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En Europe, Al-Sissi plaide la stabilité

May Al-Maghrabi, Mardi, 25 novembre 2014

Abdel-Fattah Al-Sissi était à Rome, lundi, avant de rencontrer son homologue français à Paris. Sa tournée européenne est centrée autour de la lutte anti-terrorsite et des investissements en Egypte.

En europe
Le pape François recevant le président Al-Sissi au Vatican. (Photo : AP)

Le président Abdel-Fattah Al-Sissi a entamé, ce lundi, sa première tournée dans l’Union européenne. Il a été reçu, lundi, par le pape François au Vatican. Dans un communiqué, Al-Azhar s’est félicité de cette ren­contre qui vient mettre l’accent sur la tolérance religieuse.

Une crise avait éclatée en 2011 entre l’Eglise catholique et Al-Azhar suite à un attentat contre une église copte à Alexandrie, qui avait fait 23 morts. L’appel, lancé par le pape Benoît XVI pour offrir une protection internationale aux coptes, avait été fortement critiqué par Al-Azhar.

Al-Sissi a été reçu par le pape François et le cardinal et secrétaire d’Etat, Pietro Parolin. Un communi­qué du Saint-Siège publié après la rencontre a fait état « d’échanges cor­diaux », sur la situation actuelle en Egypte. La promotion de la paix et de la stabilité au Moyen-Orient et en Afrique du Nord a été l’un des sujets abordés lors de cette rencontre. « A cet égard, il a été rappelé que le dialogue et la négociation sont les seules options pour mettre fin aux conflits et à la violence qui mettent en danger les populations sans défense et causent la perte de vies humaines », a ajouté le communiqué.

Al-Sissi a été ensuite été reçu par le premier ministre italien, Matteo Renzi. Lors d’une conférence de presse conjointe, Al-Sissi a déclaré que le premier ministre italien avait confirmé la participation de son pays à la conférence économique qui se tiendra en Egypte, en mars prochain. Il a aussi indiqué que les négociations ont porté sur la coopération écono­mique bilatérale, la situation en Libye ainsi que les efforts de l’Egypte dans la lutte contre l’immigration.

« Nos relations avec l’Italie sont solides et on souhaite qu’elle (l’Italie) joue le rôle de médiateur entre l’Egypte et les autres pays de l’UE desquels l’Egypte attend à plus du soutien », a dit Al-Sissi lors de la conférence de presse. Pour sa part, le premier ministre italien, a définit l’Egypte comme un « partenaire stra­tégique ».

« L’Italie, en tant que présidente de l’UE, est absolument convaincue que la Méditerranée n’est pas la frontière, mais le coeur de l’Europe et que l’Egypte doit être considérée comme un partenaire stratégique pour faire face aux problèmes de la région », a déclaré M. Renzi lors d’une confé­rence de presse commune.

Toujours en Italie, le dossier écono­mique a été au centre des préoccupa­tions. Selon le porte-parole de la pré­sidence, Alaa Youssef, « l’Italie est le premier partenaire commercial de l’Egypte dans l’Union européenne et le troisième après les Etats-Unis et la Chine. Le taux d’échanges entre les deux pays est d’environ 6 milliards de dollars, selon les statistiques de 2013 », a-t-il précisé.

Après sa visite au Vatican, le prési­dent Al-Sissi a rencontré le premier ministre Matteo Renzi et des hommes d’affaires, selon l’agence italienne ANSA.

France: investissements et armements

Le président était en France mer­credi, où il a été reçu par son homolo­gue français François Hollande. Les négociations ont porté sur le renforce­ment des relations économiques et la coopération militaire entre les deux pays. Des négociations sur les contrats d’armement militaire, ont été évo­qués. « Les nouveaux contrats dépen­dent de ce que la France peut fournir. Si la France comprend la situation actuelle et nous offre des facilités, ce sera un critère important », a précisé le président Al-Sissi lors d’un entre­tien avec France 24, il y a quelques jours. Abdel-Fattah Al-Sissi entend par ailleurs profiter de sa visite pour encourager les investissements fran­çais. D’autres discussions devraient porter sur la modernisation de la flotte aérienne égyptienne, composée notamment de Mirage 5 et 2 000, et le renforcement de la défense aérienne égyptienne. L’achat de 24 avions Rafale a été évoqué comme option. D’autres investissements français seront évoqués, dans le cadre notam­ment des mégaprojets lancés par l’Egypte, lors d’une rencontre prévue entre la délégation égyptienne et une délégation du Medef.

Lutte anti-terroriste

La lutte anti-terroriste, notamment en Libye voisine, est aussi au centre des sujets discutés. Sur France 24, le président Al-Sissi a plaidé pour « un effort commun ». « Nous, en tant que communauté internationale, Européens et Américains, nous devons renforcer l’armée nationale libyenne pour lutter contre les terroristes et renforcer la Libye », a-t-il dit.

Le Caire et Paris ont accru leur coo­pération sécuritaire face à la déstabili­sation de ce pays, en proie aux com­bats entre milices, et à l’émergence de groupes djihadistes proches d’Al-Qaëda et de l’Etat islamique. L’Egypte, qui partage plus de 1000 kilomètres de frontières avec la Libye, craint des flux d’armes et de combat­tants islamistes vers le Sinaï, autre zone d’instabilité.

Adel Amer, président du Centre égyptien pour les études politiques, souligne l’importance de cette tour­née européenne pour l’Egypte sur les volets économique et politique. « Le renforcement des relations avec les pays européens ouvre de nouveaux horizons pour l’investissement en Egypte, surtout que le président envisage la tenue d’une conférence économique internationale en mars destiné à attirer des investisseurs étrangers et à relancer l’économie exsangue. Cette visite consolide la confiance occidentale en l’Egypte », estime Amer.

Le rééquilibre et la diversification des relations de l’Egypte avec les pays du monde est l’autre enjeu de cette visite. « La politique étrangère du nouveau régime est plus ouverte qu’auparavant. Elle est basée sur la création de coalitions internatio­nales renforçant son poids régional et international. Une stratégie déjà dévoilée par le renforcement des relations avec des pays comme Chypre et la Grèce, par l’importance accordée au renforcement avec les pays africains à travers la coopéra­tion renforcée avec la Russie. Dans ce contexte, l’Europe a été toujours un allié et un partenaire important de l’Egypte, même après les mésen­tentes qui sont apparues suite au 3 juillet », analyse Adel Amer.

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