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Bientôt des médecins robots ?

Chérif Albert, Mercredi, 02 décembre 2020

Un robot médical, premier du genre en Egypte, fait actuellement son internat dans un hôpital de Tanta. Il pourrait s’avérer d’un grand secours en cette période de Covid-19.

Bientôt des médecins robots ?
Les patients apprennent à s’apprivoiser avec ce médecin hors du commun.(Photo : Reuters)

Cira-3 prend la tempéra­ture, effectue une radio­graphie, désinfecte une pièce, le tout piloté à distance. Fabriqué par un jeune ingénieur, Mahmoud El-Komy, qui a étudié la mécatronique (discipline alliant la mécanique, l’électro­nique) à l’université de Tanta, ce robot fait actuellement ses preuves dans un hôpital de la même ville.

En ce moment où s’annonce une deuxième vague de coronavirus, Cira-3 a l’avantage de protéger le personnel médical de la contagion, mais aussi d’économiser le coût du matériel de protection nécessaire pour les soignants en limitant leur contact direct avec les patients.

Grâce notamment à sa capacité d’identifier les porteurs du virus, d’administrer un test PCR ou, placé à l’entrée d’un établissement public, de reconnaître ceux qui ne portent pas de masque et leur barrer le passage d’un geste du bras, ce robot multitâche peut se rendre utile depuis l’entrée d’un établisse­ment et jusqu’aux soins intensifs.

Mais il ne faut pas se méprendre : « Ce robot n’a pas été conçu uni­quement pour le Covid-19, c’est un robot destiné aux soins médicaux en général, mais que la pandémie a rendu d’autant plus utile », sou­ligne El-Komy.

Décrivant l’ambiance créée par la présence de Cira-3 dans les locaux de l’hôpital, l’ingénieur rapporte que les médecins et les soignants sont « émerveillés », alors que pour les patients, la réaction est diffé­rente d’une personne à l’autre.

« La plupart n’ont pas de pro­blème avec lui, alors que j’ai pris en compte le côté psychologique des patients en donnant au robot une forme humaine pour rendre l’approche plus familière », explique-t-il.

Accompagné par une équipe de médecins volontaires dans son pro­jet autofinancé, il dit avoir investi la somme de 180 000 L.E. pour en arriver là.

Mais Mahmoud El-Komy veut aller encore plus loin. Il travaille actuellement sur une nouvelle ver­sion pour le dépistage précoce de diverses pathologies.

Grâce à une base de données col­lectée auprès d’une cinquantaine de patients pour chaque maladie, le robot, en se basant sur l’historique, les tests du patient et les symp­tômes caractéristiques de la patho­logie, sera capable par un jeu d’al­gorithmes de diagnostiquer la mala­die en question et, pourquoi pas, prescrire une ordonnance.

Sans l’aide d’un médecin ? Le jeune ingénieur a une confiance quasi-absolue en l’intelligence arti­ficielle, et sans doute en la sienne. « Un médecin spécialiste qui a der­rière lui des années d’expérience aura vu au bout du compte un nombre limité de patients alors que le prochain robot (qui sera baptisé Cira-4) aura sous sa disposition les données d’un nombre beaucoup plus grand de cas et choisira en un rien de temps parmi les probabili­tés. Ce sera une invention qui révo­lutionnera la médecine », estime-t-il.

Pour réaliser ses rêves gran­dioses, Mahmoud El-Komy solli­cite le gouvernement et le secteur privé égyptiens pour adopter son projet et lui assurer le financement nécessaire à ses recherches et à la production de masse des futurs médecins-robots.

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