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En France, après le soulagement, l’expectative

Abir Taleb , Mercredi, 10 juillet 2024

L’arrivée de la gauche en tête des législatives françaises, devant le camp présidentiel et l’extrême droite, ouvre la voie à une nouvelle période d’incertitudes marquée par les tractations et la recherche d’une coalition.

En France, après le soulagement, l’expectative

Les Français ont réussi à faire barrage à l’extrême droite. Pas à faire preuve d’unité. Le pire a été évité, mais le plus dur reste à faire. Car de nombreuses questions restent sans réponses suite au second tour des législatives, tenu dimanche 7 juillet et à l’issue duquel le Parlement français se trouve plus fragmenté que jamais. Une sorte de tripartisme où trois blocs distincts se trouvent quasiment au coude-à-coude, sans majorité absolue, à peine relative. Contre toute attente, c’est le Nouveau Front Populaire (NFP), le bloc de gauche tout fraîchement formé, qui est arrivé en tête avec 182 députés élus, mais loin de la majorité absolue (au moins 289 sur les 577 de l’hémicycle) qui lui permettrait de revendiquer le pouvoir sans contestation possible. Il est suivi par le groupe présidentiel Ensemble (168) puis l’extrême droite (143).

Désormais, des discussions se sont engagées pour former une coalition susceptible de rassembler plus de 50 % des députés derrière un nom de premier ministre et un contrat de gouvernement. Comme ce qui se passe dans les démocraties parlementaires. Certes, le président français, Emmanuel Macron, a demandé à Gabriel Attal de rester premier ministre « pour le moment », il n’en demeure pas moins que le scrutin ouvre une période d’incertitudes et de tractations : qui lui succèdera ? Quelles coalitions envisageables ? Un consensus est-il possible ? Le prochain gouvernement pourra-t-il survivre ?

Selon les observateurs, plusieurs scénarios sont sur la table : un gouvernement provisoire dirigé par Attal, une cohabitation avec le NFP, une large coalition entre différentes formations politiques qui rassemblerait plus de 50 %, un gouvernement technocrate ou encore un gouvernement minoritaire qui vivrait sous la menace d’une censure à l’Assemblée nationale, ce qui pourrait aboutir à la succession rapide de plusieurs gouvernements. Ce qui ouvrirait aussi la voie à une nouvelle dissolution du Parlement, mais pas avant un an comme le veut la Constitution française. Bref, la France risque de devenir ingouvernable.

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