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En 2030-2040, il manquera 127 milliards de m3 d’eau aux pays arabes

Mardi, 04 février 2014

Le dernier rapport du PNUD dévoile des chiffres alarmants : l'écart entre l'eau disponible et les besoins des populations pourrait tripler d'ici 20 à 30 ans. La sécurité alimentaire et l'énergie subiront des conséquences importantes.

Selon le dernier rapport de l’Or­ganisation des Nations-Unies pour le Développement (PNUD), les pays arabes auront besoin d’inves­tir 200 milliards de dollars dans la gestion des ressources hydriques lors des 10 années à venir.

La part d’eau par habitant est déjà en dessous du seuil de pau­vreté dans 12 pays arabes : elle y est inférieure à 1 000 m3 par an et par individu. L’écart entre l’offre et la demande s’élève actuellement à 43 milliards de m3 d’eau par an. On estime qu’il atteindra 127 mil­liards de m3 par an durant la décen­nie 2030-2040

La région arabe occupe 10 % des terres de la planète, sa population représente 5 % de la population mondiale, alors qu’elle ne jouit que de moins de 1 % de l’eau douce renouvelable. Le désert couvre 87 % des terres arabes. 14 pays sur les 20 que compte la région seront parmi les plus touchés au monde par les pénuries d’eau dues aux changements climatiques.

Déjà, la part d’eau par habitant est 8 fois inférieure à la moyenne mondiale. Les relations entre les pénuries d’eau, la sécurité alimen­taire et l’énergie creusent les impacts sociaux, économiques et politiques de la crise de l’eau dans la région.

Le rapport révèle que, pour répondre à la demande en eau qui va crescendo, les pays arabes ten­tent de prendre des mesures afin de garantir la durabilité de leur appro­visionnement. Certains ont investi dans la construction de barrages, d’autres se sont penchés sur le des­salement de l’eau de mer ou sur la réutilisation des eaux traitées en provenance du drainage sanitaire et agricole.

La région arabe est aujourd’hui la première en ce qui concerne le des­salement : soit 50 % de la produc­tion mondiale. Cette technique, qui fournit actuellement 1,8 % de l’ap­provisionnement en eau, en fourni­ra 8,5 % à l’horizon 2025, surtout dans les pays pétroliers du Golfe.

Mais devant la demande crois­sante, certains pays de la région ont commencé à surexploiter leurs nappes phréatiques, ce qui mène à une détérioration de l’écosystème.

Le rapport a également souligné que pour répondre à la demande croissante en alimentation, des pays arabes ont été obligés d’im­porter de l’eau, appelée eau vir­tuelle, car cette importation se fait à travers celle de certains produits agricoles à forte consommation en eau. La région MENA importe en effet 50 % de ses besoins en graines. Les quantités d’eau vir­tuelle importées par la région arabe ont sauté de 148 milliards de m3 en 2000 à 310 milliards de m3 en 2010. Le rapport a conclu qu’une gouvernance effective nécessite une assimilation de la complémen­tarité entre la sécurité alimentaire, l’eau et l’énergie.

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