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Population, santé et développement durable, l’indissociable trio

Nasma Réda , Mercredi, 13 septembre 2023

La 1re Conférence internationale sur la population, la santé et le développement (PHDC 23) s’est tenue au Caire du 5 au 8 septembre. L’événement a vu le lancement de la stratégie nationale de la population et du développement 2023-2030. Explications.

Population, santé et développement durable, l’indissociable trio
La 2e édition de la Conférence internationale sur la population, la santé et le développement se tiendra du 21 au 24 octobre 2024.

« Une population saine pour un développement durable ». C’était le thème de la 1re Conférence internationale sur la population, la santé et le développement (PHDC 23), tenue du 5 au 8 septembre à la Nouvelle Capitale administrative. Cette conférence, qui a rassemblé ministres, hommes politiques, ONG, investisseurs, entrepreneurs, chercheurs et influenceurs, avait pour but de souligner le lien qui existe entre la population, la santé et le développement durable, et de fournir une plateforme d’échange d’expériences et de connaissances. Le tout dans l’objectif d’améliorer la santé et le bien-être des citoyens, tout en maintenant le développement économique et social.

Dans son allocution prononcée lors de la séance d’ouverture, le président Abdel-Fattah Al-Sissi a affirmé que l’Egypte, comme beaucoup d’autres pays, fait face au problème de l’explosion démographique d’une part, et au manque des ressources d’autre part. « Pour offrir une bonne éducation, une bonne santé et une vie décente aux citoyens, nous devons contrôler la croissance démographique. Si le fait d’avoir des enfants est une liberté, il faut la réglementer, sinon, elle provoquera un désastre dans le pays. Certaines personnes ignorent l’importance du défi. La société et l’Etat égyptien paient le prix de l’explosion démographique », a affirmé le chef d’Etat. « L’Etat a travaillé ces dernières années de manière accélérée dans tous les domaines pour combler le fossé entre la croissance démographique et les taux de développement », a ajouté le président qui a évoqué l’expérience chinoise en matière de contrôle des naissances.

L’organisation au Caire de cette conférence mondiale reflète la volonté de l’Egypte de se connecter aux programmes mondiaux en matière de gestion de la population, mais aussi en matière d’éducation, de santé et de services sociaux. Le Caire souhaite sensibiliser la population à la question démographique. La participation du président de la République à cet événement reflète le grand intérêt accordé par l’Etat à cette question, qui menace le développement non seulement en Egypte, mais aussi en Afrique toute entière.

Des efforts et des défis

En effet, l’explosion démographique affecte tous les secteurs de développement, ce qui alourdit le fardeau qui pèse sur l’Etat et laisse les efforts déployés sans grand effet. « En dépit des grands efforts déployés par l’Etat pour améliorer la production agricole et répondre aux besoins de la population à travers l’agriculture durable et la bonification des terres, la production agricole est rapidement consommée localement », indique Hala Al-Saïd, ministre de la Planification et du Développement économique et présidente du Fonds souverain d’Egypte. Et de signaler que les efforts pour développer le système agricole se poursuivent malgré les défis.

Pour sa part, la directrice régionale du Fonds des Nations-Unies pour la population (FNUAP), Laila Baker, a affirmé que les taux de natalité ne sont ni le problème ni la solution. « Avoir des enfants et fonder une famille est une décision humaine qui comporte de nombreuses dimensions et répercussions », a-t-elle déclaré. De son côté, le directeur régional de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) pour la Méditerranée orientale, Ahmed Al-Mandhari, a déclaré que la santé de l’individu et celle de la société sont parmi les piliers fondamentaux du développement, et donc des piliers de la paix et de la sécurité. L’Etat a lancé ces dernières années de nombreuses initiatives dans le domaine de la santé pour lutter contre des maladies comme l’hépatite ou le cancer.

Nouvelle stratégie nationale

La conférence a été l’occasion pour l’Egypte de lancer la stratégie nationale de la population et du développement. « Avec une augmentation prévue de la population mondiale à 9,7 milliards d’ici 2050, dont plus de la moitié sera concentrée, selon l’Onu, dans 8 pays, dont l’Egypte, le monde fait face à un défi qui ne peut être pas relevé par des efforts individuels, mais qui exige un niveau élevé de collaboration mondiale », a affirmé le ministre de la Santé et de la Population, Khaled Abdel-Ghaffar.

La stratégie de l’Egypte vise à assurer le bien-être social et économique des citoyens. « La stratégie est basée sur plusieurs axes, à savoir garantir les droits reproductifs, investir dans le capital humain, autonomiser les femmes, développer l’éducation, lutter contre le changement climatique et gérer le dossier démographique », explique Amr Hassan, conseiller du ministre de la Santé et de la Population pour les affaires démographiques et le développement familial. Selon lui, le planning familial est le plus grand projet d’investissement de l’Etat égyptien et il lui apportera d’importants avantages.

Afin de garantir une bonne application de la stratégie nationale de la population, il a été décidé de réformer le Conseil national de la population qui sera dorénavant présidé par le premier ministre. Il travaillera en étroite collaboration avec les médias, le gouvernement, les hommes de religion, les intellectuels et les ONG.

En plus, des recommandations et une feuille de route ont été élaborées sur les moyens de relever les défis et d’améliorer les résultats en matière de santé. Il s’agit en premier lieu d’investir dans l’être humain, et ce, via un partenariat entre les ministères concernés et toutes les instances de l’Etat, afin d’offrir des emplois pour les jeunes, autonomiser les femmes et investir dans les domaines de la santé, de l’éducation, des transports et de l’énergie. Les participants se sont également mis d’accord sur la nécessité de maximiser le rôle des ONG et de la société civile qui sont appelées à coopérer avec les gouvernements et à augmenter le financement international des programmes ayant trait à la population, à la santé et au développement, surtout ceux visant à améliorer le niveau social des citoyens. Il a été de même décidé d’encourager le concept de la petite famille en tenant compte de l’espacement (de 3 à 5 ans) entre chaque nouveau-né, afin de réaliser l’objectif démographique.

La population de l’Egypte en chiffres

L’Egypte a une population de 105 millions d’habitants en juin 2023 contre 72,8 millions en 2006 et 94,8 millions en 2017.

En termes de population, l’Egypte est classée 14e au niveau mondial, 3e en Afrique et 1re au niveau du monde arabe.

Le Caire est le gouvernorat le plus peuplé d’Egypte, avec une population de 10,2 millions d’habitants, suivi par le gouvernorat de Guiza (9,5 millions) selon les chiffres de janvier 2023.

L’indicateur conjoncturel de fécondité des femmes de 15 à 49 ans a atteint 2,85 enfants par femme en 2021 contre 3,5 enfants en 2014.

Les gouvernorats de Port-Saïd, d’Alexandrie et de Damiette détiennent les meilleurs résultats en matière de fécondité comptant respectivement 1,84, 2,1 et 2,13 enfants par femme, tandis que le taux le plus élevé de reproduction se trouve à Matrouh (4,38 enfants par femme) suivi par Assiout (3,77) et Sohag (3,68).

La population de l’Egypte en 2032 sera de 123,7 millions d’habitants et de 146 millions en 2042 si l’indicateur conjoncturel de fécondité se stabilise à 2,85 enfants par femme, affirment les prévisions.

Si le pourcentage des naissances baisse à 1,6 naissance par femme en 2032, la population de l’Egypte sera de 116,7 millions d’habitants en 2032 et de 126,5 millions en 2042.

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