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Des négociations longues et difficiles

Maha Al-Cherbini avec agences, Mardi, 20 novembre 2012

Washington et Kaboul ont entamé des négociations qui pourraient durer des mois pour décider du nombre de militaires américains qui seront maintenus dans le pays, après le retrait des troupes internationales fin 2014.

A l’approche de la date du retrait des troupes internationales du « bourbier afghan », les discussions entre les Etats-Unis et l’Afghanistan au sujet de l’aide militaire, qui sera fournie par Washington à Kaboul après la fin 2014, ont débuté cette semaine dans la capitale afghane. « Nous sommes encouragés par ces discussions qui montrent que nous pouvons parler franchement les uns avec les autres », s’est réjoui James Warlick, le négociateur américain. « Je suis confiant que les rencontres à venir aboutiront à la signature d’un accord dans l’intérêt de nos deux pays », a-t-il poursuivi. Le but de ces négociations est de fournir une autorité légale pour les militaires américains afin de poursuivre leur présence en Afghanistan avec l’accord du gouvernement afghan. « Dans cet accord seront incluses la quantité et la qualité de la coopération en termes de défense », a affirmé Eklil Hakimi, ambassadeur afghan aux Etats-Unis et négociateur pour Kaboul, notant que ces négociations seront basées sur les intérêts nationaux de l’Afghanistan, sa souveraineté nationale, son indépendance, son intégrité territoriale et le renforcement de la paix dans le pays. Selon les deux côtés, ces discussions pourraient durer « plusieurs mois ou même un an ». En avril dernier, les Etats-Unis et l’Afghanistan ont signé un partenariat stratégique qui prévoit une aide américaine de deux milliards d’euros par an pour les dix prochaines années. Mais le volet militaire n’avait pas été discuté. La question qui cherchait une réponse était : combien de soldats américains resteront-ils en Afghanistan après 2014 ? Et quelles seront leurs missions ?

Pour le moment, la question du statut des troupes américaines, surtout de leur impunité devant la justice afghane, reste la pomme de discorde entre les deux pays et pourrait avorter le processus des négociations. Depuis plusieurs semaines, les autorités afghanes répètent qu’elles ne céderont pas sur ce point : il n’y aura pas d’immunité offerte aux militaires américains ; ceux-ci devront répondre de leurs actes en Afghanistan. Un point inacceptable pour Washington qui souhaite que les soldats accusés de crimes commis en Afghanistan soient jugés dans leur pays d’origine. En fait, les relations bilatérales se sont tendues récemment entre les deux pays avec le cas du sergent Robert Bales, poursuivi pour avoir tué 16 villageois en mars dans le sud d’Afghanistan et qui doit être jugé par un tribunal militaire à Washington. Selon les analystes, Kaboul et Washington devront assouplir leur position, faute de quoi aucun accord ne serait possible. En Iraq, la non-signature d’un tel accord avait provoqué le départ des militaires américains, sans qu’aucune force ne reste dans ce pays, ce qui a enfoncé Bagdad dans l’anarchie. Kaboul sera-t-il un nouveau Bagdad ?

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