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Hossam Al-Emam : Le ministère a élaboré un projet de loi qui vise à durcir les pénalités contre toute forme d’agression du Nil

Nada Al-Hagrassy, Mercredi, 28 mars 2018

Hossam Al-Emam, porte-parole du ministère de l’Irrigation et des Ressources hydriques et chef du département d’éthique de l’eau, fait le point sur la stratégie du ministère pour faire face au déficit d’eau en Egypte.

Hossam Al-Emam

Al-Ahram Hebdo : Quels sont les défis auxquels l’Egypte fait face en matière de pénurie hydrique?

Hossam Al-Emam : Les défis sont nombreux, avec, en tête, l’explosion démographique et la croissance de la demande en eau pour assurer les besoins humains. D’autres défis sont d’ordre naturel, comme le réchauffement climatique. Sans oublier le défi politique majeur qu’est la construction du barrage éthiopien de la Renaissance. Tous ces facteurs placent l’Egypte dans un état critique en matière de pénurie hydrique.

— Comment calculer l’ampleur de la pénurie hydrique ?

— L’Egypte aurait besoin de presque deux fois plus d’eau que la quantité à sa disposition. En effet, le quota de l’Egypte pour ce qui est de l’eau du Nil est fixé à 55,5 milliards de m3 par an depuis 1959, alors que le besoin réel de l’Egypte est de 114 milliards de m3. Ce déficit de 59 milliards de m3 est comblé par l’usage des eaux de pluie et par le stockage de l’eau du lac Nasser. Or, cette eau est à utiliser avec parcimonie et uniquement en cas de forte crue du Nil. Le secteur agricole consomme à lui seul 81,5 % de la totalité des ressources hydriques renouvelables de l’Egypte. Le recyclage de l’eau de drainage agricole ne suffit pas à combler cette demande, puisqu’il représente 20 % de l’eau réutilisée dans ce secteur. Quant à la consommation humaine, les critères internationaux stipulent que le niveau adéquat de consommation est de 1 000 m3 par habitant et par an. Elle varie entre 500 et 600 m3 par habitant et par an en Egypte.

— Est-ce que les projets de dessalement de l’eau de mer ne suffisent pas à combler cette pénurie ?

— Pas tout à fait. Parce que le système de dessalement de l’eau de mer ne représente pas une source importante. Il est utilisé uniquement dans les villes côtières de la mer Rouge. Seuls les villages touristiques peuvent assumer le coût élevé de ce système.

— Quelle est la stratégie du ministère de l’Irrigation et des Ressources hydriques pour faire face à ces défis ?

— Le ministère de l’Irrigation a élaboré une stratégie nommée stratégie 2017-2037. Celle-ci est basée sur quatre axes principaux : la rationalisation, le dessalement, le développement et la sensibilisation. En ce qui concerne le premier axe, le ministère a élaboré un projet de loi qui vise à durcir les pénalités contre les cultures avides d’eau, ainsi que contre toute forme d’agression du Nil. Le deuxième axe consiste à construire des unités de dessalement d’eau de mer. Cette procédure est limitée aux villes côtières de la mer Rouge. Le troisième axe concerne la recherche de nouvelles sources d’eau. Enfin, il s’agit de créer un climat propice pour encourager la population à économiser l’eau, et ce, à travers une campagne de sensibilisation pour éveiller les esprits et les mobiliser à utiliser moins d’eau.

— Quel est le rôle du département d’éthique de l’eau, qui dépend du ministère de l’Irrigation ?

— Son rôle initial est de mobiliser l’opinion publique sur l’importance de rationaliser l’usage de l’eau. En tant que son chef, j’ai pris l’initiative de chercher dans les trois Livres saints les versets incitant à préserver l’eau. Nous avons lancé, dès 2015, une intense campagne de sensibilisation dans les mosquées et les églises, et même au sein du siège du ministère de l’Irrigation. Nous avons aussi signé des protocoles de coopération avec le ministère de l’Education pour inclure la rationalisation de l’usage de l’eau dans les manuels scolaires des différents cycles.

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