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Une nouvelle équipe pour relever les défis

Chaïmaa Abdel-Hamid, Jeudi, 04 juillet 2024

Le nouveau cabinet formé par le premier ministre, Mostafa Madbouly, a prêté serment devant le président de la République le 3 juillet. De multiples défis attendent les nouveaux ministres. Explications.

Une nouvelle équipe pour relever les défis

« Je jure par Dieu le Tout-Puissant de préserver le système républicain, de respecter la Constitution et la loi, de veiller pleinement aux intérêts du peuple et de préserver l’indépendance de la nation et l’intégrité de ses terres ». C’est avec ces mots que le nouveau cabinet ministériel, formé par le premier ministre, Mostafa Madbouly, a prêté serment devant le président de la République au siège de la présidence à Héliopolis. Un par un, 20 nouveaux ministres et 10 anciens se sont engagés à poursuivre le travail de leurs prédécesseurs, à appliquer le programme du gouvernement, à corriger certaines erreurs, et notamment à surmonter les défis.

Après la démission de l’ancien gouvernement début juin, le président Abdel Fattah Al-Sissi avait reconduit le premier ministre, Mostafa Madbouly, à la tête du gouvernement lui demandant de former son nouveau cabinet. Suite à de longues consultations, un changement radical a été apporté au cabinet Madbouly, avec notamment des changements de figures, mais aussi la fusion de certains ministères et l’annulation d’autres.

Le président Abdel Fattah Al-Sissi, Commandant suprême des forces armées, promeut le général d’état-major Abdel-Meguid Saqr au grade de lieutenant général et le nomme ministre de la Défense. Abdel-Meguid Saqr a accédé au poste de gouverneur de Suez en septembre 2018 et a occupé plusieurs postes, dont celui de vice-ministre de la Défense en 2015.

De même, le lieutenant général Ahmed Fathi Khalifa a été nommé au poste de chef d’état-major des Forces armées, en remplacement du lieutenant général Osama Askar. L’année dernière, Khalifa, chef de l’Autorité des opérations des Forces armées, a été promu au grade de lieutenant général. Quant au lieutenant général Osama Askar, il est nommé au poste de conseiller du président de la République pour les affaires militaires.

Parmi les nouvelles nominations figurent notamment l’ambassadeur Badr Abdelatty au ministère des Affaires étrangères, qui fusionnera avec le ministère de l’Emigration, Maya Morsy, présidente du Conseil national de la femme, au ministère de la Solidarité sociale, Ahmed Kouchouk, vice-ministre des Finances aux Finances, et Sherif El-Sherbiny, président de la Société de la Nouvelle Capitale administrative, au ministère du Logement. De même, Sharif Farouk, président de l’Organisme de la poste, a été nommé au ministère de l’Approvisionnement, et Usama Alazhary, conseiller du président pour les affaires religieuses, au ministère des Waqfs (biens religieux). L’économiste et membre du conseil d’administration de la Banque Centrale d’Egypte, Hassan Al-Khatib, a été nommé, lui, ministre de l’Investissement et du Commerce extérieur, tandis que le procureur général adjoint, Adnan Fanjari, a été nommé ministre de la Justice.

Le président de l’Autorité égyptienne de l’aviation civile et président de l’Académie des sciences et de l’aviation, Sameh Al-Hafni, a été nommé ministre de l’Aviation civile. Et le conseiller Mahmoud Fawzi, qui a dirigé la campagne électorale du président Abdel Fattah Al-Sissi à la dernière élection présidentielle, a recueilli, lui, le nouveau portefeuille des Affaires parlementaires, juridiques et de la coordination politique. Une nomination qui vise à créer un lien fort entre les deux Chambres du Parlement et le gouvernement.

Manal Mikhail, gouverneure de Damiette, a été nommée ministre du Développement local, devenant ainsi la première femme de l’histoire de l’Egypte à occuper ce poste. Le secrétaire général de l’Organisation arabe du tourisme, Sherif Fathy, est devenu ministre du Tourisme, le président de l’Union générale des syndicats ouvriers, Mohamed Gibran, a recueilli le ministère du Travail.

