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Yasmine Al-Chazli : Nous voulons classer la région de Tell Al-Amarna à Minya comme patrimoine mondial

Nasma Réda, Vendredi, 21 juillet 2017

Yasmine Al-Chazli, directrice générale du département des organisations internationales et de la coopération mondiale, met l’accent sur les principaux dossiers égyptiens discutés au cours de la 41e session du comité du patrimoine mondial.

Yasmine Al-Chazli : Nous voulons classer la région de Tell Al-Amarna à Minya comme patrimoine mondia
Yasmine Al-Chazli

Al-Ahram Hebdo : Quels sont les dossiers égyptiens qui ont été discutés en Pologne ?

Yasmine Al-Chazli : Bien que le ministère des Antiquités ait présenté plusieurs dossiers, le comité chargé n’a examiné que l’état de conservation d’un seul site, celui de la nécropole de Memphis à Saqqarah, d’après une demande de la Tunisie, membre permanent de l’Unesco. C’était une occasion pour la délégation égyptienne pour montrer les efforts déployés par l’Egypte, afin de réhabiliter cette région antique classée sur la liste du patrimoine mondial en 1979. En fait, le 9 mai dernier, l’Egypte avait envoyé des documents supplémentaires demandés par le comité, à savoir un plan de gestion du site, des cartes, des documents concernant le tunnel-projet en cours, une étude sur le trafic et une présentation power point prouvant l’élimination des ordures sur les lieux. Cet actuel comité a félicité l’engagement de l’Egypte avec le Centre du patrimoine mondial et les Organisations consultatives comme le Conseil international des monuments et des sites archéologiques (ICOMOS) dans le but de préserver ce site de grande valeur.

En outre, le ministère égyptien des Antiquités a présenté le rapport concernant la « valeur universelle exceptionnelle » de Memphis, demandé par l’Unesco lors de la session précédente. Ce rapport renferme les critères d’inscription des biens culturels ou naturels sur la liste du patrimoine mondial. Il s’agit de montrer sa valeur historique en tant qu’ancienne capitale d’Egypte, sa nécropole, en plus du seul monument restant des anciennes merveilles du monde, « la Pyramide de Chéops ». Le comité a approuvé ce rapport durant cette dernière session. Ce dossier est le premier en genre en Egypte approuvé par l’organisation mondiale. On a quand même présenté celui du Caire historique. Actuellement, on prépare celui de Thèbes qui avait été classé en 1979.

— En citant Saqqarah, est-ce que l’état « déplorable » de la pyramide à degrés a été discuté ?

— Pas du tout. Il n’y a aucun nouveau commentaire de l’Unesco sur Saqqarah. D’ailleurs, si l’Organisation mondiale sentait « un danger » affrontant le site, elle le mettrait en discussion d’urgence. Ce qui n’est pas vrai.

— Et qu’en est-il du site d’Abou-Mina, classé sur la liste du patrimoine mondial en péril depuis 2001 ?

— Au cours des mois prochains, le ministère va poursuivre les travaux sur ce chantier. On vise à retirer ce site de la liste en péril et à le classer comme site culturel normal. Après avoir participé à cette session, j’ai constaté comment la Côte d’Ivoire a pu retirer de cette liste son site culturel, Parc national de la Comoé.

— Pourquoi le rapport présenté en mars dernier sur l’Ile Pharaon, dans la péninsule du Sinaï, n’a-t-il pas été discuté durant cette session ?

— Depuis 2002, aucun bien culturel égyptien n’a été classé sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco. On a alors présenté un document préliminaire au comité, afin de savoir les recommandations demandées et les points manquants dans le dossier. On doit travailler avec d’autres ministères pour compléter le dossier et régler quelques critères que le comité du patrimoine mondial exige de faire le plus tôt possible.

— Y a-t-il d’autres documents d’inscription des biens égyptiens à présenter à l’Unesco ?

— Le ministère a créé une « unité » spéciale chargée de préparer les documents, les cartes et photos des sites proposés. Celle-ci prépare actuellement un rapport détaillé sur les sites archéologiques d’Alexandrie. Le ministre Khaled Al-Anani s’intéresse à classer la région de Tell Al-Amarna, au gouvernorat de Minya en Haute-Egypte, comme patrimoine mondial. En fait, l’Egypte avait présenté un dossier pour inscrire le gouvernorat tout entier sur la liste, puisqu’il est riche par ses sites et ses monuments. Il ne reste qu’à modifier ce dossier, afin d’inscrire Tell Al-Amarna comme site à part, mais on doit d’abord retirer notre ancien papier présenté sur le gouvernorat d’Al-Minya pour diviser la région.

— Que signifie le fait d’inscrire un site sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco ?

— L’Unesco est une organisation qui oeuvre pour la protection de sites exceptionnels figurant sur la liste du patrimoine mondial. L’inscription d’un site comme patrimoine mondial exige une initiative du pays lui-même, afin de mettre la lumière sur la valeur exceptionnelle mondiale de ces sites. L’inscription d’un bien implique la volonté de faire partager cette valeur avec l’ensemble de l’humanité, et donc d’accepter de l’ouvrir aux visiteurs tout en le protégeant. Cette liste aide à accroître la fréquentation touristique au pays, faciliter les aides financières, aussi protéger les sites antiques. La croissance de nombre de biens inscrits donne plus de valeur culturelle au pays. Quant à la liste du patrimoine en péril, elle est conçue pour informer la communauté internationale des risques menaçant les sites, surtout les caractéristiques du site qui ont permis son inscription sur la liste du patrimoine mondial (conflits armés, catastrophes naturelles …) et pour encourager des mesures correctives.

— Malgré cela, l’Unesco n’a pas pu protéger les biens iraqiens, syriens, yéménites, … Comment évaluez-vous son rôle envers ces destructions ?

— L’Unesco n’a pas de forces armées pour défendre les sites en danger. Cependant, l’organisation examine à chaque fois ces dangers en condamnant les actes offensifs destructifs.

Elle organise des conférences internationales pour sonner la cloche aux dangers menaçants et de les défendre, envoie des experts pour les travaux de restaurations, elle offre des aides financières et techniques. Cette organisation encourage les pays à restaurer et à réaménager les sites endommagés. De même, elle adopte toutes idées de protection des sites.

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