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Intérêts réciproques

Lundi, 09 février 2015

La visite cette semaine en Egypte du président russe, Vladimir Poutine, confirme le rapprochement entre Le Caire et Moscou. Cette visite fait suite à celle, au mois d’août dernier, du pré­sident Abdel-Fattah Al-Sissi en Russie. En février 2014, Al-Sissi, alors ministre de la Défense, s’était également rendu à Moscou pour négocier un contrat d’armement.

Pourquoi ce rapprochement avec Moscou? Sur le plan politique, plu­sieurs facteurs y ont contribué. C’est d’abord le contexte régional et inter­national. Depuis l’effondrement de l’Union soviétique en 1991, Moscou a beaucoup perdu de son influence sur la scène internationale. Aujourd’hui, les Russes, qui viennent de perdre leur allié libyen dans le sillage du printemps arabe, tentent de reconquérir le ter­rain perdu. Et en se rapprochant de l’Egypte, ils prennent position dans une région d’où ils étaient exclus depuis des décennies. Pour l’Egypte, l’enjeu n’est pas moindre. Après la révolution du 30 juin, Le Caire a connu une certaine tension avec son allié américain, en raison des critiques répétées de ce dernier sur la situation politique en Egypte. En octobre 2013, Washington avait notamment suspen­du une partie de son aide de 1,3 mil­liard de dollars à l’Egypte et retardé la livraison de 10 hélicoptères Apache, dont l’Egypte avait grandement besoin pour faire face au terrorisme dans le Sinaï. Une situation qui a poussé Le Caire à chercher d’autres alliés, en se tournant notamment vers la Chine et la Russie. Pour Le Caire, le rapproche­ment avec Moscou est donc une carte de pression sur les Américains. Elle veut montrer à Washington qu’elle peut, si besoin est, trouver d’autres alliés.

Outre ces considérations d’ordre politique, l’Egypte et la Russie ont une vision commune sur un certain nombre de questions importantes comme la lutte contre le terrorisme. La Russie qui craint la montée de l’ex­trémisme dans certaines républiques musulmanes du sud, est opposée, tout comme l’Egypte, à l’islamisme radical. Le Caire et Moscou peuvent coopérer en matière de lutte contre le terro­risme, notamment au niveau des ren­seignements..

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