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Le changement climatique, un obstacle supplémentaire

Ola Hamdi, Mardi, 23 octobre 2018

La lutte contre le réchauffement climatique a été l’un des principaux thèmes abordés lors de cette conférence. Les experts ont fait le point sur les enjeux et les perspectives des politiques climatiques aux niveaux local et international.

Le changement climatique, un obstacle supplémentaire
La ville d’Alexandrie fait partie des 5 villes côtières menacées dans le monde d’engloutissement en raison du changement climatique.

« Le changement climatique n’est pas seule­ment un défi environnemental, mais aussi un défi du développement, puisqu’il frappe tous les pays sans exception », a indiqué Dr Yasmine Fouad, ministre de l’Environnement, dans une séance traitant les défis et les effets du « changement climatique et environnemental ». Animée par des experts internationaux et égyptiens, cette séance a également abordé les stratégies d’adap­tation de point de vue social et économique, notamment dans la région arabe, aussi bien que les moyens technologiques pour prévoir les impacts du changement climatique sur les res­sources en eau douce. Selon Claudia Sadoff, directrice générale de l’International Water Management Institute (IWMI) et l’une des inter­locuteurs, le réchauffement climatique figure parmi les facteurs qui exercent une pression supplémentaire sur les ressources déjà limitées, notamment dans la région MENA, qui souffre « d’un stress hydrique très sévère ». Dr Harry Lens, président de l’Organisation météorolo­gique mondiale, a tiré une sonnette d’alarme dans son intervention : « Le changement clima­tique n’affecte pas uniquement les ressources environnementales, mais il contribue aussi à augmenter les déséquilibres des infrastructures des eaux et des rivières, et à provoquer une modification radicale des écosystèmes ».

Dr Yasmine Fouad a aussi souligné que « l’ef­fet du changement climatique sur la vie » faisait l’objet de nombreuses conférences tenues depuis les années 1990. La promulgation de la Convention de Rio de Janeiro pour le climat, en 1992, a donné un vrai coup de pouce pour faire face aux défis de ce phénomène aux niveaux local et international. Depuis, plusieurs autres conventions internationales ont vu le jour, comme par exemple celle du climat de Paris en 2015. Pourtant, « l’application effective de ces conventions se heurte toujours à de nombreux défis. Et les objectifs fixés n’ont pas encore été atteints », a indiqué la ministre de l’Environne­ment, avant d’ajouter : « On doit s’interroger pourquoi on pose toujours les mêmes questions depuis une dizaine d’années, et ce, malgré la promulgation d’un grand nombre d’accords en matière de la lutte contre le réchauffement cli­matique. La réponse est simple. C’est parce que nous traitons le changement climatique d’un point de vue environnemental, et non d’un point de vue développement ». On doit penser « out of box », trouver des solutions inédites pour faire face à ce défi, poursuit-elle.

Concilier développement et environnement

« Concilier les objectifs du développement et la préservation de l’environnement » est l’axe principal des politiques climatiques adoptées par l’Egypte. La ministre de l’Environnement a éga­lement évoqué que « la lutte contre le change­ment climatique est l’une des priorités de la stratégie nationale de l’Egypte pour la gestion des ressources hydriques » et ce, dans le cadre de la Vision Egypte 2030. « La gestion du chan­gement climatique est faite conformément à des plans bien étudiés, et d’outils de recherche scientifique très développés », assure-t-elle.

Les experts, au cours de la séance, ont aussi mis en garde contre les conséquences du chan­gement climatique sur le delta du Nil. Hicham Al-Askari, expert égyptien et professeur en télédétection et des sciences du système ter­restre à l’Université américaine de Schmidt, a dévoilé que le climat mondial s’était déjà réchauffé de 1,5° C environ en moyenne par rapport à l’ère préindustrielle. Selon lui, la ville d’Alexandrie fait partie des 5 villes côtières menacées dans le monde d’engloutis­sement en raison du changement climatique. Al-Askari a insisté dans son intervention sur la nécessité de la mise en place d’une base de données des zones les plus touchées par ce phénomène, afin de limiter l’impact du chan­gement climatique sur les divers projets d’in­vestissement.

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