Mercredi, 29 mai 2024
Dossier > Dossier >

Hicham Fahmi : Le flottement de la livre égyptienne a relancé l’intérêt des investisseurs américains

Névine Kamel, Mardi, 26 septembre 2017

Hicham Fahmi, PDG de la Chambre de commerce égypto-américaine, AmChamEgypt.INC, basée à Washington, se dit optimiste au sujet des relations égypto-américaines au cours de la prochaine période.

Hicham Fahmi
Hicham Fahmi, PDG de la Chambre de commerce égypto-américaine, AmChamEgypt.INC.

Al-Ahram Hebdo : Le président Abdel-Fattah Al-Sissi s’est rendu aux Etats-Unis la semaine der­nière pour assister à l’Assemblée générale des Nations-Unies. La visite était importante au niveau économique. Pouvez-vous nous en parler ?

Hicham Fahmi : Au cours de sa visite, le président égyptien a eu une réunion avec les représentants des 22 entreprises américaines, oeuvrant en Egypte. Les deux parties ont discuté des opportunités d’investissement en Egypte. Lors de la rencontre, le prési­dent Sissi a passé en revue les efforts du gouvernement pour améliorer le climat d’investissement en Egypte. Pour leur part, les investisseurs améri­cains ont exprimé leur intention d’in­jecter de nouveaux investisseurs en Egypte, surtout après les réformes économiques adoptées par l’Egypte. Les secteurs comme la technologie de l’information, l’industrie automobile et le secteur pharmaceutique viennent en tête de liste. Le côté américain s’est dit intéressé pour tenir une conférence en Egypte, comme la conférence de Charm Al-Cheikh, pour discuter des opportunités offertes aux entreprises américaines dans les projets gouvernementaux. Cette ren­contre a été une réussite.

— Le gouvernement égyptien a engagé l’année dernière une série de réformes économiques. Les relations bilatérales avaient témoi­gné l’année dernière d’un nouveau tournant avec l’élection du prési­dent Trump. Or, l’afflux des inves­tissements est encore limité. Pourquoi ?

— Je ne suis pas d’accord. L’intérêt des entreprises améri­caines pour le marché égyptien a beaucoup augmenté au cours de la dernière période. De nouveaux investissements ont été injectés récemment dans plusieurs secteurs. L’appétit des investisseurs améri­cains pour le marché égyptien a augmenté suite aux réformes enga­gées l’année dernière. Le flottement de la L.E. en novembre dernier a relancé l’intérêt des investisseurs américains. Plusieurs entreprises américaines, entre autres Cargill, Pepsi-co, Mars, P&G et IBM ont injecté de nouveaux investisse­ments en Egypte l’année dernière. Et je crois qu’après la finalisation et la mise en place de la nouvelle loi unifiée sur l’investissement, nous verrons venir beaucoup plus d’in­vestissements américains. Les réformes économiques étaient indispensables non seulement pour les investisseurs américains, mais aussi pour les investisseurs tout court. Nous savons que ces réformes sont difficiles et critiques, mais elles sont importantes. Les Américains sont bien optimistes.

— Les Etats-Unis ont décidé récemment de réduire l’aide mili­taire à l’Egypte. Cette décision aura-t-elle de mauvaises réper­cussions sur l’avenir des relations entre les deux pays ?

— Les relations entre les deux pays comportent plusieurs aspects. Il est vrai que nous avons assisté à une baisse de l’aide, mais le gouverne­ment américain a décidé de reprendre l’exercice militaire Bright Star pour la première fois depuis 2009. En même temps, le président américain a rencontré le président Sissi pour la deuxième fois depuis son élection. Le président Sissi a rencontré les hommes d’affaires américains. Les relations entre les deux pays connais­sent des hauts et des bas. La baisse de l’aide n’est pas signifiante, mais c’est un signe que le gouvernement égyptien doit encore régler certains dossiers.

— Est-ce que les investisseurs américains ont des demandes spé­cifiques pour injecter de nouveaux investissements en Egypte ?

— Non, pas de demandes spéci­fiques, mais des demandes géné­rales. Chaque secteur a ses besoins. La fourniture de l’électricité était l’un des défis les plus importants, mais le gouvernement a déjà par­couru pas mal de chemins au cours de l’année dernière. Le manque de devises étrangères aussi était un pro­blème majeur. Le flottement de la livre a permis de régler quelques problèmes. Le transfert des profits à l’extérieur inquiète encore les inves­tisseurs. La bureaucratie et la routine également.

— Rien n’a été fait au sujet de l’accord de la zone de libre-échange entre les deux pays. Certains disent que le Congrès américain a refusé un tel accord. Est-ce vrai ?

— La nouvelle Administration américaine a exprimé sa position vis-à-vis de ce dossier dès le début. Bien qu’elle soit contre les accords bilatéraux de libre-échange, elle a salué le début des négociations sur l’accord bilatéral de libre-échange avec l’Egypte. Le problème est que le responsable de ce dossier est actuellement occupé par d’autres dossiers importants, comme l’accord du NAFTA et d’autres accords avec l’Europe. Une fois cette tâche ache­vée, je crois que les deux parties débuteront des négociations sérieuses.

— Depuis la nomination du pré­sident Trump, aucune délégation d’affaires américaine ne s’est ren­due en Egypte. Est-ce qu’il y en aura prochainement ?

— Une grande délégation améri­caine regroupant les représentants des plus grandes entreprises se ren­dra en Egypte début 2018, en quête de nouvelles opportunités d’investis­sements. Les entreprises ont besoin de temps pour étudier et commencer un nouvel investissement. Il faut au minimum une année pour finaliser une étude de faisabilité et le plan d’investissement de n’importe quel projet. Les réformes économiques ont seulement commencé en novembre dernier. Nous assisterons à une gamme de nouveaux investis­sements américains au cours de la prochaine période.

Lien court:

 

En Kiosque
Abonnez-vous
Journal papier / édition numérique