Ahmed Hanno, doyen de la faculté des arts et du design de l’Université d’Al-Galala, devient ministre de la Culture, Mohamed Abdel-Latif, directeur exécutif des écoles Nermien Ismail, est ministre de l’Education et de l’Enseignement technique, et enfin le président de la Banque agricole, Alaa Farouk, a été nommé pour prendre en charge les affaires du ministère de l’Agriculture.

La fusion de plusieurs ministères comme ceux des Transports et de l’Industrie, ceux du Commerce et de l’Investissement, et ceux de la Planification et de la Coopération internationale, est l’un des faits marquants de ce remaniement.

Deux vice-premiers ministres ont également été nommés, à savoir Kamel Al-Wazir, comme vice-premier ministre chargé des affaires industrielles, et Khaled Abdel-Ghaffar, reconduit à la Santé, comme vice-premier ministre chargé des affaires du développement humain.

Outre le remaniement ministériel, 21 nouveaux gouverneurs ont été nommés et 6 ont été maintenus. Ainsi, les gouverneurs du Caire, de Louqsor, d’Alexandrie et un certain nombre de gouverneurs de la Haute-Egypte ont été remplacés.

Un remaniement élargi

Le professeur de sciences politiques à l’Université du Caire, Karim Abdel-Razek, affirme que ce n’est pas un simple remaniement, mais « un changement de fond et de forme », explique-t-il. Et d’ajouter : « Ces grands changements sont en accord avec la Vision 2030 annoncée par l’Etat, qui consiste à réduire le nombre de ministères à 18. Il s’agit donc d’un premier pas vers l’application de ce plan, puisqu’on ne peut pas passer directement de 32 à 18 ministères ».

Revenant sur l’importance de cette fusion, Abdel-Razek explique qu’elle facilite, d’une part, la coopération et le travail entre les ministères pour assurer une meilleure performance du gouvernement, et d’autre part, permet la rationalisation des dépenses gouvernementales.

Les portefeuilles économiques ont témoigné des plus grands changements étant donné que les défis économiques sont les plus persistants. Notons parmi ces défis l’inflation élevée qui continue de peser sur le pouvoir d’achat des citoyens, la nécessité de poursuivre les réformes pour stabiliser l’économie, de réduire la dette publique, d’attirer les investissements étrangers, de relancer la croissance économique tout en gérant les répercussions des crises mondiales, et bien sûr le développement du secteur privé.

Défis persistants

Tarek Fahmy, professeur de sciences politiques, assure que la composition du nouveau gouvernement est positive. « C’est un changement de politiques et pas seulement de visages », affirme-t-il. Selon lui, le nouveau cabinet doit travailler sur deux voies, la première se rapporte aux services vitaux, notamment dans les secteurs de l’enseignement, de la santé et de la lutte contre l’inflation tout en poursuivant le processus de développement. « Ce sont ces dossiers qui intéressent le plus les citoyens », affirme Fahmy.

Et d’ajouter : « La mission du nouveau gouvernement ne sera sûrement pas facile, et les nouveaux ministres sont conscients de ce fardeau. Ce gouvernement est confronté à d’énormes défis », assure Fahmy. Il pense que le nouveau gouvernement travaillera de manière différente et originale afin de régler les problèmes et de ne pas alourdir le fardeau sur le citoyen. « Aujourd’hui, les défis internes priment sur les questions externes que le gouvernement traite avec beaucoup de compétence. Les défis sociaux et économiques de l’Egypte doivent avoir la priorité », explique-t-il.

Après le serment

Après avoir prêté serment, le premier ministre doit présenter le programme du gouvernement au Conseil des députés dans les 20 jours suivant l’annonce du remaniement. Le programme doit inclure les politiques générales et les projets futurs. A son tour, le Parlement devra voter la confiance au nouveau gouvernement dans les dix jours qui suivent la présentation du programme. Dans tous les cas, le délai ne doit pas excéder 30 jours à compter de la date de la présentation du programme du gouvernement au Parlement.

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