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Sissi et son homologue turc signent des accords de coopération conjoints en marge de leur rencontre au Caire

Ahraminfo , Mercredi, 14 février 2024

Les présidents égyptien Abdel Fattah al-Sissi et turc Recep Tayyip Erdogan ont annoncé mercredi au Caire ouvrir "une nouvelle page" dans leurs relations après plus d'une décennie de brouille.

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Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi et son homologue turc Recep Tayyip Erdogan signent un accord de coopération conjoints, mercredi 14 février au Caire.

Lors de sa première visite en Egypte, le président turc Recep Tayyip Erdogan et son homologue égyptien Abdel Fattah Al-Sissi, mercredi 14 février, ont signé plusieurs accords, plaidant tous deux pour "une nouvelle étape dans les relations", une augmentation des échanges commerciaux "à 15 milliards de dollars par an sous quelques années" et une coopération diplomatique au Moyen-Orient et en Afrique.

Un des accord prévoit la création d’un Conseil de coopération stratégique de haut niveau.

Le président égyptien Abdel Fattah Al-Sissi a mis en avant la volonté égyptienne de promouvoir la coordination conjointe et a tiré profit du poids régional des deux pays pour parvenir à la stabilité de la région, lors d’une conférence de presse.

Sissi a révélé qu’il visitera officiellement la Turquie en avril prochain afin de promouvoir les relations des deux pays.

Il a aussi souligné que les deux pays sont confrontés aux mêmes défis tels que le terrorisme et les défis économiques, en soulignant la nécessité de renforcer les efforts sur le dossier libyen de manière à favoriser la tenue d'élections.

« Je salue également le calme dans la région de la Méditerranée orientale, et nous sommes impatients d’en profiter pour résoudre les différends entre les pays riverains de la région », a-t-il indiqué « afin de tirer le meilleur profit des ressources naturelles disponibles là-bas ».

D’autre part, Sissi a confirmé qu’ils se sont mis d’accord sur la nécessité d'un cessez-le-feu immédiat dans la bande de Gaza et d’apaiser la situation en Cisjordanie. 

Sissi, lui, a dénoncé "les obstacles d'Israël qui font que l'aide humanitaire entre trop lentement à Gaza".

L'Egypte tient l'unique ouverture de Gaza sur le monde qui ne soit pas contrôlée par Israël: le terminal de Rafah. Tous les autres points de passage sont hermétiquement fermés par Israël.

Si Rafah relie les territoires palestinien et égyptien, les Israéliens exigent de fouiller l'ensemble des camions qui y transitent, ce qui ralentit l'acheminement de l'aide.

« Nous visions à augmenter les échanges commerciaux entre les deux pays à 15 milliards de dollars », a indiqué Sissi, lors de la conférence.

Il est à noter que, selon l'Agence centrale égyptienne pour la mobilisation publique et les statistiques, le volume des échanges commerciaux entre l'Egypte et la Turquie a atteint 6,6 milliards de dollars en 2022.

"L'Egypte est actuellement le premier partenaire commercial de la Turquie en Afrique", s'est félicité M. Sissi mercredi.

Investissements turcs 

De son côté, le président turc a annoncé sa décision d’augmenter le volume des investissements turcs en Egypte, en soulignant son l’intention de développer les relations dans le domaine de la défense.

« Nous apprécions le rôle égyptien dans l’aide à Gaza » a affirmé Erdogan, lors de la conférence en indiquant qu'il est impératif que le gouvernement de Netanyahu mette fin à la guerre et la déportation des palestiniens à Rafah.

Le président a également fait savoir que la Turquie est prête à coopérer avec l’Egypte pour la reconstruction de Gaza.

Erdogan est arrivé au Caire mercredi 14 février dans une visite qui marque une nouvelle phase dans la normalisation entre Le Caire et Ankara et qui a de larges répercussions sur la sécurité de la région, compte tenu de la dimension stratégique et du poids régional des deux pays.

Les relations diplomatiques entre les deux pays se sont tendues après la destitution du défunt président égyptien issue des Frères musulmans, Mohamed Morsi, suite à une révolution populaire en 2013. Ce n'est qu'en 2021 qu’ont été entamés les premiers pas vers la normalisation à travers des négociations exploratoires au niveau ministériel. Plusieurs étapes s’en sont suivies et ont abouti à surmonter les obstacles à restaurer les relations.

Mais ce n’est qu’en juillet 2023 que les deux pays ont annoncé le retour de leurs relations diplomatiques au niveau des ambassadeurs, après près d’une décennie de désaccords et d’escarmouches médiatiques mutuelles.

Les deux présidents ont repris communication au cours des derniers mois, après s’être serré la main en novembre 2022 en marge de la Coupe du monde de football au Qatar, puis se sont rencontrés en marge du sommet du G20 dans la capitale indienne, New Delhi, en septembre 2023.

« Le rapprochement égypto-turc constitue une étape majeure pour assurer la stabilité régionale et tenter de trouver des solutions aux problèmes qui sont devenus presque chroniques dans la région », a indiqué le président du Centre égyptien des affaires étrangères et ancien ministre des Affaires étrangères, Mohamed Al-Orabi.

Il a aussi assuré que ceci aura de nombreuses répercussions stratégiques, étant donné que la région a besoin du plus grand degré de coopération plutôt que de confrontation entre les forces régionales, notamment dans le contexte actuel et la guerre à Gaza.

« Des points de vue égypto-turcs convergents généreront une dynamique susceptible de résoudre les tensions, et ce, en unissant leurs efforts pour mettre un terme à la guerre » a-t-il ajouté.

Selon Al-Orabi, même s’il existe des divergences entre les deux pays sur certaines questions, l'objectif stratégique principal reste la coopération afin de réduire les tensions dans la région. « Et c'est pourquoi l'Égypte et la Turquie sont conscientes qu’il est nécessaire de surmonter les divergences, à condition que cela ne menace pas la sécurité de l'un ou l'autre. C’est l'approche qui sera adoptée par les deux pays dans la période à venir », dit-il.

Relations économiques prometteuses

Sur le volet des relations bilatérales, le rapprochement politique et diplomatique entre l’Egypte et la Turquie contribuera à l'amélioration des relations économiques entre les deux pays. C’est ce qu’affirme le spécialiste de la Turquie au Centre des Etudes Politiques et Stratégiques (CEPS) d’Al-Ahram, Karam Saïd.

L’expert explique que les relations économiques ont toujours constitué la pierre angulaire des relations entre l’Égypte et la Turquie. Il rappelle que « malgré le désaccord politique persistant depuis 2013, les relations économiques et commerciales bilatérales n’ont jamais été interrompues.

Aujourd’hui, ce rapprochement est prometteur. On prévoit une augmentation importante dans le volume des échanges commerciaux entre les deux pays, puisque l’un de leurs principaux objectifs est de coopérer pour affronter les mauvaises conditions économiques mondiales ».

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