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Soudan du Sud: reprise de pourparlers entre gouvernement et groupes rebelles

AFP , Jeudi, 09 mai 2024

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Des pourparlers entre le gouvernement et une coalition de groupes rebelles. Photo : AFP

Une nouvelle série de pourparlers entre le gouvernement du Soudan du Sud et des groupes armés non-signataires de l'accord de paix de 2018, qui avait mis fin à une sanglante guerre civile, se sont ouverts jeudi dans la capitale kényane Nairobi.

Ces discussions, organisées par une médiation kényane, prennent le relais d'un processus mené depuis 2019 sous l'égide de la communauté catholique italienne Sant'Egidio.

Depuis un accord de cessez-le-feu de 2020, qui n'a pas été respecté, les négociations sont au point mort. Le gouvernement sud-soudanais avait annoncé en novembre 2022 suspendre sa participation à ce processus, accusant les rebelles de l'utiliser "pour gagner du temps et se préparer à la guerre".

Fin 2023, il a demandé au gouvernement kényan d'assurer la médiation, qui a été confiée à l'ancien chef d'Etat-major des armées Lazarus Sumbeiywo. Ce dernier avait déjà négocié un accord de paix signé à Naivasha (Kenya) en 2005 entre le Soudan et les rebelles sud-soudanais, ouvrant la voie à l'indépendance du Soudan du Sud six ans plus tard.

"Le Soudan du Sud est menacé de désintégration et de s'effondrer dans le chaos. Il est en proie à de multiples crises", a déclaré Pagan Amum, chef du Real-SPLM (le Véritable Mouvement populaire de libération du Soudan), dans un discours au nom des groupes non-signataires.

"Nous sommes les pères et mères fondateurs de cette nouvelle nation, notre tâche historique est de jeter les bases de cette nouvelle nation (...) Pour y parvenir, nous devons engager un dialogue, être positifs et surmonter la haine qui a rempli nos coeurs. Je pense que c'est notre dernière opportunité et nous devons prendre cela au sérieux", a-t-il lancé.

Les organisations rebelles participant aux négociations comprennent notamment le Front uni du Soudan du Sud (SSUF), le Real-SPLM, le Mouvement du peuple du Soudan du Sud (SSPM) et le Front national du Salut-Conseil du commandement révolutionnaire - faction dissidente du Front national du salut (NAS) qui, lui, n'est pas présent.

Le président Salva Kiir a assuré que le gouvernement venait négocier "de bonne foi et avec un esprit ouvert", disant espérer que les non-signataires avaient "des convictions et un désir de paix similaires".

Près de 13 ans après son indépendance en 2011, le plus jeune pays du monde est toujours en proie à l'instabilité et aux violences.

L'accord de 2018 a prévu la création d'un gouvernement d'union nationale, avec Salva Kiir au poste de président et son rival Riek Machar comme vice-président. Les deux hommes ont été au centre de la guerre civile qui a fait près de 400.000 morts et des millions de déplacés entre 2013 et 2018.

Mais ce gouvernement est en proie à d'incessantes luttes de pouvoir entre les deux rivaux, qui retardent la mise en application de l'accord de paix et alimentent la violence endémique et la crise économique qui minent le pays.

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