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Sous le feu des critiques

May Al-Maghrabi, Mardi, 20 août 2013

Les événements en Egypte ont déclenché des réactions controversées dans le monde. Tandis que les Occidentaux condamnent le « recours excessif à la force », des pays comme la Russie et la Chine ont adopté des positions nettement moins tranchantes.

Face aux événements en Egypte, les réactions internationales ont divergé. Tandis que les Etats-Unis et l’Occident condamnent le « recours à une violence excessive » contre les manifestants pro-Morsi. Des pays comme la Russie, la Chine, l’Arabie saoudite, le Koweït, Bahreïn et les Emirats arabes ont adopté des positions beaucoup moins tranchantes. Les Etats-Unis étaient les premiers à hausser le ton. Barack Obama a dénoncé, jeudi, la répression en Egypte, engagée, selon lui, « sur un chemin dangereux », et a annoncé l’annulation de manoeuvres militaires conjointes avec Le Caire le mois prochain. La présidence égyptienne a répliqué vendredi. « La présidence craint que les déclarations non basées sur des faits ne puissent encourager les groupes armés violents », affirme la présidence dans un communiqué. « L’Egypte est confrontée à des actes terroristes qui visent les institutions du gouvernement et des installations vitales », ajoute le communiqué.

La réaction des pays européens a été presque unanime. Les ambassadeurs d’Egypte à Berlin, Londres, Paris, Ankara et Rome ont tous été convoqués. Plusieurs pays européens ont déconseillé à leurs citoyens de se rendre en Egypte. La Suède, la Norvège et la Finlande ont rapatrié leurs ressortissants.

En France, le président François Hollande a appelé jeudi à tout « mettre en oeuvre pour éviter la guerre civile » en Egypte. L’ambassadeur d’Egypte à Paris a été convoqué par Hollande pour transmettre à ses autorités la « très grande préoccupation de la France face aux événements tragiques intervenus dans son pays ». En Allemagne, le ministre des Affaires étrangères, Guido Westerwelle, a demandé à toutes les parties de retourner immédiatement à un processus politique. Le ministère britannique des Affaires étrangères a appelé « les forces de sécurité à agir avec retenue ». Particulièrement critique, la Turquie a poursuivi ses diatribes à l’égard du nouveau régime. Le premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, a dénoncé un « très grave massacre visant les manifestants ». En réaction au comportement d’Ankara, l’Egypte a rappelé son ambassadeur en Turquie.

Sur un autre niveau, le Conseil de sécurité de l’Onu a appelé toutes les parties à un « maximum de retenue » dans une déclaration faite à l’issue d’une réunion d’urgence tenue jeudi à New York, à la demande de la France, de la Grande-Bretagne et de l’Australie. Le Conseil n’est pas allé jusqu’à condamner les violences, ni souligner la responsabilité des forces de sécurité comme l’a fait son secrétaire général Ban Ki-moon.

De l’autre côté de la barre, la Russie et la Chine ont adopté des positions différentes. La Russie a soutenu le renversement de Morsi qui, selon Moscou, appartient à « une organisation considérée comme terroriste ». Certains pays arabes ont également affiché leur soutien aux démarches du gouvernement intérimaire y voyant un coup d’arrêt aux « actes terroristes ». Le roi Abdallah d’Arabie saoudite a proclamé vendredi son appui absolu au pouvoir égyptien « face au terrorisme » appelant les Egyptiens, les Arabes et les musulmans à « s’opposer à tous ceux qui tentent de déstabiliser l’Egypte ». Le roi Abdallah a également mis en garde contre toute ingérence dans les affaires de l’Egypte. Les Emirats arabes unis, le Koweït et Bahreïn se sont aussi ralliés à la position saoudienne. Seuls le Qatar, parrain de la confrérie, et la Tunisie, où le parti au pouvoir appartient à la mouvance islamiste, ont condamné le régime égyptien.

Selon Nourhan Al-Cheikh, politologue, le gouvernement égyptien peut compter sur l’appui des pays du Golfe. « Il s’agit de cartes de pression importantes sur l’Administration américaine, car les Américains ont des intérêts importants dans la région du Golfe », conclut Al-Cheikh.

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