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L’extrémisme et l’ignorance sont l’anti-islam

Rasha Hanafy, Mardi, 11 février 2014

C’est pour mettre un terme aux clichés et aux exagérations que Zeina El-Tibi publie, L’Islam et la femme. Le statut de la femme dans le monde arabe implique une relecture de cet ouvrage pour éradiquer les attitudes contraires à l’islam.

L’extrémisme et l’ignorance sont l’anti-islam
« La burqa et certaines autres excentricités vestimentaires sont au mieux des habitudes locales comme le niqab dans certains pays du Golfe ».

L’ignorance. C’est le fléau menant aux mauvaises interprétations et aux pratiques déviantes qui causent la dégradation du statut de la femme. La question de la femme en islam est sujette à controverses, incomprises et déformées. Raison pour laquelle Zeina El-Tibi, chercheur, essayiste et spécialiste des questions relatives au dialogue des civilisations et des sociétés méditerranéennes, a publié son ouvrage intitulé L’Islam et la femme. Rappel pour en finir avec les exagérations et les clichés.

En 100 pages environ, elle récapitule les aspects théoriques et pratiques : l’égalité avec l’homme, le mariage, l’héritage, l’enseignement, le port du foulard. El-Tibi rappelle dans l’introduction de son ouvrage que l’islam est incompris : « Cette incompréhension est nourrie par l’ignorance et d’innombrables clichés, et par le refus d’admettre les diversités idéologiques, religieuses, culturelles ou autres ». Elle a commencé par montrer la place de la femme dans la Sunna (l’enseignement du prophète) et dans le Coran afin de dépasser les clichés et les idées fausses en la matière. « Aucune religion ne s’est préoccupée de la femme et ne lui a donné de l’importance autant que l’islam ». Cela donne à penser et remet en cause les préjugés injustes sur cette question sensible. Elle avance que nombreux versets coraniques concernent la femme, et que le Coran rend hommage à de nombreuses femmes exemplaires comme la Reine de Saba, Assia, la femme du pharaon, ou Marie, la mère de Jésus. Elle démontre que l’islam a, au contraire, libéré et honoré la femme. Zeina El-Tibi s’appuie sur l’une des lignes de force de l’islam : « L’islam possède un principe de mouvement ». En effet, le Coran et le prophète donnent la possibilité aux croyants d’articuler l’ancien et le nouveau, de s’adapter et de se renouveler. L’auteur insiste sur le fait qu’il faut « faire la distinction qui s’impose entre la religion musulmane et les coutumes et autres pratiques ou habitudes qui sont très éloignées des prescriptions islamiques », comme la circoncision, qui est une coutume africaine et qui n’a aucune justification ni dans le Coran, ni dans la Sunna.

El-Tibi traite également la polygamie en justifiant que l’exigence coranique selon laquelle l’époux doit se montrer équitable envers ses épouses, la restreint. Elle assure que la monogamie était la norme et que la polygamie visait à répondre à des besoins concernant les personnes et la société. L’auteur donne des exemples des femmes et leurs rôles dans la naissance de l’islam, telle la première épouse du prophète, Khadija Bint Khuwailid. Elle cite également avec précision des auteurs réformistes et éclairés tels que Qassim Amin, qui précise que la loi musulmane « a été la première loi à donner l’égalité à l’homme et à la femme. La corruption est venue de l’extérieur, avec des pratiques tirées des usages coutumiers ». A la lecture de cet ouvrage, le lecteur s’aperçoit bien que l’extrémisme et l’ignorance sont l’anti-islam.

Zeina El-Tibi est aussi membre d’Euro-Med Women Network du centre Nord-Sud du Conseil de l’Europe et enseignante au sein du Master international d’études islamiques de l’Université ouverte de Catalogne à Barcelone, elle préside l’Association des femmes arabes de la presse et de la communication à Paris. Elle insiste dans sa conclusion sur la nécessité de ramener le débat à sa vraie dimension. « Le droit de la femme est nettement proclamé par la Révélation coranique et l’enseignement du prophète Mohamad. Si ce droit a été bafoué ou réduit par des coutumes et des interprétations erronées, il est indispensable de remettre les idées en ordre, non pas en modifiant la religion, mais en revenant à son message véridique et aux principes généraux d’un islam qui préconise le savoir, le refus de l’exagération et le rejet de tout obscurantisme ».

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