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Euro-2024: Mbappé met un tacle aux "extrêmes" et "aux idées qui divisent"

AFP , Lundi, 17 juin 2024

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L’attaquant français Kylian Mbappe regarde le camp d’entraînement de l’équipe lors des préparatifs du championnat d’Europe de football de l’UEFA Euro 2024, à Clairefontaine-en-Yvelines. Photo : AFP

Au lendemain de la prise de position tranchée de Marcus Thuram contre le RN, le capitaine de l'équipe de France Kylian Mbappé a lancé dimanche un message "contre les extrêmes", sans prendre formellement parti pour un camp dans l'optique des élections législatives des 30 juin et 7 juillet.

La préparation des Bleus pour l'Euro-2024, qui débute lundi (21h00) pour les vice-champions du monde contre l'Autriche à Düsseldorf, n'en finit pas d'être percutée par la crise politique en France, déclenchée par la dissolution de l'Assemblée nationale décidée le 9 juin par le président de la République Emmanuel Macron après la victoire du Rassemblement national aux Européennes.

La parole de la superstar des Bleus, habituée à donner son avis et à partager son opinion sur les sujets de société, était particulièrement attendue. L'attaquant a comme d'habitude bien pesé ses mots et n'a pas botté en touche mais il a refusé d'être aussi explicite que Thuram - qui avait appelé samedi à "se battre pour que le RN ne passe pas" -, tout en défendant son coéquipier en affirmant qu'"il n'est pas allé trop loin".

"Je suis contre les extrêmes, les idées qui divisent", a déclaré le futur joueur du Real Madrid (25 ans) lors de la conférence de presse de veille de match, sans préciser quelles formations politiques il avait dans le viseur.

"Je pense qu'on est dans un moment crucial de l'histoire de notre pays. La situation est inédite, c'est pour ça que j'ai envie de m'adresser à tout le peuple français et à la jeune génération qui peut faire la différence. J'appelle les jeunes à aller voter, on voit que les extrêmes sont aux portes du pouvoir, on a l'opportunité de choisir l'avenir de notre pays", a-t-il ajouté.

La FFF prise à contre-pied

Pour Mbappé, "la situation est plus importante que le match de demain (lundi)" et il a refusé d'apparaître comme quelqu'un de "déconnecté", mettant en avant les "valeurs de tolérance, de mixité et de respect".

"J'espère qu'on sera encore fier de porter ce maillot le 7 juillet", à l'issue du 2e tour des législatives, a-t-il poursuivi.

La sortie de Mbappé est intervenue après la publication samedi dans la soirée d'un communiqué de la Fédération française de football demandant à "éviter toute forme de pression et d'utilisation politique de l'équipe de France" et appelant à respecter sa "neutralité", en réponse aux déclarations anti-RN de Marcus Thuram. Juste avant cette mise au point, le président de la FFF Philippe Diallo avait eu au téléphone Mbappé et le vice-capitaine, Antoine Griezmann, selon une source proche du dossier.

Sans surprise, Mbappé n'a pas vraiment tenu compte de la réaction fédérale et ne s'est pas réfugié derrière un quelconque devoir de réserve pour esquiver les questions sur les prochaines élections législatives. Il a même révélé que les joueurs de l'équipe de France préparaient une action commune sur le sujet.

"Personne ne s'en fout dans l'équipe", a-t-il indiqué.

Le sélectionneur Didier Deschamps, qui a répondu aux questions des médias après son capitaine, est lui aussi allé à rebours de la FFF en défendant le droit de ses troupes à s'exprimer.

"Ce sont des immenses footballeurs mais avant tout des citoyens français. Ils ne sont pas en dehors de la situation que vit la France, pour ceux qui en doutaient. Ils viennent avec la possibilité de dire les choses avec leurs mots, leur sensibilité, ça va nourrir probablement le débat", a-t-il dit, insistant sur le fait que les Bleus représentaient la "mixité, la solidarité, l'union, la diversité".

 

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