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Hamdi Hassan: « La confrérie a des cadres capables d’occuper des postes importants »

Chaïmaa Abdel-Hamid, Lundi, 25 février 2013

L’ancien parlementaire Hamdi Hassan, membre du Parti Liberté et justice (islamiste), explique que la « frérisation » de l’Etat décriée par l’opposition n’est que la conséquence de l’alternance politique.

 Hamdi Hassan
Hamdi Hassan

Al-Ahram Hebdo : De nombreuses accusations de vouloir « frériser » l’Etat sont lancées contre le régime de Morsi. Qu’en pensez-vous ?

Hassan Hamdi : C’est un simple épouvantail. La « frérisation » est un terme trop vague employé récemment pour soidisant dire qu’une seule faction, à savoir les Frères musulmans, s’empare des postes les plus importants du pays. Il suffit de voir les choses de manière objective pour savoir qu’avant la révolution, toute personne appartenant aux Frères était empêchée d’occuper de tels postes. Aujourd’hui, tous les citoyens sont égaux, et bien sûr la confrérie a des cadres capables d’occuper des postes importants.

Alors, pourquoi ne pas s’en servir pour l’intérêt du pays ? On ne doit pas parler de « frérisation », mais plutôt d’une rectification de la situation. Il y a eu des élections, une majorité a gagné, et il est temps de respecter cette majorité. Et il faut savoir que même si nous remportons les prochaines législatives, nous aurons le droit de former un gouvernement suivant notre idéologie, mais cela ne veut pas dire qu’on « frérise » l’Etat.

— Mais on dit que certains secteurs, comme l’éducation ou les waqfs, sont « frérisés » ...

— Cela me fait rire. Dans tous les secteurs, il s’agit de remettre les choses dans leur cours normal, mais il ne s’agit pas de frérisation. Les juges qui, autrefois, étaient mis de côté, ont bien le droit de présenter leurs services à la société. Quant aux écoles, pourquoi appeler la réforme et la diffusion des bonnes moeurs « frérisation » ? Ce ne sont que des tentatives de saborder le développement du pays. Ceux qui, autrefois, étaient parvenus à leurs postes par piston ne veulent pas que les cadres compétents prennent leur place.

— Qui accusez-vous de vouloir diffuser cet épouvantail de la « frérisation » ?

— Ceux qui dirigent l’opinion publique contre le régime. Nous avons affaire à une guerre non déclarée. Ces personnes ne font rien qu’aller d’un talk-show à l’autre à travers un énorme appareil médiatique qui ne fait que lancer de fausses accusations. Il ne faut pas en vouloir au citoyen qui est assis toute la journée devant des émissions qui disent qu’aucun changement n’est intervenu. L’opposition a échoué, et c’est pourquoi elle tente d’affaiblir l’image du régime et du parti au pouvoir. Elle n’arrive pas à atteindre le niveau de popularité des Frères dans la rue.

— Vous parlez d’une notion inventée alors que l’un des cadres de la confrérie a déclaré que le régime a le droit à la « frérisation » de l’Etat …

— Chacun exprime son opinion de la manière qui lui semble convenable. Il peut avoir raison ou tort. Si la frérisation signifie diffuser les principes de l’islam et insuffler à la société de bonnes moeurs, alors il y a « frérisation ». Il faut savoir que répandre une certaine idéologie est une sorte de réforme et de changement. Il s’agit d’une construction pacifique et progressive. Les Frères doivent, pour leur part, supporter ce genre d’accusations et poursuivre leur mission de construire le pays.

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