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L’introuvable consensus libanais

Abir Taleb avec agences, Mardi, 13 mai 2014

Les députés libanais doivent se retrouver une 4e fois ce mercredi pour tenter d’élire un successeur au président Michel Sleiman.

A moins d’une surprise, les députés libanais, censés choisir un président, devraient, au cours de cette 4e séance, entretenir la discorde. Les aspirants à la présidentielle ne manquent pas, le consensus par contre fait défaut. En effet, les trois précédentes séances du Parlement (23 avril, 30 avril et 7 mai) n’ont pas permis de désigner un candidat rassembleur issu, selon l’usage, de la communauté chrétienne maronite. Au premier tour, aucun candidat n’a obtenu suffisamment de voix. Quant aux second et troisième tours, ils n’ont pu être organisés, faute de quorum.

Or, le délai constitutionnel pour l’élection d’un nouveau président arrivera à son terme le 25 mai. Mais face aux profondes divisions dont souffre le pays du Cèdre en raison notamment de la crise syrienne, le Liban risque de basculer dans le vide présidentiel après le 25 mai, un scénario redouté aussi à l’intérieur qu’à l’étranger.

Le premier ministre, Tammam Salam, a dores et déjà mis en garde contre le chaos en cas de vacance à la tête de l’Etat. Malgré la gravité des enjeux et la fragile détente depuis la formation du gouvernement en février dernier, chaque camp politique campe sur ses positions. Fragilisés par la crise syrienne, le Hezbollah, soutenu par Téhéran et Damas, comme son rival le camp du 14 Mars, appuyé par Washington et Riyad, souhaitent l’élection d’un président qui puisse le mieux protéger leurs intérêts, aux antipodes. Ainsi, face à Samir Geagea, virulent opposant au régime syrien et au Hezbollah, se dresse Michel Aoun, soutenu par le parti chiite, même s’il ne s’est pas déclaré officiellement. Les deux hommes sont ennemis depuis la guerre civile qui a ravagé le Liban entre 1975 et 1990. Chacun d’eux jouit d’une forte popularité dans son clan, mais aucun n’est capable d’unir le pays.

Inquiet d’un blocage, le patriarche maronite Béchara Raï, à la tête de la plus grande communauté chrétienne du Liban, a plaidé pour un président « fort » et « accepté de tous ». Ce qui, a priori, disqualifie Geagea et Aoun. Les négociations devraient se poursuivre sur d’autres noms, dont celui de l’actuel commandant en chef des forces armées, Jean Kahwagi.

Tous les scénarios restent donc probables dans un pays menacé par une extension de la guerre en Syrie, où les affrontements et les attentats n’ont jamais vraiment disparu.

Avoir un Liban uni, sans divisions confessionnelles ou sectaires, dirigé par un président fort et consensuel, est toujours un mythe.

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