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Qu'est-ce qui attend Al-Sissi ?

Dimanche, 08 juin 2014

Il va sans dire que le maréchal Al-Sissi accède au pouvoir doté d’une expérience et d’une connaissance certaine des affaires de l’Etat égyptien. Il a passé une longue année à la tête de l’une des plus délicates et plus impor­tantes institutions de l’Etat, à savoir le ministère de la Défense, au cours de laquelle ses accom­plissements ne peuvent passer inaperçus. Il a passé une autre année au même poste, lors d’une des phases les plus dangereuses de l’histoire de l’Egypte contemporaine: l’après-30 juin 2013. Auparavant, il a occupé une fonction des plus sensibles, ayant à sa charge la responsabilité des services de renseignements militaires.

J’évoque tout cela pour dire que l’homme n’a jamais été éloigné des cercles de prise de décision. Nous sommes face à un nouveau président ayant accédé à la fonction suprême par une volonté populaire massive. L’homme est venu des foules et n’a jamais appartenu à un courant politique ou même à un parti donné. Son itinéraire est limpide et il est le fils d’une institution connue pour sa rigueur, sa discipline et sa longue histoire au service du pays.

Il va de soi que le président Al-Sissi est par­faitement conscient des nombreux maux et crises qui font le calvaire quotidien des Egyptiens. Il réalise très bien l’ampleur de leur souffrance, et avant tout cela, il a été le témoin de plusieurs erreurs politiques, mais dont le pays a été débarrassé. Ainsi, aux yeux des millions d’Egyptiens, il est leur sauveur.

Le nouveau président a pu voir de ses propres yeux deux expériences qui ont été vouées à l’échec. La première a duré 30 ans, et ses éléments n’ont pas pu à ce jour s’innocen­ter des accusations de corruption et de tyran­nie commises à l’égard de tout un peuple. Alors que pour la deuxième, il a contribué à faire cesser les éventuels impacts négatifs dont le pays aurait été victime. Je saisis là l’occa­sion de dire au nouveau président que puisqu’il connaît parfaitement les erreurs de ses prédé­cesseurs, il doit en assimiler les leçons.

Ceux qui pensent que le nouveau président a une baguette magique ont tort. Car la sécurité ne se confine pas à la discipline de la rue. Elle implique de mettre un terme aux comporte­ments déplacés qui sont apparus au sein de la population suite à deux révolutions.

La sécurité implique la relance du tourisme, qui est un fondement important de l’activité économique du pays. La sécurité signifie éga­lement faire face à l’insécurité qui a ruiné la vie des citoyens égyptiens. La sécurité demande par ailleurs de poursuivre l’affronte­ment contre le terrorisme, car nous sommes dans une bataille qui joue notre destin. D’ailleurs, les acquis réalisés sur cette voie laissent paraître que nous sommes en passe d’achever cette bataille. La sécurité, c’est de plus régler les problèmes sérieux de circula­tion routière et trouver une solution aux ven­deurs ambulants qui défigurent les villes. Il faut à tout prix éradiquer le problème des enfants de la rue, retrouver leurs familles et faire face aux commerçants et baltaguis (hommes de main) derrière ce marché. Afin de préserver la sécurité, il est crucial de déclarer la guerre au trafic de drogue qui a détruit des générations et est devenu un commerce légi­time ayant entraîné la jeunesse dans de sombres abysses.

Il est également important d’obtenir un consensus avec les jeunes que la politique a divisés en factions et milices d’appellations religieuses malsaines ayant démoli leur esprit et en divergences idéologiques aux slogans fallacieux. La jeunesse, qui est la véritable richesse de l’Egypte, est dans une situation difficile ponctuée de graves divisions. L’Etat doit lui fournir un climat politique adéquat pour exprimer ses ambitions et idées.

Enfin, je veux évoquer le plus important des dossiers, celui de la pauvreté. Je suis convain­cu que le nouveau président réalise l’ampleur de la tragédie, laquelle doit le préoccuper plus que tout. Je ne crois pas que la situation de la pauvreté en Egypte nécessite recherches ou études. Il suffira au président de se rendre dans une zone d’extrême pauvreté pour voir de ses yeux la détresse des populations .

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