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Un nouveau pape au siège de Saint-Marc

Chaïmaa Abdel-Hamid , Mardi, 06 novembre 2012

Par tirage au sort, l’évêque Tawadros II a été désigné 118e pape de l’Eglise copte orthodoxe. Discret et peu connu de la communauté copte, sa nomination a néanmoins été bien accueillie. Portrait.

Saint Marc
L'évêque Tawadros

C’est sûrement le plus joyeux anniversaire qu’il n’ait jamais connu. Les petites mains du jeune enfant Bichoy Mossaad ont offert à l’évêque Tawadros le plus beau cadeau, puisqu’elles l’ont désigné 118e « pape d’Alexandrie, patriarche de toute l’Afrique et du siège de Saint-Marc ». Arrivé second avec 1 623 voix lors du vote réduisant les candidats à la papauté à 3, sa sainteté Tawadros II sera bien le pape de la continuité. Cet évêque d’Al- Béheira, dans la province du Delta, était, en effet, un des disciples du défunt pape Chénouda III et du patriarche par intérim, l’évêque Pakhomios.

Agé de 60 ans et portant une barbe fournie, son sourire vient confirmer qu’il est un homme doté d’un grand sens de l’humour. De son vrai nom Waguih Sobhi Bakki Soleiman, il est né le 4 novembre 1952 dans la région de Mansourah (Delta). Tawadros est titulaire d’un diplôme de pharmacie de l’Université d’Alexandrie et a obtenu également une bourse d’étudiant de l’International Health Institute britannique. Il a dirigé pendant quelque temps une usine pharmaceutique avant d’être fait moine en 1988 au monastère de Saint-Bichoy, dans la région de Wadi Al-Natroune, haut lieu de la spiritualité copte, au nord-est du Caire. Il est ordonné prêtre en 1989 et devient évêque en 1997. Très versé dans les questions de théologie, réputé proche de Pakhomios, Tawadros II serait favorable à une Eglise centrée sur sa mission pastorale et impliquée dans les affaires politiques de manière exceptionnelle.

Comme l’ont affirmé ses proches, il n’est ni conservateur comme le candidat Raphaël Ava Mina, ni moderniste comme l’évêque Raphaël arrivé en tête de la dernière sélection. Il incarne une ligne modérée qui pourrait favoriser le dialogue interconfessionnel, prompt à réaliser une combinaison entre l’expérience pratique d’un évêque et le calme et la sagesse spirituels du moine. Ainsi, il appelle à la coexistence avec les musulmans et encourage les jeunes à sortir de l’isolement.

« C’est un homme sage, à l’écoute de sa communauté et ouvert aux autres. Plus important que tout, il préfère se cantonner aux questions de théologie et rester à l’écart de la politique, sauf urgence. Il encourage le dialogue avec la jeunesse et appelle à la modernisation », explique l’évêque Salib Sawirès, pasteur d’une église copte orthodoxe à Choubra et membre du Synode de l’Eglise copte orthodoxe.

Ce nouveau pape devra faire face à une série de défis. Défi intérieur au sein de l’Eglise copte devenue universelle — ils seraient au moins 10 millions en Egypte — car présente sur les cinq continents. Une Eglise qui doit aussi se mesurer à une fronde intérieure de la part d’une partie des laïcs et des jeunes qui réclament des réformes. Tawadros II devra de même être l’interlocuteur du pouvoir en ce qui concerne les droits des coptes. Son intronisation aurait lieu le 18 novembre prochain lors d’une cérémonie. Pour les coptes orthodoxes, c’est bien Dieu qui l’a choisi. Rien d’étonnant, puisque son nom « Tawadros » ne signifie en langue copte que « le choix de Dieu ».

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