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Vers un développement majeur du port de Safaga

May Atta , Vendredi, 10 novembre 2023

L’opérateur émirati Abu-Dhabi Ports (AD Ports) va entamer un projet de développement du port de Safaga, suite à l’approbation du parlement. Objectif : renforcer la compétitivité de ce port situé sur la mer Rouge. Selon le texte, le groupe d’Abu-Dhabi Ports devra financer et développer tous les travaux d’infrastructure, y compris l’extension des quais

Vers un développement majeur du port de Safaga
Le terminal de Safaga, qui s’étend sur une superficie de 810 000 m2, devrait être opérationnel au deuxième trimestre de 2025.

Le parlement a voté une loi permettant à l’opérateur portuaire émirati Abu-Dhabi Ports (AD Ports) de développer et d’exploiter un terminal au port de Safaga (mer Rouge) pendant 30 ans. Le terminal, situé sur la côte occidentale de la mer Rouge, s’étendra sur une superficie d’environ 810 000 m2 et comporte un mur de quai de près de 1 000 mètres.

Selon le texte, le groupe d’Abu-Dhabi Ports devra financer et développer tous les travaux d’infrastructure, y compris l’extension des quais. Le projet de loi a été présenté par le gouvernement lorsque le ministère du Transport a signé un accord avec ce groupe en mars 2023 pour développer le port de Safaga. Selon un communiqué publié par AD Ports, le 18 mars dernier, l’accord de concession est d’une valeur de 200 millions de dollars. « AD Ports investira cette somme dans les superstructures, les équipements, les bâtiments, les autres installations immobilières et le réseau de services publics à l’intérieur de la zone de concession », a précisé le groupe dans son communiqué. Il ajoute également que les nouvelles infrastructures, qui devraient entrer en service au deuxième trimestre 2025, permettront au port de traiter 5 millions de tonnes de marchandises générales et sèches, un million de tonnes de cargaison liquide et 50 000 véhicules.

Cet accord n’est pas le premier, d’autres ont été conclus pour élargir l’accès du groupe AD Ports aux terminaux polyvalents, aux routes de croisière et aux infrastructures logistiques dans les ports égyptiens de Safaga, Aïn-Sokhna, Port-Saïd, Hurghada, Charm Al-Cheikh et Al-Arich. « La coopération dans le domaine de la logistique et de la gestion portuaire entre l’Egypte et les Emirats arabes unis s’inscrit dans l’objectif du gouvernement égyptien de moderniser ses installations portuaires et d’améliorer la compétitivité de ses ports afin de jouer un rôle majeur dans les chaînes d’approvisionnement mondiales pour transformer l’Egypte en un centre logistique mondial, ce qui contribuera à l’essor de l’économie du pays », explique Mohamed Shadi, macro-économiste au Centre égyptien de la pensée et des études stratégiques (ECSS). Il s’agit d’un accord très important pour l’Egypte, explique Shadi, qui assure que « l’Egypte a réussi, durant ces dernières années, à développer les ports secs, les autoroutes et les ponts qui aident à créer une liaison commerciale et logistique directe avec les ports maritimes ». Et d’ajouter : « Mais en ce qui concerne les ports maritimes, l’Egypte a recours à des compagnies étrangères qui ont la capacité fiscale et administrative de les développer et les gérer et qui s’intéressent à ce genre d’investissements. Notamment vu leur grande expérience en termes de logistique et la gestion portuaire de ses ports maritimes commerciaux. L’intérêt que gagne l’Egypte n’est pas modeste, puisque ce genre d’investissement lui permettra de devenir un port de transit majeur et une porte d’entrée pour le commerce international ».

D’importants bénéfices

L’importance de ces ports provient notamment du fait qu’ils comprennent des entrepôts pour conteneurs, ce qui permet aux grands bateaux d’y laisser leurs chargements pour que d’autres bateaux, plus petits, les transportent plus facilement à l’autre bout du monde, faisant ainsi de l’Egypte un port de transit majeur. Ainsi, explique l’expert, les bénéfices de l’Egypte sont importants. « Les compagnies privées doivent payer le loyer des ports et elles donnent un pourcentage de leurs bénéfices à l’Egypte, et participent aussi à la formation des employés égyptiens pour avoir une expérience dans le domaine de la gestion des ports maritimes », dit-il. L’économiste explique également que le port de Safaga a deux rôles : « Le premier est de transporter les marchandises importées vers le sud de l’Egypte, car le port de Safaga est plus proche que celui de Port-Saïd et du Canal de Suez. Le deuxième est que les grands navires qui ne peuvent pas traverser le Canal de Suez à cause de leurs poids peuvent laisser une partie de leurs charges à Safaga afin que celles-ci soient transportées par des camions à travers l’autoroute Safaga-Alamein, permettant ainsi aux navires de traverser plus facilement le Canal de Suez et de recevoir le reste de leur charge au port de la nouvelle ville d’Al-Alamein ».

L’importance des ports augmente avec la croissance du transport maritime et du commerce mondial. Le transport maritime est considéré comme étant le moyen de transport le moins cher et c’est pourquoi plus de 80 % du commerce mondial sont transportés par voie maritime. Les ports maritimes égyptiens représentent la porte d’entrée de l’Afrique sur la Méditerranée orientale et une issue sur les marchés européens. Des opportunités multiples qui contribuent à y promouvoir les investissements.

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