Vendredi, 24 mai 2024
Dossier > Dossier >

Les grands partis en course

Hana Affifi, Lundi, 20 octobre 2014

Les grands partis en course
Des partisans de Néda Tounès. Le parti arrivé en tête des sondages avec les islamistes d'Ennahda. (Photo:Reuters)

Ennahda (Renaissance)

Fondé en 2011 après avoir été interdit de participer aux élections depuis 1989, et conduit par Rached Ghannouchi, le parti est d’orientation islamiste. Il a gagné le plus de sièges— 89 sur 217— lors des élections de 2011 pour l’Assemblée nationale constituante tunisienne qui a servi de Parlement de transition, et a été en charge de rédiger la Constitution. Deux leaders d’opposition séculière du parti Néda Tounès ont été assassinés par des militants islamistes, ce qui a lancé une vague d’opposition anti-Ennahda. Par conséquent, le parti a démissionné le 27 janvier 2014, pour laisser place à un gouvernement technocrate apolitique sous la direction de Mahdi Jomaa, chargé de préparer les législatives. Le parti a perdu en popularité à cause des conditions précaires de sécurité (attaques islamistes) et du ralentissement de l’économie (déficit du budget et chômage). Il reste pourtant le plus puissant, avec le parti Néda Tounès, comme opposant principal. Selon les sondages, ces deux partis sont en mesure de remporter le plus de votes.

Néda Tounès (appel de la Tunisie)

Fondé en 2012 et conduit par Béji Caïd Essebsi, ancien premier ministre de transition (février-décembre 2011) après la chute de Ben Ali en janvier 2011. Le parti est laïque, d’orientation centre-droite et libérale, notamment pro-business. Il s’agit du parti principal d’opposition en compétition avec Ennahda. Le parti est tiraillé entre des membres variant entre unionistes, conservateurs, libéraux, ou membres de gauche, et qui incluent notamment d’anciens du parti du Rassemblement Constitutionnel Démocratique (RCD), le parti dissolu qui régnait sous Ben Ali. Le secrétaire général est un unioniste, mais le consultant du président est Mohamad Ghariani, dernier secrétaire du RCD. Le parti pourrait gagner plus de sièges qu’en 2011, vu le recul de la popularité d’Ennahda.

Al-Moatamar (le Congrès pour la République)

Le parti est fondé par Moncef Marzouki (le président actuel) en 2001, mais n’a obtenu son autorisation qu’en 2011. Il est conduit maintenant par Emad El-Daymi et a obtenu 29 sièges en 2011, arrivant en deuxième place. C’est un parti laïque de centre-gauche, d’orientation démocratique socialiste. Il faisait partie de la Troïka, constituée de l’islamiste Ennahda qui s’est allié avec Ettakattol et le Congrès pour la République. L’alliance a géré la période post-révolution durant laquelle la Constitution a été rédigée. Après 2011, il a subi des divisions qui ont mené à la formation de mouvements comme le mouvement Wafaa et le Courant démocratique.

Tayar Al-Mahabba (précédemment La pétition populaire pour la liberté, la justice et le développement)

Il est de direction populaire nationaliste et est présidé par l’homme d’affaires Hechmi Hamdi. La pétition populaire est venue en 3e place en 2011 avec 26 sièges. Le parti est l’un des seuls 5 partis parmi 194 partis tunisiens qui se présentent aux élections d’octobre 2014 dans toutes les 33 circonscriptions, avec Ennahda, Néda Tounès, le Congrès pour la République et l’Union nationaliste libre (parti libéral conduit par Sélim El-Réyahi, qui a gagné un siège en 2011). Le parti a vu des divisions depuis 2011.

Ettakattol

Parti laïque de centre-gauche, conduit par Mustafa Ben Jafar (actuel président de l’Assemblée constituante). Il est arrivé en 4e place en 2011 avec 20 sièges. Il faisait partie de l’alliance Troïka, avec Ennahda et le Congrès pour la République, qui a géré la période post-révolution. Le parti a perdu beaucoup de ses hommes et de ses partisans.

Front Populaire

C’est une coalition de partis politiques et associations de gauche fondée en 2012 et conduite par le leader communiste Hamma Hammami. La coalition est d’orientation communiste et est prévue de finir en 3e place lors des élections législatives. L’idée qui a stimulé sa fondation était d’offrir un 3e choix outre le paysage bipolaire des islamistes d’Ennahda et les anciens de Ben Ali de Néda Tounès.

Le Parti républicain

Il a obtenu sa licence en 2011. C’est un parti de droite conduit par Ahmed Naguib el Shabi. Il est arrivé en 5e place en 2011 avec 16 sièges. Le parti a depuis perdu plusieurs de ses personnalités importantes.

Lien court:

 

En Kiosque
Abonnez-vous
Journal papier / édition numérique