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Les combats s'intensifient

Ahmad Eleiba avec Agences , Mercredi, 08 avril 2015

Les opérations se poursuivent au Yémen alors que Riyad invite les Frères musulmans à discuter de l'après-guerre. La situation humanitaire est inquiétante.

Malgré les raids de la coalition menée par l’Arabie saoudite, les miliciens houthis et leurs alliés, des militaires fidèles à l’ex-président yéménite Ali Abdallah Saleh, ont réussi dimanche dernier à progresser à Aden et se sont emparés du siège de l’administration provinciale avant de se rapprocher d’un port. Ils ont bombardé des zones résidentielles, mettant le feu à plusieurs habitations et en endommageant d’autres, ce qui a poussé des dizaines de familles à fuir.

Au 12e jour de l’opération militaire, de violents combats entre Houthis et membres des « comités populaires », fidèles au président Abd-Rabbo Mansour Hadi, se concentraient dans le sud, où au moins 94 personnes ont été tuées, dont 53 à Aden, deuxième ville du pays. En deux semaines, les combats au Yémen ont fait plus de 500 morts et près de 1 700 blessés, selon les Nations-Unies.

Dans la capitale Sanaa, des avions de la coalition ont mené des raids aériens, faisant d’importants dégâts. Onze personnes, dont des enfants, auraient été tuées dans des bombardements aériens qui visaient des faubourgs à l’ouest de Sanaa.

Au même moment, selon une source yéménite du parti Al-Islah (lié aux Frères musulmans), le parti a été invité à une conférence politique à Riyad pour organiser la situation politique au Yémen après l’opération militaire. Chakib Hbaishe, l’un des membres de l’Organisation du dialogue du Yémen, affirme qu’Al-Islah a restauré ses relations avec le côté saoudien après l’arrivée du roi Salman bin Abdel-Aziz et qu’un tel dialogue incluant les Frères est désormais « largement accepté dans les couloirs du pouvoir saoudien, contrairement à ce qui était le cas pendant le règne du roi Abdallah ».

Une délégation du parti est déjà à Riyad pour organiser l’ordre du jour avec Ali Mohsen Al-Ahmar, un autre acteur-clé du conflit. Les Houthis se disent aujourd’hui prêts à négocier un accord de paix au Yémen, si les frappes aériennes de la coalition conduite par l’Arabie saoudite prennent fin. Ils exigent également que d’éventuelles négociations soient supervisées par des parties « non hostiles au peuple yéménite ».

En outre, l’Arabie saoudite a demandé des soldats et des avions de combat au Pakistan pour son opération contre les Houthis, a affirmé lundi dernier le ministre pakistanais de la Défense, affirmant qu’Islamabad cherchait pour l’heure une solution « pacifique » au conflit yéménite.

A la demande du premier ministre Nawaz Sharif, les parlementaires pakistanais tenaient, lundi, une assemblée spéciale afin de débattre de la participation, ou non, du Pakistan à la coalition menée par l’Arabie saoudite contre les rebelles chiites houthis.

« Les Saoudiens nous ont demandé des avions, des navires militaires et des troupes au sol », a déclaré au parlement le ministre de la Défense, Khawaja Asif. Il a affirmé que le Pakistan n’avait pas encore pris sa décision et qu’il privilégiait une solution « politique » et « pacifique » à ce conflit, tout en s’engageant à défendre la souveraineté du territoire saoudien, s’il venait à être menacé.

Situation humanitaire dramatique

La situation humanitaire empire de jour en jour dans le pays où les hôpitaux, faute de médicaments, ne peuvent plus soigner les blessés qui se comptent par centaines. Le Comité international de la Croix-Rouge, qui exige une trêve humanitaire, fait état de « problèmes logistiques » pour acheminer équipements et personnels médicaux au Yémen après avoir obtenu le feu vert de l’Arabie saoudite.

« Nous avons les autorisations pour acheminer un avion-cargo chargé de matériel médical », a déclaré à l’AFP une porte-parole du CICR, Sitara Jabeen. Mais il y a un problème concernant l’atterrissage à l’aéroport de la capitale Sanaa, où « de moins en moins d’appareils peuvent se poser ».

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