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L’Egypte multiplie les efforts en faveur de la mise en œuvre de l’Agenda « Femmes, Paix et Sécurité »

Allaa Ghanem, Dimanche, 12 mai 2024

Le Centre international du Caire pour la résolution des conflits, le maintien et la consolidation de la paix (CCCPA) a organisé, en coopération avec l’ambassade de Nouvelle-Zélande, du 7 au 12 mai, une session de formation sur le renforcement des capacités des cadres égyptiens de maintien de la paix.

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Panel de discussion réunissant le directeur du CCCPA, la représentante de ONU Femmes, Chritine Arab et deux femmes soldats de la paix.

La session de formation a porté sur la résolution 1 325 du Conseil de sécurité des Nations-Unies et l’agenda « Femmes, Paix, Sécurité » avec la participation de cadres égyptiens des ministères de la Défense, de l’Intérieur et des Affaires étrangères, de hauts représentants, de diplomates accrédités au Caire et de chercheurs.

« L’Egypte a fait beaucoup d’efforts durant les années passées pour mettre en œuvre cet agenda, notamment le volet sur l’augmentation de la participation des femmes parmi le personnel égyptien aux opérations de maintien de la paix », indique Ahmed Abdel-Latif, directeur général du Centre international du Caire pour la résolution des conflits, le maintien et la consolidation de la paix (CCCPA).

La résolution 1 325 du Conseil de Sécurité des Nations-Unies fait partie intégrale de l’agenda « Femme, Paix et Sécurité » onusien. Cette résolution, initiée par une femme africaine, Netumbo Nandi-Ndaitwah, alors cheffe de la diplomatie namibienne, a été adoptée à l’unanimité en octobre 2000. La résolution propose l’implication des femmes à tous les niveaux dans la résolution des conflits, y compris dans les processus de paix et les opérations de maintien de la paix (OMP). Elle comprend également la prise en compte des conditions des femmes et leur rôle non négligeable dans les zones de conflit.

L’Egypte fait partie des Etats ayant pris cette mesure au sérieux, marquant des avancées en matière d’intégration des femmes dans la résolution des conflits. Le centre dispose d’un programme spécialisé sur l’agenda WPS (Women, Peace and Security), chargé de recherche et offrant — en coopération avec les autres départements du centre — des formations pour les cadres et officiers allant être déployés dans le cadre d’OMP.

Cette formation, réunissant des participants de différents horizons, est « l’occasion de mettre en relief les différentes expériences des participants, d’élever le niveau de compréhension du sujet, d’interagir avec la communauté internationale et également de mettre en avant l’expertise des femmes égyptiennes en matière de paix à travers leurs expériences sur le terrain », a indiqué l’ambassadeur Ahmed Abdel-latif.

L’agenda « Femmes, Paix et Sécurité » est une priorité pour l’Egypte selon l’ambassadeur Ahmed Abdel-latif. « L’Egypte, 9e plus important contributeur aux forces de maintien de la paix, a fait beaucoup d’efforts durant les années passées pour appliquer cet agenda, notamment le volet sur l’augmentation de la participation des femmes dans les opérations de maintien de la paix onusiennes. Et il s’étend aux unités techniques opérationnelles parmi les contingents égyptiens déployés sur le terrain ».

Comme preuve de l’importance accordée par le gouvernement égyptien pour les actions de paix, le directeur du centre a évoqué le document intitulé « La feuille de route du Caire sur l’amélioration de la performance des opérations de maintien de la paix » qui a été repris et adopté par l’Union africaine en mars 2019. L’Egypte élabore actuellement son plan d’action national sur la question.

Durant la formation, une session a recueilli le témoignage de deux femmes égyptiennes ayant été déployées dans le cadre d’OMP. Leur expérience a suscité de l’intérêt chez les diplomates et représentants présents à la session qui ont salué leur travail et engagement.

De son côté, Christine Arab, représentante du programme ONU Femmes en Egypte, a mis l’accent sur les avancés en matière d’intégration des femmes. Entre 1957 et 1999, seules 20 femmes en uniforme (police, militaire …) contre 6 800 entre 1999 et 2024. Néanmoins, cela représente 7 à 8 % des cadres de maintien de la paix sous le mandat onusien. Elle a rappelé que l’ONU n’a pas de pouvoir sur les décisions des Etats et que l’intégration de l’agenda de la femme est une chose qui dépend de la volonté des Etats.

« Les missions qui ont connu une augmentation significative du nombre de femmes sur le terrain disposent d'un éventail de compétences beaucoup plus large. Elles sont souvent en mesure d'accéder à des parties de communautés auxquelles les contingents n'avaient pas accès auparavant en raison de l'absence d'une femme sur le terrain », affirme Arab.

Pour la représentante du programme ONU Femmes, l’engagement au niveau régional en faveur de la participation des femmes est une lueur d’espoir. « Depuis l'adoption de la résolution 1 325, les chiffres totalisés par les pays du Sud ont dépassé ceux des pays nordiques en termes de présence des femmes sur le terrain. L'Egypte et un certain nombre de pays ont pris très au sérieux la nécessité d'être plus équitables et d'envoyer des femmes sur le terrain », a martelé Christine Arab. Elle ajoute que « parmi les 13 plans d’actions régionaux et sous-régionaux, 69 % font directement référence au leadership des femmes, ce qui est crucial », a indiqué Arab.

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