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Des investissements français dans des domaines variés

Mercredi, 11 juillet 2018

Le flux d’investissements directs étrangers français a augmenté en Egypte, malgré la baisse du stock des investissements français.

Des investissements français dans des domaines variés

Le flux des Investissements Directs Etrangers (IDE) français en Egypte a enregistré 536 millions de dollars en 2016-2017, représentant 4 % des flux d’IDE pour l’année, selon les données de la Banque Centrale d’Egypte (BCE), contre 2 % l’année précédente où il était de 251 millions d’euros. Il s’agit des flux d’IDE français les plus importants en un an depuis 2007-2008, époque phare pour les IDE entrant en Egypte en général. Cette année-là, les IDE français représentaient 7,3 % de la totalité du flux des investissements directs étrangers dans le pays. Par contre, le stock d’IDE français a drastiquement baissé en 2016 enregistrant environ 1,6 milliard d’euros contre 3,3 milliards d’euros en 2015. En 2012, il était de presque 4,7 milliards d’euros, mais il a dû baisser après la vente de deux filiales de banques françaises opérant à l’époque en Egypte. En 2012-2013, la banque Société Générale a cédé sa filiale à la Qatar National Bank pour 1,97 milliard de dollars et la banque BNP Paribas à Emirates NBD pour 500 millions de dollars, « profitant d’offres de reprise intéressantes dans une période de tensions en Egypte et de restructuration de ces groupes au niveau mondial », selon les termes du conseiller économique de l’ambassade de France en Egypte.

La France compte 160 filiales qui emploient plus de 30 000 personnes et réalisent plus de 4 milliards d’euros de chiffres d’affaires. « En sus des facilités offertes par les réformes des années 2000, les entreprises françaises ont su tirer profit des avantages comparatifs reconnus de l’Egypte, à savoir une main-d’oeuvre abondante et bon marché ainsi qu’une énergie largement subventionnée », souligne un document du conseiller économique. Le stock d’IDE français en Egypte a été multiplié par 6 entre 2005 et 2010, renforcé par le rachat d’Orascom Cement par Lafarge en 2008 et celui de Mobinil par Orange en 2012. Les entreprises françaises en Egypte opèrent dans des domaines très variés. Dans le secteur de l’industrie, nous trouvons Air Liquide, Saint-Gobain (plâtre et inauguration d’une usine de verre plat en 2010), Total (lubrifiants), Arkema (qui a racheté l’usine de colle industrielle de Total-Bostik), les cimentiers Vicat (Sinaï Cement), Lafarge-Holcim et le fabricant de béton spécialisé Consolis. De même, dans la production manufacturière d’équipements électriques, on retrouve une forte présence de Schneider Electric (inauguration d’une 3e usine en 2010), Legrand et Nexans. SEB (en JV avec l’équipementier égyptien Zahran depuis 2013 et qui a inauguré sa première usine africaine en 2016) et Atlantic produisent du petit électroménager. Valéo a misé sur l’abondance d’ingénieurs égyptiens qualifiés et compétitifs pour implanter son 3e centre de R&D mondial destiné à la conception d’équipements automobiles.

« Les entreprises françaises ont également su répondre à la demande d’un important marché domestique en croissance, en hausse de 2 millions d’habitants par an, notamment dans le domaine agro-industriel où opèrent de grandes entreprises françaises du secteur comme Danone, Lactalis (qui a inauguré sa 5e usine en mars 2015), Bel, Bongrain et Lesaffre », fait remarquer le conseiller économique. Cela s’applique également au secteur des services, où se trouvent Ipsos, Teleperformance, Digital Virgo et dans la téléphonie mobile avec le rachat de Mobinil par Orange en 2012 et la banque de détail avec Crédit Agricole.

Dans l’industrie pharmaceutique et cosmétique, L’Oréal a construit en 2013 une usine destinée à l’export vers le marché régional, rejoint par Sanofi qui a inauguré une nouvelle ligne de production en 2016, en plus de Ceva et Servier qui opéraient déjà en Egypte. « Pour la plupart des entreprises industrielles, le positionnement stratégique de l’Egypte sur le Canal de Suez constitue une base de production destinée à l’export vers les marchés régionaux (UE, Golfe, Afrique). Elle justifie également l’implantation de nos transporteurs maritimes (CMA-CGM, Bolloré) », note le document du conseiller économique.

Des investissements français dans des domaines variés
Des IED français en courbe ascendante

Dans la distribution, Carrefour (franchise Majid Al Futtaim) est premier de son secteur avec 26 enseignes, Total a passé de 4 % à 14 % de parts de marché avec le rachat en 2013 des réseaux de stations de Chevron et Shell, et Décathlon s’est implanté en 2017. Dans l’amont pétrolier, Total s’intéresse aux opportunités d’exploration, et Edison, filiale d’EDF, affiche des perspectives intéressantes suite à la découverte du champ gazier de Zohr. Technip et Vallourec sont positionnés sur le marché des services pétroliers. Engie est actionnaire du terminal de liquéfaction GNL d’Idku, dont le fonctionnement est actuellement ralenti faute d’approvisionnement. « Enfin, la croissance de la population égyptienne (passée de 63 à 96 millions entre 2000 et 2017) et les mutations sociales qui l’ont accompagnée appellent d’importants travaux d’infrastructures dans les domaines des transports (Vinci, Bouygues, Systra, Alstom, Thales, Colas Rail, ETF, Poma), de la génération (notamment renouvelable — EDF EN, Engie, Eren, Voltalia) et du transport et de la distribution d’électricité (GE Grid France, Schneider Electric, EDF, Enedis, Sagemcom, Engie) et de l’assainissement (Suez, Veolia) ».

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