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Le nouveau si vieux monde arabe

Najet Belhatem, Mardi, 23 septembre 2014

La nouvelle nature et les dimensions des conflits qui secouent la région arabe, l’argument sécuritaire pour contrôler l’espace privé des internautes en passant par le jeu du chat et de la souris entre les Frères musulmans et l’Etat égyptien. Voilà le cru de la semaine.

Quelles sont les réelles dimensions des conflits et guerres qui minent la majorité des pays arabes? C’est la question sur laquelle se penche un article paru sur le site du Centre régional des études stratégiques, basé au Caire, (RCSS). « Après la période post-révolutionnaire, la majorité des pays arabes ont connu des conflits d’une très forte intensité. Des conflits aux causes différentes et aux contours spécifiques pour chacun des pays. Durant les deux dernières décades, les conflits n’ont pas cessé, mais ils ont atteint ces dernières années des niveaux de violence pas connus jusque-là, à un point où ils sont devenus une menace pour la stabilité intérieure de quelques pays arabes ». L’article met en relief que ces conflits ont désormais un impact sur les relations arabo-arabes et les relations arabo-régionales et internationales. Selon l’article, après 2011, ces conflits ont pris des dimensions différentes.

« Les conflits armés intérieurs dans les pays arabes ne sont plus une affaire interne, mais ont des dimensions régionales et internationales à un tel point où est relevée la question de la convergence entre les dimensions. Les parties en conflit dans des pays comme l’Iraq, la Syrie, le Yémen ou la Libye, le Soudan ou l’Egypte, ont pris une ampleur nouvelle, surtout en matière d’armement. Ce qui implique des objectifs divergents et des alliances en mouvement, au point d’arriver à des états de guerre, d’où la difficulté d’arriver à des règlements (et non à des solutions) pour mettre fin aux crises ». L’article souligne que les conflits dans les pays arabes ont désormais des interférences très complexes, notamment en Syrie et en Iraq.

« Et en même temps, les phénomènes de conflits pour le pouvoir ont pris de l’ampleur, surtout avec la montée des courants islamistes au pouvoir, ce qui a augmenté la violence religieuse au sein des groupes djihadistes armés ». On peut lire dans l’article que les formes de conflits idéologiques sont en augmentation également et que leur but est de changer les faces politique, économique et judiciaire du pouvoir en place. Sans oublier les conflits intérieurs entre les forces politiques, les groupes armés et les armées autour des ressources, et surtout le pétrole, en mettant la main sur des territoires, d’où la difficulté d’arriver à des règlements pacifiques. « Et là, il n’y a pas d’horizon clair pour la résolution de ces conflits intérieurs après les révolutions arabes, et il se peut qu’ils se poursuivent pour de longues années. Et de grandes pertes humaines et matérielles sont prévisibles. En notant que les éléments moteurs de chaque conflit vont définir son développement et sa dimension. Et de là, la question centrale est de savoir quelles sont les nouvelles dimensions des conflits armés intérieurs dans la région arabe ».

Pour ce qui est de l’Egypte, et en relation avec cette question, un article paru sur le site Al-Modon signé Mohamad Fawzi revient sur la réconciliation entre le pouvoir égyptien et la confrérie des Frères musulmans suite aux déclarations du président Al-Sissi à la presse occidentale, où il a dit que les modérés au sein de la confrérie peuvent revenir sur la scène et participer à la vie politique. « Tous les indices montrent que la réconciliation est inéluctable et que le retard est dû au fait que chaque partie cherche le plus grand espace de garanties. L’Etat et les Frères jouent au chat et à la souris.

Il frappe d’une main de fer les manifestations et en même temps libère 300 étudiants de la confrérie, alors que celle-ci ouvre des canaux de négociations en promettant de stopper la violence. Les Frères sont bénéficiaires de cette situation d’opposants, alors que l’Etat sort plus de griffes au nom de la sauvegarde de la sécurité et de la lutte contre le terrorisme ».

Dans le cadre justement de la main forte de l’Etat, le site d’information Mada Masr publie un article signé Ahmad Ezzat sur le contrôle d’Internet et des réseaux sociaux par l’Etat. « Il semble que le gouvernement égyptien ne se contente désormais plus du contrôle traditionnel sur Internet et les communications.

Ce contrôle qui, des années durant, s’est axé autour de la poursuite des internautes sous différents couverts d’accusations, tend à être développé par l’Etat en contrôle global de l’activité numérique des utilisateurs, pas seulement en ce qui concerne le contenu général, mais également les discussions et les messageries des individus via Viber ou Whatsapp. Dans ce cadre, le gouvernement a annoncé par la voie de son ministère de l’Intérieur l’ouverture d’un appel d’offres pour l’obtention de programmes à cet effet sous l’intitulé : Les dangers sécuritaires des réseaux sociaux», information publiée par le journal Al-Watan le 1er juin 2014.

Des activistes et des organisations de droits de l’homme ont ainsi décidé d’intenter un procès contre le ministère de l’Intérieur devant la cour administrative. Selon la presse, le ministère a signé un contrat avec la société américaine Blue Coat, spécialisée dans les technologies de contrôle et d’espionnage.

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