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La présence de la Banque mondiale en Egypte

Amira Samir, Mardi, 12 avril 2016

Selon Assaad Alem, directeur régional de la Banque Mondiale (BM) en Egypte, le groupe finance aujourd’hui 26 projets dans le pays, d’une valeur de 7 milliards de dollars. « La Banque mondiale accorde, en général, une grande attention aux projets visant à accélérer l’exploitation par le peuple égyptien des principaux secteurs de services du pays », explique Assaad Alem. Citons notamment les secteurs : de l’énergie, du transport, notamment routier et ferroviaire, de l’éducation, de la santé, de l’eau, de l’agriculture, de l’irrigation, du drainage sanitaire, de l’habitat, de la création d’emplois, de la protection sociale et de la lutte contre la pollution.

La BM finance de petits, de moyens et de très grands projets. Parmi les projets en cours de réalisation, celui de Aïn Al-Sokhna pour l’énergie électrique renouvelable, lancé en 2009. Celui-ci est financé à hauteur de 600 millions de dollars et devrait être achevé en 2017. La Banque finance aussi depuis 2006 un projet colossal de lutte contre la pollution industrielle par un prêt de 20 millions de dollars. L’enveloppe financière totale du projet est de 165 millions de dollars financés par divers autres bailleurs de fonds, dont la Banque européenne d’investissement, la Banque japonaise pour la coopération internationale, le gouvernement finlandais et l’Agence française de développement. « La BM n’est pas, en effet, la seule finançant ces 26 projets. Elle est l’un des chefs de file qui peuvent comprendre divers autres bailleurs de fonds égyptiens et étrangers. Par exemple, la BM finance un projet de raccordement du gaz naturel aux foyers, lancé en octobre 2014, par 4,9 millions de dollars, et l’Egypte se charge du reste », explique Fakhri Al-Fiqi, professeur d’économie à l’Université du Caire et conseiller du FMI.

Or, durant les trois dernières décennies, la BM a investi plus de 3 milliards de dollars (soit environ 80 % de son enveloppe financière consacrée à l’Egypte) dans le secteur de l’urbanisme social, qui comprend les projets de la construction de logements aux pauvres et la fourniture d’électricité et de gaz naturel, le drainage sanitaire, les moyens de transport ... « La BM est l’un des principaux partenaires du gouvernement égyptien dans le domaine de l’infrastructure », estime Fakhri Al-Fiqi. Néanmoins, un rapport du Centre la Terre pour les droits de l’homme, publié en 2008, intitulé Les politiques de la Banque mondiale en Egypte ... Histoire de complot », a mis en valeur le rôle négatif des projets de la Banque mondiale et ses politiques, notamment dans le secteur de l’agriculture, qui aurait provoqué un accroissement du nombre des pauvres.

« Les fruits des projets de la Banque mondiale sont toujours récoltés par la catégorie des hommes d’affaires, surtout ceux proches du pouvoir. A travers plus de 25 ans, les projets de la Banque mondiale ont augmenté le taux de pauvreté, l’écart entre les classes sociales, les dettes publiques locales et étrangères, le taux de l’inflation, le taux de chômage, la chute de la valeur de la livre égyptienne, l’inondation des marchés de produits de luxe, l’incapacité concurrentielle de l’industrie égyptienne, le blocage des projets égyptiens, la fuite de l’investissement. En conclusion, l’Egypte se place aux premiers rangs des pays les plus endettés dans la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord », indique le rapport.

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