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Nemat Shafik sous les feux des critiques pour ses positions

Farah Alazzouni , Mardi, 30 avril 2024

Nemat (Minouche) Shafik, la présidente de l'université de Columbia, se trouve sous une forte pression alors que son établissement est devenu l'épicentre des manifestations contre la riposte militaire israélienne à Gaza.

Nemat Shafik
Nemat (Minouche) Shafik, la présidente de l'université Columbia. Photo : Al-Ahram

Cette crise représente un défi crucial pour cette femme dont le parcours professionnel a été jusque-là irréprochable.

Nemat Shafik est une économiste égypto-britannique, née en Alexandrie en 1962 , sa famille avait immigré aux Etats Unis alors qu'elle avait quatre ans.

Elle a fait ses études au Royaume-Uni et obtenu son doctorat en économie de l’université Oxford.

Elle a occupé plusieurs postes de haut niveau dans des institutions financières internationales et des organisations gouvernementales.

Elle a été la plus jeune vice-présidente de la Banque mondiale, sous-gouverneure de la Banque d'Angleterre et vice-directrice générale du Fonds Monétaire International (FMI). Elle est une figure influente dans les domaines de l'économie.

Moins d'un an après son arrivée à la tête de l'université Columbia, Shafik se retrouve face à des pressions de toutes parts, tant de la part des partisans que des opposants aux manifestations contre les offensives israéliennes à Gaza.

Sa gestion des protestations sur le campus a suscité des critiques. Certains membres du corps professoral ont désapprouvé sa décision de faire appel à la police de New York la semaine dernière pour disperser les manifestants, tandis que d'autres lui demandent de faire revenir les forces de l'ordre pour déloger un campement de protestataires.

Malgré ces critiques, Shafik conserve le soutien du conseil d'administration de l'université.

La position de Shafik a été critiquée à plusieurs reprises dans les médias égyptiens, notamment lundi 29 avril, sur la chaîne ONTV, Lamees El-Hadidi, la présentatrice du programme Akher Kalam, l’a accusé de soutenir toujours ces partis politiques.

Surtout après avoir indiqué que Shafik a mentionné dans son CV qu’ « elle avait fui de l’Egypte à cause des bouleversements qui ont eu en Egypte durant les années 60 »

Appels à la démission

La cote de popularité de Shafik sur le campus vacille dangereusement. Elle est accusée de ne pas avoir suffisamment défendu les « valeurs de l’université » lors d’une récente audition devant le Congrès et d’avoir sacrifié la liberté d’expression en faisant appel, jeudi 18 avril, à la police pour disperser un rassemblement pro-palestinien.

Néanmoins, Mike Johnson, un conservateur de la Chambre des représentants, a demandé sa démission, mercredi 24 avril, affirmant que Minouche Shafik n'avait pas été assez résolue face aux « actes antisémites » sur le campus.

Quelques jours auparavant, plusieurs membres du parti républicain lui avaient envoyé une lettre ouverte exprimant leur mécontentement quant à son manque d'autorité pour faire face à « l'anarchie qui règne sur le campus ».

L’université de Columbia, épicentre des manifestations pro-palestiniennes

Depuis une dizaine de jours, une vague de protestations contre la guerre menée par Israël contre les Palestiniens dans la bande de Gaza gagne du terrain dans les universités américaines. Tout a commencé à Columbia, où une centaine de personnes ont été appréhendées le 18 avril.

Depuis lors, des centaines d'autres individus - étudiants, enseignants et militants - ont été appréhendés, parfois même arrêtés et poursuivis en justice, dans plusieurs établissements universitaires à travers le pays.

Les images de forces de l'ordre anti-émeutes intervenant sur les campus, sur demande des administrations universitaires, ont fait le tour du monde, évoquant des événements similaires survenus aux Etats-Unis lors de la guerre du Vietnam.

Les manifestations ont ravivé le débat tendu depuis le 7 octobre, sur la liberté d'expression, un droit constitutionnel.

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