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Le pétrole, d’une crise à l’autre

Ghada Ismaïl, Mardi, 26 juin 2018

Plusieurs événements politico-économiques ont affecté les prix du pétrole au cours des dernières décennies. En voici les principaux.

Le choc pétrolier de 1973

Avant 1973, le prix du pétrole était d’environ 3,6 dollars le baril. Mais au lendemain de la guerre du 6 Octobre, les choses ont changé quand les Arabes ont décidé d’utiliser l’arme du pétrole dans leur guerre contre Israël. C’est le 1er choc pétrolier. Les pays arabes ont adopté plusieurs mesures comme la réduction du volume des exportations et le boycott des exportations vers les Etats-Unis et les Pays-Bas, en protestation contre le soutien inconditionnel apporté à Israël. Les prix du pétrole ont alors plus que triplé, pour atteindre 12 dollars le baril en 1974. De 1974 à 1978, le prix du baril a fluctué entre 12,5 et 14 dollars avec une production de l’Opep d’environ 30 millions de barils par jour.

La guerre Iran-Iraq

Avec la chute du Shah en 1979, la production de l’Iran baisse de 6 à 4 millions de barils/jour, entraînant une hausse des prix du baril à 25 dollar, le prix le plus élevé depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Le déclenchement de la guerre entre l’Iraq et l’Iran en 1980 qui a duré plus de 8 ans a causé de nombreux dégâts matériels aux installations pétrolières des deux pays en guerre. En conséquence, le marché a été privé de près d’un million de barils/jour causant une nouvelle hausse des prix pour atteindre le sommet de 37 dollars le baril à la fin de 1981.

La grande chute de 1986

Les prix du pétrole ont considérablement baissé de 1982 à 1985 à cause de la mauvaise gestion de l’Opep et de l’avidité de ses membres. C’est ainsi que les prix sont passés de 35 dollars le baril en 1981 à 31 dollars en 1982, puis 29 dollars en 1983 pour atteindre enfin leur niveau le plus bas en 1986 avec 14 dollars le baril. Après cette crise, l’Arabie saoudite a commencé à défendre sa part de marché, à offrir d’énormes remises à ses clients, à augmenter sa production pour inonder le marché avec d’énormes approvisionnements au moment où les pays industrialisés membres de l’Organisation de Coopération et de Développement Economiques (l’OCDE) souffraient d’une forte récession. Les prix sont alors tombés à moins de 10 dollars le baril fin 1986. L’Opep a alors décidé de défendre la limite de 18 dollars le baril et a accepté de réduire la production de 17 millions de baril par jour à 15,8 millions. Les prix ont alors fluctué autour de 18 dollars le baril entre 1987 et 1989. Avec l’invasion iraqienne du Koweït en 1990 et l’arrêt de la production des deux pays estimée à 5 millions de barils/jour, les prix ont augmenté pour atteindre 23 dollars.

Crise financière asiatique de 1997

Pendant la première moitié des années 1990, les prix du baril tournent autour de 20 dollars. Cependant, l’Opep se réunit à Djakarta en 1997 et augmente sa production de 10%, sans prendre compte de la récession économique des dragons asiatiques. Une décision qui a également coïncidé avec le retour des exportations pétrolières iraqiennes. L’augmentation de l’offre et la diminution de la demande conduisent à une chute spectaculaire du prix du pétrole à moins de 10 dollars le baril. Cette chute a poussé les pays membres de l’Opep à respecter les quotas et les pays non membres à coordonner leurs politiques. C’est ainsi que le prix est monté à 16 dollars en 1999 pour se fixer autour de 27 dollars au début des années 2000.

La crise économique mondiale 2008

Entre 2000 et 2008, le monde connaît une augmentation sans précédent de la demande sur les produits pétroliers, accompagnée d’un manque des approvisionnements de l’Opep. Résultat, une hausse des prix qui a atteint un niveau historique de 147 dollars à l’été 2008. Mais avec le début de la crise financière aux Etats-Unis et dans la région de l’euro en 2008, les prix ont chuté à moins de 40 dollars à la fin de l’année. L’Opep a alors adopté une décision historique de réduire la production de 4,2 millions de barils/jour entraînant une escalade immédiate des cours du brut au seuil de 100 dollars le baril.

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