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L’étude selon laquelle un ancien bras du Nil asséché s'écoulait le long des pyramides ne présente rien de nouveau : Hawass et Lehner

Chaïmaa Abdel-Hamid, Mardi, 21 mai 2024

Les égyptologues étudient depuis plus d'un siècle, l'hypothèse selon laquelle des ports fluviaux existaient aux pieds des pyramides, devant les temples de la vallée, et dans les embouchures des vallées

pyramides
Archives : Pyramide de Menkaourê (Menkheres), pyramide de Khafré (Chephren) et grande pyramide de Khéops (Khéops) dans la nécropole des pyramides de Gizeh. Photo : AFP

Les deux célèbres archéologues, Zahi Hawass et Mark Lehner, ont annoncé « qu’il n’y avait rien de nouveau dans l’étude publiée par des scientifiques dans la revue Communications Earth & Environment sur la découverte d’un ancien bras du Nil asséché, long de 64 kilomètres. 

Dans un communiqué publié conjointement mardi 21 mai, les deux experts reviennent sur certains détails de l’étude en question qui soutient que cette branche asséchée, qui s'écoulait le long d'une trentaine de pyramides de l'Egypte ancienne, aurait permis d'acheminer les matériaux nécessaires à ces constructions monumentales, il y a plus de 4.000 ans.

Selon le communiqué de Hawass et Lehner, la majeure partie de cette étude reprend d’anciennes conclusions.

Selon les auteurs de l’étude d’Earth & Environment « il n’y a aucune explication convaincante sur la raison pour laquelle ces pyramides sont concentrées dans cette localité spécifique ».

Mais selon les deux archéologues, tout étudiant débutant en égyptologie sait que les pyramides de l’Ancien et du Moyen Empire appartiennent à des cimetières situés à l’ouest de Memphis, la capitale traditionnelle de l’Egypte ce qui explique leur présence dans cette région.

Les experts soulignent également que depuis plus d’un siècle, les égyptologues suggèrent qu'un bras s’étendant le long de la route Libeini donnait accès aux pyramides. « Il y a cinquante-trois ans, l'égyptologue français George Goyon a développé l'idée qu'un canal situé à l’Ouest du Nil reliait les pyramides et leurs temples de la vallée, et il a soutenu que ce canal est l’actuel Bahr el-Libeini », rapellent-ils.

Hawas et Lehner affirment que les égyptologues étudient depuis plus d'un siècle, l'hypothèse selon laquelle des ports fluviaux existaient aux pieds des pyramides dans des baies naturelles. « Les égyptologues débattent de l'idée que ces bassins auraient pu recevoir l'eau du Nil, notamment lors des inondations », affirme le communiqué publié.

Ils ont également fait savoir que pendant des années des études ont été effectuées à Gizeh sur la présence d'un bras occidental du Nil qui alimentait les ports fluviaux situés aux pieds des pyramides de Gizeh. « Nous avons trouvé et publié des repères sur les ports de Khéops, Khefren et Menkaure. Aucune de nos publications se trouve dans l’étude » souligne Hawass dans son communiqué.

De plus, soulignent les archéologues dans le communiqué que les auteurs de l’étude ont ignoré la découverte du papyrus de Wadi al-Jarf en 2013, qui contient, entre autres documents, le journal d'un homme nommé Marar qui a dirigé une équipe pour transporter du calcaire par bateau depuis les carrières orientales de Tura jusqu'à Gizeh pour construire la Pyramide de Khéops. L’homme qui a découvert le papyrus, Pierre Tallet, a désigné la route de Lebini comme marquant un bras occidental du Nil et les routes méridionales empruntées par Merar et ses hommes jusqu'à Gizeh. « Les chercheurs ont complètement ignoré cette nouvelle information importante », ont critiqué les archéologues.

Et d’ajouter « En 1995, nous avons travaillé avec le magazine National Geographic pour reconstituer un bras occidental du Nil sur la route d’Al-Leibini en numérisant des cartes spécifiques au 1/5 000 produites par le ministère du Logement et de la Reconstruction.

Les deux experts ont également assuré avoir produit une maquette du creux profond marquant une relique du canal occidental du Nil le long de la route du Lebini. « La principale conclusion de l’étude publiée dans Earth and Environnment avait donc déjà été publié dans National Geographic il y a vingt-neuf ans (janvier 1995, page 22) », assure le communiqué.

En conclusion, le communiqué de Zahi Hawass et Mark Lehner, souligne que « Les auteurs de l’étude ont soit négligé l’intégralité des recherches publiées sur le sujet où explicitement ignoré les discussions dans les travaux universitaires autour de leur recherche afin de pouvoir présenter leurs découvertes comme une nouveauté ».

 

 

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