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Sur la voie du nucléaire

May Al-Maghrabi, Mercredi, 13 décembre 2017

La conclusion de l’accord sur la construction de la première centrale nucléaire égyptienne place l’Egypte au rang des Etats développés. Un rêve qui date des années 1980 et qui se concrétise enfin.

Lundi 11 décembre, l’Egypte et la Russie ont signé le contrat final sur la construction de la pre­mière centrale nucléaire égyptienne dans la région d’Al-Dabaa, au nord-ouest de l’Egypte. Il s’agit d’une localité de 60 km2, dépendant du gouverno­rat de Marsa Matrouh. L’accord préliminaire était signé en novembre 2015.

La première phase de cette centrale devra être opérationnelle en 2026. Selon le cahier des charges, l’Agence fédérale russe de l’énergie ato­mique (Rosatom) se chargera de la construction de la centrale, la livraison du combustible nucléaire, la formation des travailleurs, ainsi que la mainte­nance et la réparation des unités de production. Ainsi, la Russie devra fournir 80% des compo­sants de construction, alors que les versements du crédit ne seront pas payés qu’une fois celle-ci ter­minée. Composée de quatre réacteurs, cette cen­trale devrait disposer d’une capacité de 4800 mégawatts.

Depuis longtemps, l’Egypte rêvait d’avoir son programme nucléaire pacifique destiné à la pro­duction d’électricité. En 1981, juste après l’arrivée au pouvoir de l’ancien président Hosni Moubarak, un décret présidentiel est publié annonçant Al-Dabaa comme le site du programme nucléaire égyptien. Un appel d’offres est lancé en 1983 pour un réacteur de 1000 mégawatts. Mais le projet est finalement abandonné en 1986, après la catas­trophe de la centrale de Tchernobyl en Ukraine. 25 ans plus tard, une relance annoncée du programme a été aussi mise en attente, à cause de l’instabilité politique et de l’insécurité qui ont suivi la révolu­tion du 25 janvier 2011. Le projet a été relancé depuis 2013, et aujourd’hui, il voit le jour.

Ali Abdel-Nabi, ancien président de l’Organisme de l’énergie nucléaire, estime que cet accord constitue un grand succès pour l’Egypte. Il explique que Moscou aidera l’Egypte, non seule­ment dans la construction de la centrale, mais aussi dans la mise au point de son système de fonction­nement. « Ce site a été choisi conformément aux recommandations d’experts égyptiens et interna­tionaux, qui ont effectué des études de terrain dans différentes régions du pays. Son emplacement géo­graphique, sa proximité de la Méditerranée, ainsi que la topographie et la nature géologique du ter­rain font d’Al-Dabaa l’emplacement idéal pour un tel projet », explique Abdel-Nabi. Le projet est destiné à répondre à des besoins énergétiques en forte croissance. Il est motivé par la pénurie d’élec­tricité et la hausse des prix des carburants non renouvelables. « Cette centrale aidera l’Egypte à subvenir à ses besoins en électricité et à en finir définitivement avec la pénurie d’énergie », affirme Abdel-Nabi. Il souligne que le nucléaire est l’in­dustrie de l’avenir parce qu’il constitue une source permanente et peu coûteuse d’électricité. « La pos­session de la technologie nucléaire place l’Egypte au rang des Etats développés. Le monde entier est engagé dans une course pour acquérir la techno­logie nucléaire », conclut-il.

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