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Piliers et racines du chiisme

Hana Afifi, Mardi, 21 avril 2015

Les sunnites et les chiites, les deux doctrines principales de l’islam, s’accordent sur les piliers de la religion, mais divergent notamment sur le clergé.

Piliers et racines du chiisme
Les chiites fêtent l'Achoura, commémoration du martyr d'Al-Hussein. (Photo : AP)

Le chiisme n'est pas l'Iran

Les chiites ne sont pas originaires d’Iran. Les Perses adoptent la doctrine islamique du chiisme au XVIe siècle seulement, alors que la doctrine date des premiers temps de l’islam, suite à la mort du prophète Mohamad. On compterait entre 160 et 200 millions de chiites de par le monde, le tiers vivant en Iran.

Les chiites perçoivent Ahl Al-Beit (la famille du prophète) comme les leaders de l’islam. Ils comprennent Ali Ibn Abi-Taleb (cousin et gendre du prophète et quatrième calife), Fatima (fille du prophète), Al-Hassan et Al-Hussein (petits-fils du prophète), ainsi que 12 « imams » descendants du prophète.

Pour les sunnites, c’est Abou-Bakr, qui a succédé au prophète, qui reste le plus important des musulmans. Suivent Omar Ibn Al-Khattab, Othman Ben Affan et Ali Ben Abi-Taleb. Les chiites pensent que le prophète avait recommandé que Ali devienne son successeur. Ali est devenu calife en 656 pour 5 ans, avant d’être assassiné.

Un peu d'histoire

Le chiisme est ancré dans l’Histoire du monde islamique avec ses différentes dynasties. Des événements significatifs ont marqué son développement. La bataille de Gamal, première bataille entre musulmans, eut lieu après que Ali eut été choisi comme calife après l’assassinat de Othman Ben Affan. Le conflit opposait Ali et ses partisans aux autres musulmans qui demandaient que l’on venge Othman. C’est le début des « chia » de Ali, qui signifie ses « partisans ». Mais c’est la bataille de Karbala en Iraq qui prit place en 680, qui est considérée comme le début de la formation du chiisme. Les Iraqiens font appel à Al-Hussein, le fils de Ali, à Karbala, pour être calife. Une fois arrivé à Karbala, les soldats de Yazid Ibn Moawéya, le second calife omeyyade, le tue ainsi que sa famille et ses hommes. Cet événement est l’épisode fondateur du chiisme.

Le clergé chiite

Des guides spirituels et religieux existent dans le chiisme. Selon la principale doctrine chiite, Jaafari Esna Achérie (qui reconnaît une dizaine d’imams), il existe douze successeurs légitimes appelés « imams » qui sont tous les descendants du prophète.

Si, pour les sunnites, le terme « imam » veut dire celui qui mène la prière, pour les chiites, il s’agit des descendants du prophète, qui sont les leaders légitimes des musulmans. Le dernier des « imams » est Al-Mehdi Al-Montazar (le Mehdi attendu) qui, pour les chiites, est appelé à revenir. Les chiites considèrent les tombeaux et mausolées des « imams » comme des lieux saints à visiter, alors que beaucoup de sunnites ne croient pas à ces pèlerinages. Le chiisme se distingue également du sunnisme par l’existence d’un clergé très hiérarchisé. Alors que les sunnites acceptent que l’autorité politique et religieuse soit représentée par une même personne (comme au Maroc, où le roi est commandeur des croyants), chez les chiites, le pouvoir politique doit compter avec le pouvoir distinct des autorités religieuses (les ayatollahs en Iran).

Similarités

Même si les chiites et les sunnites ne suivent pas les mêmes guides spirituels, les fondements de l’islam sont communs pour les deux doctrines. Les sunnites et les chiites croient qu’il y a un seul Dieu, que Mohamad est le prophète et font le pèlerinage à La Mecque. Il existe des dissensions quant à plusieurs rites adoptés par les chiites, comme le « mariage temporaire » ou le « mariage de plaisir » ou la visite des mausolées. Les chiites commémorent le martyr d’Al-Hussein pendant la fête de Achoura. Une autre dissension est « al-égtéhad » : les chiites ont toujours eu plus de liberté dans l’interprétation du Coran. Pour les sunnites, l’origine du fiqh est le Coran et Al-Sunna (les hadiths du prophète), interprétés par quatre maîtres constituant quatre doctrines de fiqh : hanbali, chaféi, maliki et hanafi. Pour les chiites, il existe davantage de liberté dans l’interprétation de la religion.

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