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La guerre au Soudan a un coût très élevé pour l'Egypte : experte

Chaïmaa Abdel-Hamid, Jeudi, 29 février 2024

Le peu d'intérêt accordé par les médias arabes et internationaux au conflit au Soudan a donné lieu à de nombreuses violations et à la destruction des infrastructures dans un conflit sans perspective de solution jusqu’à présent.

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L'experte des affaires de l’Afrique au centre des études politiques et stratégiques d’Al-Ahram (CEPS), Amani Al-Tawil. Photo : Al-Ahram

La visite du général Abdel Fattah Al-Burhan, président du Conseil de souveraineté soudanais, au Caire jeudi 29 février, et ses entretiens avec le président Abdel Fattah Al-Sissi et les hauts responsables égyptiens visaient à consulter Le Caire au sujet d’un cessez le feu au Soudan et d’un éventuel règlement, analyse Amany El-Taweel, experte des affaires africaines au Centre des Etudes Politiques et Stratégiques d’Al-Ahram (CEPS).

« L’Egypte accorde un très grand intérêt à la sécurité, à la stabilité et à l'unité du Soudan qu’elle considère comme sa profondeur stratégique », explique El-Taweel. Et d’ajouter : « La guerre au Soudan a un coût très élevé pour l'Egypte en raison de la situation sécuritaire aux frontières égypto-soudanaises et à la présence, sur le territoire égyptien, d'un grand énorme de réfugiés soudanais ».

Selon l'experte, cette visite intervient au moment où la guerre au Soudan approche de sa première année. « Malheureusement, la guerre à Gaza a accaparé l'attention de la communauté internationale et cela s’est répercuté négativement sur le dossier soudanais. Le peu d'intérêt accordé par les médias arabes et internationaux au conflit au Soudan a donné lieu à de nombreuses violations et à la destruction des infrastructures dans un conflit sans perspective de solution jusqu’à présent ».

L’Egypte a contribué à plusieurs reprises aux efforts de règlement de la crise soudanaise. « Certaines des initiatives lancées par Le Caire sont connues tandis que d’autres sont tenues secrètes », explique El-Taweel.

L’Egypte a pris part le 1er février courant à la réunion de Manama sur la crise soudanaise qui a réuni le commandant adjoint de l'armée soudanaise, le lieutenant-général Shams Al-Din al-Kabashi et le chef adjoint des forces de soutien rapide, Abdel-Réhim Daglo. Le Caire a également pris part à l’initiative de Djeddah en mai 2023 visant à rapprocher les points de vue et à mettre fin aux hostilités au Soudan.

L’Egypte a aussi accueilli un sommet des pays voisins du Soudan, le 13 juillet 2023, avec l’objectif de s'attaquer aux causes de la crise, de préserver l'unité et la cohésion de l’Etat soudanais et de mettre un terme aux répercussions négatives de la crise sur les pays voisins.

Amany El-Taweel est cependant sceptique face à l’éventualité d’un règlement prochain de la crise soudanaise. « Le problème au Soudan est que les positions des forces soudanaises changent très rapidement qu’il s’agisse de l’armée ou des forces de soutien rapide », conclut-elle.

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