Samedi, 22 juin 2024
Al-Ahram Hebdo > Egypte >

Magdi Al-Badawi : La sécurité professionnelle est le mot d’ordre

May Al-Maghrabi , Jeudi, 04 mai 2023

A l’occasion de la Journée internationale des travailleurs, célébrée le 1er mai, Magdi Al-Badawi, vice-président de l’Union générale des syndicats ouvriers, revient sur les acquis et les revendications des ouvriers.

Magdi Al-Badawi

Al-Ahram Hebdo : Le 1er mai est célébré cette année alors que nous traversons des conditions difficiles …

Magdi Al-Badawi : Les ouvriers égyptiens ont toujours été à la hauteur des défis, comme c›était le cas lors de la pandémie de Covid19-. Aujourd›hui, alors que la crise mondiale pèse sur les économies de beaucoup de pays dont l›Egypte, les ouvriers font évidemment face à un énorme défi. Environ les deux tiers de la main-d’oeuvre travaillent dans un secteur privé menacé de crises financières risquant d’affecter les activités de certaines entreprises ou usines et de les obliger à réduire la main-d’oeuvre. Un scénario que l’Union générale des syndicats ouvriers tente d’éviter avec des négociations continuelles avec les patrons et les ouvriers pour assurer la continuité du processus de production.

— Comment évaluez-vous les mesures prises par l’Etat pour atténuer les impacts de la crise économique ?

— Ce sont des mesures indispensables qui ont beaucoup atténué les impacts de cette crise sur des millions de travailleurs. Depuis le début de la crise économique, l’Etat a mis en place une série d’importantes mesures de protection sociale pour les fonctionnaires, les ouvriers et les classes les plus modestes. Il s’agit entre autres de la hausse du salaire minimum, de l’augmentation à deux reprises des pensions de retraite, ainsi que d’initiatives sanitaires gratuites. La récente augmentation du budget des allocations de protection sociale à 529,7 milliards L.E. contre 358,4 milliards l’année dernière, soit une hausse de 48 %, reflète l’importance qu’accorde l’Etat à la protection sociale en dépit de la crise économique en cours.

— Mais ces hausses ont-elles été appliquées pour les travailleurs du secteur privé ?

— Jusqu’à présent, non. Mais l’union, en coopération avec le gouvernement et le patronat, négociera au cours des prochains mois les moyens d’application du salaire minimum pour les travailleurs du secteur privé. En revanche, il faut reconnaître que ce secteur est frappé par la crise économique, notamment en raison de l’inflation et du manque de devises étrangères. Mais ce secteur surmontera graduellement les impacts de cette crise de façon à pouvoir améliorer le statut de ses travailleurs.

— Au-delà de la crise actuelle, quels sont, selon vous, les acquis ouvriers les plus importants de ces dernières années ?

— Plusieurs mesures ont été prises au cours de ces dernières années pour renforcer les droits des ouvriers et améliorer les conditions de travail. Citons à titre d’exemple la loi sur les assurances sociales de l’année 2019 qui a consacré un chapitre complet aux travailleurs saisonniers et informels et leur a octroyé des pensions de retraite et une assurance médicale, alors que cette tranche ne jouissait, auparavant, d’aucune sorte de protection. La loi sur les assurances sociales a aussi été modifiée, octroyant au travailleur à l’âge de la retraite 80 % de son salaire avant la retraite. Ce qui représente une importante évolution vu que, avant cette loi, la pension de retraite d’un travailleur touchant par exemple 7 000 L.E. par mois était autour de 1 000 L.E. Sur un autre volet, la promulgation d’une loi en 2017 autorisant pour la première fois la création de syndicats indépendants était une percée qu’avait saluée l’Organisation Internationale du Travail (OIT).

— Que peuvent attendre les ouvriers du projet de loi sur le travail actuellement en préparation ?

— Le mot d’ordre de cette nouvelle loi doit être la sécurité professionnelle. Il s’agit de la principale revendication des ouvriers, surtout que le secteur privé aura un rôle plus important et plus vaste au cours de la prochaine période. C’est pourquoi la nouvelle loi doit apporter des garanties contre le licenciement arbitraire. Par exemple, un travailleur ne peut être licencié que sur décision judiciaire définitive d’un tribunal du travail. Il faut aussi créer des tribunaux des travailleurs, chargés de trancher les litiges entre le travailleur et le patron de l’entreprise. Ouvriers et patronat sont le moteur du développement et c’est pourquoi la loi doit équilibrer entre droits et devoirs des deux parties.

Mots clés:
Lien court:

 

En Kiosque
Abonnez-vous
Journal papier / édition numérique