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Universités technologiques : Le tournant

Chaïmaa Abdel-Hamid, Mardi, 04 février 2020

Plusieurs universités de la 4e génération seront inaugurées en 2020 en Egypte. Lier l’enseignement supérieur aux besoins du marché du travail est désormais une priorité absolue.

Universités technologiques

C’est dans le cadre d’une politique accordant une priorité à la quatrième révolution industrielle que l’Egypte oeuvre actuellement à développer sa stratégie nationale pour le développement de l’enseignement universitaire. Une stratégie que le président Abdel-Fattah Al-Sissi a jugée indispensable pour aller de pair avec le développement et les technologies dans le monde entier. Au cours de la troisième édition du Forum mondial de la jeunesse tenu du 14 au 17 décembre 2019, le président Sissi a affirmé que « l’Egypte ouvrira la porte à une nouvelle génération d’universités dotées de toute la science moderne, pour assurer la qualité de ce qui est présenté dans le domaine de l’intelligence artificielle ». 2020 et les années qui suivront « verront la création de nouvelles facultés d’intelligence artificielle », a affirmé le président.

Afin de mettre en oeuvre cette stratégie nationale, plusieurs universités et facultés spécialisées dans divers domaines scientifiques rejoignant la 4e génération verront le jour en 2020.

Sur la voie de la nanotechnologie

La création d’une faculté au sein de l’Université du Caire spécialisée dans le domaine de la nanotechnologie s’inscrit dans le cadre d’un plan de réforme de l’enseignement supérieur visant à le lier aux nouvelles données technologiques. Cette faculté, qui devra accueillir la première promotion à partir de l’année universitaire 2020-2021, est la première faculté du genre en Egypte et au Proche-Orient. Elle vise à former des cadres spécialisés dans ce domaine aptes de booster les programmes scientifiques en Egypte, en Afrique et au Moyen-Orient, comme a indiqué le recteur de l’Université du Caire, Mohamad Al-Khosht, affirmant que la nanotechnologie est l’une des plus importantes sciences qui redessinera le schéma des sciences de l’avenir. En effet, la diversité des domaines dépendant de la nanotechnologie en fait un pilier du plan de développement durable 20-30.

Avec un système d’étude par crédit d’heures, cette faculté enseignera la science et les programmes scientifiques les plus modernes dans le domaine de la nanotechnologie, basés sur des systèmes et normes de qualité, de sorte que les diplômés atteignent le niveau de concurrence mondiale sur les marchés du travail internationaux. La faculté offre des études en physique, chimie, science des matériaux, biologie et ingénierie, et reliant ces domaines indépendants à la nanotechnologie. Par ailleurs, un accord de coopération scientifique a été signé avec l’Université de Hiroshima pour octroyer un double diplôme pour les étudiants des facultés scientifiques qui désirent suivre en parallèle avec des études en nanotechnologie.

Cette science peut être exploitée pour développer les secteurs santinaire, industriel, environnemental ou même militaire. A noter que selon le classement international, l’Egypte est à la 20e classe sur un total de 106 pays en matière de recherche en nanotechnologie avec un nombre total de 2235 recherches égyptiennes publiées en 2018 dans le domaine de la nanotechnologie contre 1786 recherches en 2017.

Selon les experts, la nanotechnologie devrait dresser la carte de la science dans l’avenir et être un moteur pour l’économie mondiale en raison de ses applications déterminantes dans la production d’énergie, le dessalement de l’eau et également dans les secteurs des pièces médicales, pharmaceutiques.

L’intelligence artificielle s’impose

L’Université d’Al-Ménoufiya ouvrira également à la rentrée 2020 une nouvelle faculté de l’intelligence artificielle. Il s’agit de la deuxième faculté spécialisée dans les études de l’intelligence artificielle, après celle de Kafr Al-Cheikh, inaugurée en septembre 2019. Le ministère de l’Enseignement supérieur a, en effet, commencé l’année dernière à prendre des mesures concrètes pour développer ce genre d’études et introduire de nouvelles spécialisations. Selon le ministère, l’Egypte occupe actuellement le 40e rang en matière de recherche scientifique dans le domaine de l’intelligence artificielle, et la 24e pour la recherche scientifique dans le domaine des mathématiques informatiques.

En fait, l’Egypte accorde un intérêt particulier au domaine de l’intelligence artificielle. Une stratégie qu’elle applique en coopération avec le Japon, et ce, pour aller en paire avec la 4e révolution industrielle. Cette stratégie comprend, comme l’a déclaré le ministre de l’Enseignement supérieur, la création de facultés d’intelligence artificielle dans toutes les universités du pays ainsi que l’inauguration de la ville du « Savoir » dans la Nouvelle Capitale administrative. De plus, toujours pour mettre en oeuvre la stratégie nationale, il est prévu la création d’une académie d’IA en coopération avec le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique à la Nouvelle Capitale administrative. Celle-ci développera les capacités humaines en améliorant l’efficacité de l’éducation et de la formation à différents stades de l’enseignement et stimulera l’innovation dans le domaine. Afin de gérer ce domaine, le Conseil des ministres a également annoncé la création d’un Conseil national pour l’intelligence artificielle, présidé par le ministre des Télécommunications et des Technologies de l’information et suivant le Conseil des ministres. Soulignant l’importance de l’IA, le président du secteur de l’informatique au Conseil suprême des universités, Gamal Darwich, explique qu’« il ne s’agit plus d’un choix, mais d’une nécessité pour répondre aux besoins du marché du travail et aller en paire avec le développement et les technologies dans le monde entier ». Il rappelle ainsi que le Forum économique mondial a annoncé que l’intelligence artificielle entraînerait des changements importants dans les métiers de l’avenir. Dans les années à venir, près de 5 millions d’emplois disparaîtront et en parallèle, quelque 133 millions nouveaux emplois vont être créés dans les domaines de l’intelligence artificielle, des technologies de l’information, de l’analyse de données, des nouvelles technologies, etc. Cela nécessite donc, selon les experts, une bonne préparation et une bonne rééducation des jeunes, afin de leur fournir les outils leur permettant de faire face à cette évolution rapide.

A Al-Alamein, une université internationale

Loin du Caire, l’Université internationale d’Al-Alamein, un organisme éducatif civil suivant les normes internationales en termes de construction et de programmes éducatifs, sera opérationnelle avec le début de l’année universitaire 2020-2021. Cet énorme campus universitaire construit sur une superficie de 146 feddans, et avec un budget de 2,6 milliards de L.E., renferme 18 bâtiments, un hôpital public et un autre dentaire, ainsi que plusieurs centres de recherches scientifiques. Suivant les normes internationales des études universitaires, celle-ci suivra un système d’études par crédit d’heures. Elle renfermera plusieurs facultés dont certaines entreront en fonction en 2020, notamment la faculté de droit international, des arts, de la gestion des affaires, d’ingénierie, d’informatiques et d’informations et celle des études supérieures. D’autres facultés du secteur médical attendront l’année 2021 pour commencer à accueillir les étudiants, notamment les facultés de médecine, de pharmacie, de physiothérapie et d’autres.

Le ministre de l’Enseignement supérieur a souligné l’importance de cette nouvelle université affirmant qu’il s’agit non pas seulement d’une université de la 4e génération, mais aussi d’une université intelligente. « Elle propose des programmes adaptés au développement international et répondant aux exigences du marché du travail local, régional et international », a affirmé le ministre, tout en ajoutant que « les professeurs suivront une formation à partir de janvier 2020 sur les programmes qui y seront enseignés selon ces normes internationales ».

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