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Rapprochement égypto-hongrois

May Al-Maghrabi, Mardi, 03 décembre 2019

Le président Abdel-Fattah Al-Sissi a reçu, jeudi 28 novembre au Caire, le président hongrois Janos Ader. Au menu des discussions : coopération bilatérale, lutte antiterroriste et migration illégale.

Rapprochement égypto-hongrois
Les deux présidents ont évoqué le renforcement des relations bilatérales, la coopération en matière de la lutte antiterroriste et la lutte contre la migration illégale.

En visite de quelques jours en Egypte, le président hongrois, Janos Ader, a été reçu jeudi 28 novembre au Caire par le président Abdel-Fattah Al-Sissi. Il s’agit de la 1re visite d’un président hongrois en Egypte depuis 2006 et de la 3e rencontre entre les deux présidents depuis 2015 (la dernière était en décembre 2018 à New York, en marge des travaux de l’Assemblée générale des Nations-Unies). Les deux présidents ont évoqué le renforcement des relations bilatérales, la coopération en matière de la lutte antiterroriste et la lutte contre la migration illégale ainsi que des dossiers régionaux d’intérêt commun. Au niveau bilatéral, les entretiens ont porté sur les moyens de stimuler la coopération économique ainsi que sur la coopération dans le domaine du développement du secteur des chemins de fer. A noter que l’Egypte a conclu un accord en 2018 avec la Hongrie sur l’achat de 1 300 wagons russes avec un financement hongrois d’un milliard d’euros, étant donné que ces contrats d’approvisionnement en équipements ferroviaires s’inscrivent dans le cadre de la coopération égypto-russo-hongroise. La technologie du dessalement de l’eau et les secteurs de l’agriculture, de l’irrigation et de l’énergie sont d’autres domaines de coopération à promouvoir.

Lors d’une conférence de presse conjointe, le président Sissi a qualifié de « fructueux » ses entretiens avec son homologue hongrois et a estimé que sa visite constituait « un pas important vers le renforcement de la coopération entre les deux pays ». Il a fait savoir qu’il a convenu avec son homologue hongrois d'oeuvrer à accroître le volume des échanges commerciaux, notant qu’il avait informé le président hongrois des opportunités prometteuses d’investissement en Egypte. Par ailleurs, le président Sissi a salué le flux de touristes hongrois vers l’Egypte.

Au niveau politique, les deux présidents ont convenu de poursuivre les consultations et d’oeuvrer à « conjuguer les positions des deux pays vis-à-vis des dossiers régionaux et internationaux d’intérêt commun », comme a indiqué le président Sissi.

Enjeux mutuels

Concernant les dossiers régionaux, le président Sissi a indiqué que ces entretiens étaient axés sur les questions des réfugiés et de la migration clandestine ainsi que sur la nécessité de trouver des solutions pacifiques aux crises régionales, notamment en Syrie et en Libye. Les pourparlers ont abordé les derniers développements dans les territoires occupés et la nécessité de « promouvoir la solution à deux Etats conformément aux résolutions internationales et à l’initiative arabe de paix », a affirmé le président Sissi. Les deux dirigeants ont jugé nécessaire de multiplier les efforts internationaux en vue de parvenir à des solutions pacifiques à toutes les crises que traverse la région.

Le président Sissi a également indiqué qu’il avait passé en revue les efforts égyptiens en matière de lutte antiterroriste et de lutte contre la migration clandestine, et qu’il avait examiné avec son homologue les efforts de l’Egypte dans le cadre de sa présidence de l’Union africaine. De son côté, le président hongrois a salué « le rôle axial de l’Egypte en tant que pilier de la stabilité et de la sécurité régionale et africaine » et dans la lutte antiterroriste.

Selon le politologue Tareq Fahmi, la volonté des deux pays de développer leurs relations est basée sur des enjeux mutuels servant les intérêts des deux pays. Il note que les relations entre l’Egypte et la Hongrie, datant de 1928, « se caractérisent par des positions proches sur plusieurs dossiers politiques et des enjeux mutuels ». « Il est dans l’intérêt de l’Egypte de stimuler les investissements hongrois en Egypte et de coopérer avec ce pays qui dispose d’importants moyens et d’une bonne expertise, notamment dans les domaines de l’industrie lourde, des chemins de fer et des services logistiques. De l’autre côté, il est dans l’intérêt de la Hongrie de développer ses relations avec l’Egypte, acteur incontournable en termes de la lutte contre le terrorisme et contre la migration illégale, deux dangers menaçant l’Europe », indique-t-il, se référant aux déclarations du président Ader.

Plus généralement, selon Fahmi, il existe une nouvelle vocation de la diplomatie égyptienne qui commence à s’activer en Europe de l’Est. « Et ce, pour ouvrir de nouveaux horizons de coopération, mais aussi pour augmenter le nombre des pays soutenant les positions égyptiennes dans l’Assemblée générale des Nations-Unies et au sein de l’Union européenne », développe Fahmi. C’est dans ce contexte qu’il juge positifs les résultats du sommet égypto-hongrois, dans la mesure où ils reflètent le souci des deux pays de renforcer les relations bilatérales sur la base d’intérêts mutuels.

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