Mercredi, 24 juillet 2024
Egypte > Politique >

Décryptage- Le terminal de Rafah au coeur de la controverse

Farah Alazzouni , Samedi, 25 mai 2024

Ouvert puis fermé à plusieurs reprises, le terminal de Rafah, principal point d'entrée de l'aide humanitaire à Gaza, est à la une des événements au sein de l’enclave palestinienne. Retour sur quelques dates clés.

Rafah
Un véhicule de la Force multinationale et des observateurs (FMO) traverse du côté palestinien au côté égyptien du terminal de Rafah dans le sud de la bande de Gaza. Photo : AFP

 

13 octobre 2023 : Israël impose un siège total sur Gaza, empêchant l'entrée de la nourriture, de l'eau et du carburant. Les habitants de Gaza sont forcés de s’échapper vers le sud, y compris vers la région de Rafah.

Les forces israéliennes bombardent à deux reprises la route menant au passage. Après le premier bombardement, les équipes de maintenance tentent de réparer la route, mais une nouvelle frappe israélienne force l'évacuation des travailleurs présents sur le site.

21 octobre 2023 : Le terminal de Rafah est temporairement rouvert pour permettre le passage des camions d'aide humanitaire après l'intervention du président américain Joe Biden. C'est la première entrée de l'aide depuis le début de la guerre.

1er novembre 2023 : Au moins 320 détenteurs de passeports étrangers et certains Gazaouis blessés quittent l'enclave palestinienne via le terminal de Rafah en direction de l'Egypte, bénéficiant d'un accord négocié par les médiateurs égyptiens, qataris, et américains.

24 novembre 2023 : Un cessez-le-feu d'une semaine entre en vigueur, facilitant l'entrée de plus grandes quantités d'aides humanitaires via Rafah.

Décembre 2023 : Israël commence une offensive majeure dans le sud de Gaza, y compris à Rafah, provoquant de nouvelles fermetures intermittentes du terminal.

Décembre-mai : L'acheminement de l'aide se déroule normalement via le terminal et ce jusqu'au lancement de l'opération militaire israélienne à Rafah qui conduit au contrôle israélien du côté palestinien du passage. 

6 mai 2024 : L'armée israélienne prend le contrôle de la partie palestinienne du terminal, aggravant la crise humanitaire en empêchant l'entrée de l'aide et la sortie des blessés. Ce qui pousse l’Egypte à fermer le point de passage côté égyptien.

11 mai 2024 : Une source de haut niveau annonce à la chaîne égyptienne Al-Qahera News que l'Egypte refuse de coordonner avec Israël l'entrée de l'aide dans la bande Gaza à partir du point de passage de Rafah.  

15 mai : Le chef de la diplomatie égyptienne affirme que le contrôle israélien du terminal et les opérations militaires israéliennes « mettent en danger la vie des travailleurs humanitaires et des camionneurs ».

17 mai 2024 : L'Egypte exige que la gestion du terminal de Rafah soit assumée par les autorités palestiniennes, rapporte la chaîne égyptienne Al-Qahera news, citant Reuters.

22 mai 2024 : L'Union européenne annonce qu’elle envisage de participer au contrôle de la frontière entre l'Egypte et la bande de Gaza, à Rafah, dans le sud du territoire palestinien, une fois la guerre terminée. L'UE se dit prête à relancer et à élargir la mission EUBAM engagée en 2005 à Rafah, où un personnel européen participe au contrôle des personnes et des marchandises. La mission avait été suspendue en 2007.

24 mai 2024 : La Cour Internationale de Justice ordonne un arrêt immédiat de l'offensive israélienne à Rafah en raison des graves conséquences humanitaires. Malgré cela, les opérations militaires continuent, exacerbant la crise humanitaire dans la région. Face à cette situation, les chefs de diplomatie de l’Egypte, de la Jordanie, de l’Arabie saoudite et du Qatar et le Président français, Emmanuel Macron, évoquent le 24 mai à Paris les leviers pouvant être activés pour obtenir la réouverture des points de passage afin de permettre l’acheminement de l’aide d’urgence, alors que plus d’un million de personnes sont privées des biens essentiels à leur survie à Gaza.

D’autre part, le président égyptien Abdel Fattah Al-Sissi s'engage dans un échange téléphonique avec Joe Biden à « laisser passer l'aide humanitaire » dans Gaza via le point de passage de Karm Abu Salem.

Lien court:

 

En Kiosque
Abonnez-vous
Journal papier / édition numérique