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Tamer Abdel-Moneim: « Je compte sur mon expérience pour faire la différence »

Propos recueillis par Doaa Badr, Mardi, 30 octobre 2012

A 38 ans, Tamer Abdel-Moneim participera aux Championnats d’Afrique de taekwondo à Madagascar. Il estime que son âge est encore un avantage. Entretien.

Taekwondo

Al-Ahram Hebdo : Comment voyez-vous votre retour en sélection nationale à l’âge de 38 ans ?

Tamer Abdel-Moneim : Je suis très heureux de ma sélection en équipe nationale. Les responsables ont cette fois-ci sélectionné les vainqueurs des éliminatoires : c’est la politique du nouveau conseil d’administration de la Fédération qui vient d’être élue. Ce système offre des chances égales à tous les athlètes et améliore le niveau de la sélection. Cela motive ceux qui ne font pas partie de la sélection à tenter leur chance et pousse ceux qui font partie de la sélection à donner le meilleur d’eux-mêmes pour garder leur place. Malgré mes 38 ans, j’ai éliminé tous mes concurrents pendant les éliminatoires et je fais donc partie de la sélection nationale.

— L’arbitrage s’est totalement modernisé, avec l’introduction des plastrons et des casques électroniques. Comment vous préparez-vous pour cela ?

— Il est certain que l’environnement de la compétition a radicalement changé par rapport aux années 1990, quand j’étais une star de la discipline qui collectionnait les médailles mondiales. Mais j’ai su évoluer en même temps que la discipline. Le style de jeu avec les plastrons électroniques est radicalement différent : l’enregistrement des points est bien plus subtil et précis, beaucoup plus de critères comptent, et cela demande de « toucher » le plastron adverse d’une manière spécifique. Les points dépendent donc bien plus de la vitesse et de l’agilité de la manœuvre, que de la force.

— A 38 ans, vous disputerez des matchs contre de jeunes athlètes pleins de force et en bien meilleure condition physique que vous. Comment compensez-vous cela ?

— Je sais que c’est un défi. Mais le niveau dans cette discipline ne dépend que de la forme physique. Il y a des règles d’engagement strictes, un code à respecter. Je donne le meilleur de moi-même en respectant ce cadre et je n’épargne aucun effort pour m’améliorer. Je m’entraîne avec le plus grand sérieux et je travaille à avoir le plus possible de sérénité. Je sais très bien que ma condition physique n’est pas la même que celle d’un jeune de 20 ans. Durant les matchs, je compense cela en essayant de garder le contrôle en permanence. Je n’utilise ma force que lorsque c’est nécessaire et avec le maximum de concentration. Je feinte aussi. Et puis je compte sur mon expérience, qui est bien supérieure aux autres, pour faire la différence.

— Dans ces compétitions vous devez disputer un grand nombre de matchs dans une seule journée. Comment se prépare-t-on à ça ?

— C’est un sujet très important. Et, pour être honnête, nous avons un problème en Egypte contrairement aux autres pays, où les athlètes sont habitués à disputer des rencontres chaque week-end. L’ancienne Fédération égyptienne n’a malheureusement jamais organisé un nombre suffisant de compétitions au niveau national. Cela a affecté le niveau des athlètes et leur condition physique, qui ne peut pas être excellente sans ce type d’entraînement intensif. Pour essayer de compenser ce manque, j’organise chaque week-end depuis un an, une compétition amicale dans moncentre privé.

— Quel est votre objectif aux Championnats d’Afrique et dans le futur ?

— Aux Championnats d’Afrique, je vise la médaille d’or inch Allah. La concurrence sera féroce avec la Tunisie, le Maroc et l’Algérie. Mais je connais bien mes adversaires et je les ai bien étudiés, afin d’arriver fin prêt à Madagascar. Après ces Championnats, je veux continuer la compétition. J’adore le taekwondo et les compétitions, et je ne peux pas imaginer de ne plus pratiquer cette discipline.

— De février à juin 2012, vous étiez entraîneur de la sélection nationale. Si on vous offre à nouveau ce poste, quelle sera votre décision ?

— Mon premier essai en tant qu’entraîneur de la sélection nationale ne s’est pas bien passé. Il est difficile pour moi de fermer les yeux sur les injustices que subissent les athlètes. Mon style était aussi radicalement différent de celui de l’ancien cadre technique. J’ai donc été confronté à de très nombreux problèmes et j’ai dû démissionner au bout de quelques mois seulement. Mais je crois que l’arrivée de la nouvelle Fédération, présidée par Ahmad Al-Fouli, va beaucoup changer les choses. Et, dans ces conditions, si je reçois une offre professionnelle, je l’étudierai. Sinon, je préfère rester athlète : c’est plus simple d’être uniquement responsable de soi-même et non d’une équipe entière, sans parler de la sélection nationale.

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