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L’Egypte hausse le ton en annonçant que la voie des négociations sur le barrage avec l’Ethiopie est terminée

Maha Salem , Mardi, 19 décembre 2023

L'Egypte affirme qu'elle surveillera de près le processus de remplissage et d'exploitation du barrage de la Renaissance. L'Egypte se réserve le droit de défendre son eau et sa sécurité nationale en cas de dommages.

GEDA
L'Egypte hausse le ton contre l'Ethipie à cause de La Barrage de Rénaissance. Photo: AFP

Les autorités égyptiennes ont haussé le ton, mardi 19 décembre, à l’égard de l’Ethiopie au sujet du barrage de la Renaissance.

« Etant donné les positions éthiopiennes, la voie des négociations est terminée. La République arabe d'Egypte affirme qu’elle surveillera de près les opérations de remplissage et de fonctionnement du barrage de la Renaissance », a affirmé Le Caire. « L’Egypte se réserve le droit, garanti par les conventions internationales, de défendre sa sécurité hydrique et nationale en cas de dommages ».

Selon un communiqué publié par le ministre de l’Irrigation et des Ressources hydrauliques, mardi 19 décembre, le quatrième et dernier round de négociations sur le barrage de la Renaissance entre l'Egypte, le Soudan et l'Ethiopie s'est achevé dans la soirée du mardi 19 décembre 2023.

Ce dernier round avait été lancé dimanche 18 décembre et visait à trouver une entente sur les règles de remplissage et d'exploitation du barrage dans un délai de quatre mois. « La réunion n'a donné aucun résultat en raison de l’insistance éthiopienne à refuser toutes les solutions techniques et juridiques proposées par l’Egypte et garantissant les intérêts des trois pays ainsi que le non respect par Addis Abeba des arrangements convenus afin de réaliser ses propres intérêts. Il est devenu clair que l’Ethiopie a l’intention de continuer à exploiter les négociations comme couvert pour imposer le fait accompli et arracher l’approbation des deux pays en aval quant à son contrôle absolu du Nil bleu et ce en désaccord avec le droit international ».

Les différentes parties avaient convenu, le 13 juillet dernier, d’accélérer les discussions sur le barrage pour parvenir à un accord dans un délai de 4 mois, lors de la rencontre au Caire du président Abdel Fattah Al-Sissi avec premier ministre éthiopien Abiy Ahmed.

Le différend sur le barrage de la Renaissance date de 2011, lorsque l’Ethiopie a entamé la construction de ce grand barrage hydroélectrique sur le Nil bleu sans consulter le Soudan et l’Egypte situés en aval. Malgré des négociations facilitées par l’Union africaine, le différend n’est à ce jour pas résolu et les négociations ont été bloquées depuis avril 2021. Une tentative de médiation par les Etats-Unis en février 2020 a également échoué. 

L’Egypte a toujours abordé les négociations avec un grand sérieux, afin de parvenir à un accord juste et équilibré qui tienne compte de ses intérêts nationaux actuels et futurs, tout en prenant en compte les intérêts communs des trois pays.

Le Caire exige un accord juridiquement contraignant pour Addis-Abeba, alors que ce dernier souhaiterait parvenir à une entente amicale.

Techniquement, les principaux différends portent sur la gestion des périodes de sécheresse prolongée, ainsi que sur le facteur sécurité, car le barrage représente une menace pour le Soudan.

Dans ce contexte, l’Egypte a envoyé à quatre reprises des lettres de plainte au Conseil de sécurité de l’Onu, refusant les actions unilatérales de l’Ethiopie au sujet du barrage de la Renaissance qui représentent une menace existentielle pour l’Egypte.

Envoyée par le ministère des Affaires étrangères, cette plainte faisait suite à l’annonce par l’Ethiopie de l’achèvement du quatrième et dernier remplissage du barrage, toujours sans accords préalable avec l’Egypte et le Soudan.

« Pour la quatrième fois, le Conseil de sécurité des Nations-Unies est informé des violations répétées par l’Ethiopie du droit et des accords internationaux, y compris la Déclaration des principes de 2015 sur le barrage », a souligné ministère des Affaires étrangères dans sa plainte.

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