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Le bilan mitigé d’Obama

Amira Samir, Mardi, 08 mars 2016

Tandis que le premier mandat du président Obama semblait prometteur, le second s'est avéré être beaucoup plus décevant.

Le bilan mitigé d’Obama
(Photo : AP)

Considéré comme « la personne la plus puissante du monde », selon un classement du magazine Forbes pour les années 2011 et 2012, et figurant parmi les personnes les plus importantes en 2013, Barack Hussein Obama est le premier président américain d’origine africaine. Une grande première dans un pays qui connaissait dans le passé une ségrégation raciale endurcie. Il est aussi le 44e président des Etats-Unis, avec un premier mandat qui a commencé en janvier 2009 — après avoir obtenu 52,9 % des voix électorales — et un deuxième en 2012. « Obama est un homme politique pragmatique, qui a réussi à régler plusieurs grands dossiers américains et internationaux. Il est arrivé au pouvoir dans un contexte de guerre que ce soit en Iraq ou en Afghanistan, et dans un contexte de grandes crises économiques et financières aussi bien au niveau international qu’à l’intérieur de son pays », estime Moustapha Kamel Al-Sayed, professeur de sciences politiques à l’Université du Caire.

Un mois après son accès au pouvoir, il a entamé un plan pour relancer l’économie américaine. Il a promulgué aussi une loi sur l’allégement des impôts et une autre en 2010 qui porte sur l’emploi. La mise en place d’une importante réforme du système de santé, qui permet de garantir une couverture santé à plus de 32 millions d’Américains qui en sont dépourvus, a été l'une des principales mesures prises par le gouvernement d’Obama.

En termes de politique étrangère, la plus importante de ses décisions a été le retrait progressif des troupes américaines d’Iraq ainsi que la signature d’un traité sur le contrôle des armements avec la Russie. En 2014, il a clairement défini les grandes lignes de la politique américaine en décidant de donner une priorité à la diplomatie et ne pas opter pour le choix militaire sauf en cas d’ultime recours.

Un mandat moins réussi

« Le second mandat présidentiel était moins réussi. Il ne semblait plus pouvoir gérer les principaux dossiers que ce soit sur le plan national ou international », estime Kamel Al-Sayed. Un avis partagé par Yousri Al-Azabawi, chercheur au Centre des Etudes Politiques et Stratégiques (CEPS) d’Al-Ahram, qui considère que la politique d’Obama lors de son premier mandat était plus « rationnelle » alors que celle du deuxième mandat était, selon lui, « incompréhensible ». Il considère que les Etats-Unis ont joué un rôle « loin d’être innocent » dans les révolutions du Printemps arabe. Quant à la lutte contre le terrorisme, le bilan d’Obama, selon le chercheur du CEPS, n’était pas non plus glorieux. « Obama a accumulé les échecs. Bref, il a fait tout le contraire de ce qu’il a promis lors de son fameux discours à l’Université du Caire, le 4 juin 2009, considéré à l’époque comme un changement radical de la politique américaine en matière de relations internationales », explique-t-il. Sur le processus de paix entre Israéliens et Palestiniens, Obama n’a pas fait grand-chose, en dépit du fait que les relations entre lui et les dirigeants israéliens paraissent plus froides que celles entretenues par ses prédécesseurs américains. S’il a lâché le dossier palestinien, Al-Sayed estime que « le retrait en 16 mois des troupes américaines d’Iraq ainsi que les pourparlers avec l’Iran entamés sans conditions » sont ses plus importantes mesures. C’est la raison pour laquelle, certains considèrent que la dernière année de la présidence d’Obama a été la plus réussie de ses huit années passées à la Maison Blanche, notamment grâce à l’accord du nucléaire conclu avec l’Iran et ce, en dépit du fait que le second mandat n’était pas très brillant.

Marquer l’histoire

Il semblerait qu’Obama cherchait avant tout à marquer l’histoire et à paraître comme un défenseur des droits de l’homme. « Obama était connu par son opposition à la guerre d’Iraq lancée par son prédécesseur George W. Bush. Contrairement à ce dernier, il a toujours hésité à envoyer des forces militaires américaines dans les différents conflits, car il pense que l’intervention militaire n’est pas toujours la solution », explique Moustapha Al-Sayed. Selon lui, cette politique a laissé un espace libre aux organisations terroristes comme Daech.

L’image d’Obama et son autorité ont été ternies à plusieurs reprises : scandale des écoutes de l’Agence de sécurité nationale (la NSA), échec de la loi sur la réglementation des armes à feu, et polémiques sur la réforme de l’immigration. L’accord russo-américain sur la destruction des armes chimiques du régime de Bachar Al-Assad a été critiqué tant par les Américains que par les observateurs arabes et occidentaux, car il a donné une formidable occasion à la Russie, pour endosser un rôle important sur la scène moyen-orientale.

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