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Le nouveau gouvernement de centre-droit se veut pragmatique: Afrique du Sud

AFP , Lundi, 01 juillet 2024

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Le président sud-africain Cyril Ramaphosa dirige un nouveau gouvernement d’unité nationale. Photo :AP

Le nouveau gouvernement de coalition en Afrique du Sud, annoncé par le président Cyril Ramaphosa, déplace le curseur politique vers le centre-droit avec l'intégration d'un tiers de ministres de l'opposition, avec l'espoir d'une meilleure gouvernance mais aussi des inquiétudes sur sa cohésion.

"Le temps de la confrontation est terminé, celui de la collaboration est arrivé", a déclaré lundi John Steenhuisen, leader du principal parti d'opposition l'Alliance démocratique (DA, centre libéral) désormais intégré au gouvernement avec six portefeuilles.

La DA, qui a constamment critiqué le président Ramaphosa ces dernières années pour son incapacité à relever l'économie, créer des emplois, assurer les services de base ou contenir la corruption, est désormais partie prenante d'un exécutif qui doit "obtenir des résultats pour les Sud-Africains", a relevé Steenhuisen, lui-même nommé ministre de l'Agriculture.

L'accord inédit entre le Congrès national africain (ANC), qui a régné seul pendant trente ans aux destinées du pays après le démantèlement du régime raciste de l'apartheid, et la DA, jusque-là première force d'opposition, ainsi que cinq autres petits partis, est le résultat de semaines d'âpres négociations.

"Nous avons mené une rude bataille" pour obtenir des ministères influents, a relevé M. Steenhuisen, notamment les Infrastructures, l'Education ou l'Environnement, afin de "jouer un rôle significatif et vital dans la reconstruction" du pays, a-t-il plaidé.

Cyril Ramaphosa a rappelé dimanche soir, en annonçant un gouvernement élargi à 32 ministères, dont douze pour d'autres partis que l'ANC, que cette coalition était le résultat des législatives fin mai, qui a privé l'ANC de sa majorité absolue pour la première fois dans l'histoire de la jeune démocratie.

En obtenant seulement 40% des voix, l'ANC a choisi de s'allier avec la DA (22% des voix) plutôt qu'avec des partis de gauche radicale, rassurant d'emblée les marchés et les investisseurs.

"Les citoyens ont clairement indiqué qu'ils attendaient des partis politiques qu'ils travaillent ensemble pour remplir un mandat de transformation, de croissance et de renouveau", a promis le chef de l'Etat, 71 ans, investi la semaine dernière pour un deuxième mandat de cinq ans, dans son allocution télévisée.

 "Sagesse collective" 

Évoquant "l'intérêt national", il a assuré avoir visé "la stabilité, l'efficacité et la durabilité du gouvernement que nous mettons en place".

Renonçant à sa promesse de réduire la taille du cabinet, il a expliqué qu'il avait fallu y faire de la place à différentes formations.

C'est une "nouvelle phase dans l'histoire de notre démocratie", a réagi lundi le leader du parti nationaliste zoulou Inkhata, qui intègre aussi l'exécutif avec deux ministres.

Velenkosini Hlabisa, nommé ministre des Affaires traditionnelles, a estimé que ce gouvernement élargi devait "obtenir des résultats positifs", en puisant dans "la sagesse collective" des différents mouvements.

L'emploi, la criminalité, la croissance faible ou les coupures récurrentes d'électricité: résoudre "ces problèmes complexes qui affectent les Sud-Africains au quotidien ne nécessite pas d'idéologie politique" particulière mais du sens commun et de la bonne volonté, a-t-il souligné.

L'ANC a conservé la part belle, avec vingt ministres et les postes clé: Finances, Energie, Affaires étrangères, Défense, Commerce ou encore Transports.

La priorité de ce nouvel exécutif sera de rendre "une croissance économique rapide" à la première puissance industrielle africaine et de créer "une société plus juste en s'attaquant à la pauvreté, aux inégalités", a promis Cyril Ramaphosa.

L'opposition est désormais clairement située à gauche de l'échiquier politique.

Le récent petit parti de l'ex-président Jacob Zuma, devenu en quelques mois troisième force politique du pays, a refusé de participer à la coalition.

Tout comme les Combattants pour la liberté économique (EFF), qui ont juré d'"écraser" l'alliance gouvernementale "dirigée par des blancs", en référence à la DA qui peine à se départir de sa réputation de parti au service de la minorité blanche.

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