et directeur général du centre de recherche Delta.

Ahmed El-Safty

Al-Ahram Hebdo : Que signifie, pour l’économie, la baisse du pourcentage des dépenses liées aux salaires par rapport au PIB et aux dépenses en général, dans le budget étatique?

Ahmed El-Safty : C’est un point crucial du programme de réforme économique du gouvernement convenu avec le Fonds Monétaire International (FMI) : il faut que les dépenses baissent en tant que pourcentage du PIB. Il faut aussi réduire le pourcentage des dépenses liées aux salaires par rapport aux dépenses en général en vue d’augmenter d’autres dépenses, notamment celles relatives à la santé et à l’éducation. Cela n’est pas possible tant que les salaires, les subventions et le service de la dette sont aussi élevés. Il était donc important que les dépenses n’augmentent pas par rapport au PIB. La hausse des salaires a été calculée en fonction de ce facteur. Elle sera compensée par d’autres mesures, notamment la hausse prévue des prix de l’essence et de l’électricité. Le nouveau mécanisme d’indexation du prix de l’essence octane 95 vient de voir le jour ; les autres types d’essence suivront en juin.

— Quel effet la hausse des salaires peut-elle avoir sur l’inflation ?

— La hausse des salaires n’est pas trop grande. Si les salaires augmentaient par rapport au PIB, cela aurait un effet inflationniste considérable et affecterait le déficit budgétaire. L’inflation anéantirait donc la hausse des salaires. La hausse des salaires dans le budget est d’environ 11,5 %, alors que le taux d’inflation prévu par le FMI est de 10,7 %. La hausse des salaires sera donc réelle. En outre, il est prévu que la Banque Centrale maintiendra les taux d’intérêt élevés pour contrer l’inflation qui pourrait résulter de la hausse des prix de l’essence.

— Qu’en est-il de l’effet sur la consommation locale, qui est l’un des piliers principaux de la croissance en Egypte et qui a considérablement baissé l’année dernière ?

— C’est un objectif du gouvernement de contrôler la consommation locale, qui se reflète sur le déficit du compte courant. Il vise à ce que la croissance soit plutôt basée sur l’investissement. Bien sûr, il s’agit d’un budget d’austérité, puisque l’objectif est de réduire le déficit.

Lien court:

 

En Kiosque
Abonnez-vous
Journal papier / édition numérique