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A Turin, l'ONU appelle le G7 à être "ambitieux" face au changement climatique

AFP , Lundi, 29 avril 2024

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Le ministre français des affaires étrangères, Laurent Fabius, lors de la convention sur le changement climatique, à Bonn. Photo : AP

Les ministres du G7 se sont réunis lundi à Turin pour discuter environnement et stratégie face au changement climatique, l'ONU les appelant à "montrer la voie" avec des "actions plus ambitieuses".

Cette ville du nord-est de l'Italie accueille ainsi la première grande réunion politique sur le climat depuis la COP28 en décembre à Dubaï, où le monde s'est engagé à renoncer progressivement au charbon, au gaz et au pétrole.

Le chef de l'ONU Climat Simon Stiell a exhorté les pays du G7 à utiliser leur poids politique, leur richesse et leur technologie pour sortir des énergies fossiles.

"J'entends souvent dire dans des forums comme celui-ci que +nous ne pouvons pas aller trop vite, de peur que nous prédéterminions le résultat de négociations" au niveau de l'ONU, a-t-il affirmé aux ministres.

"C'est une totale absurdité d'affirmer que le G7 ne peut pas - ou ne devrait pas - montrer la voie sur des action plus ambitieuses en matière de climat", a jugé le secrétaire exécutif de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC), alors que le G7 est loin de ses objectifs, selon un nouveau rapport publié par un institut sur le climat.

Des centaines de militants du climat ont manifesté dimanche à Turin, certains d'entre eux brûlant des photos des dirigeants du G7 accusés de trahir les générations futures sur la crise climatique.

Des délégations de Dubaï et d'Azerbaïdjan seront présentes, ainsi que du Brésil, qui préside le G20 cette année.

Les ministres du G7, qui comprend, outre l'Italie, le Canada, la France, l'Allemagne, le Japon, le Royaume-Uni et les Etats-Unis, auront quatre sessions de travail sur deux jours à la Venaria, un palais du XVIIe siècle.

Ils ont au programme "les énergies renouvelables, l'efficacité énergétique, la sortie des énergies fossiles", ainsi que "les recherches pour l'énergie nucléaire de nouvelle génération, l'économie circulaire, les matières premières critiques, les biocarburants", a précisé lundi le ministre italien de l'Environnement Gilberto Pichetto Fratin.

"Bond en avant" 

Les défenseurs de l'environnement veulent savoir s'ils ont l'intention de concrétiser leurs engagements, comme l'accord de Dubaï sur le doublement des taux d'efficacité énergétique et le triplement des capacités en énergies renouvelables d'ici 2030.

Seront aussi abordés des thèmes comme la nécessité de diversifier les sources d'approvisionnement en matériaux clé pour les systèmes d'énergies renouvelables, ainsi que la réutilisation des minerais, afin de moins dépendre de la Chine, qui domine le secteur des technologies vertes.

Selon Rome, les terres rares et les énergies renouvelables seront au coeur de discussions avec des délégations africaines invitées à Turin.

Ottawa, Paris, Berlin et Londres, qui font pression pour l'adoption d'un traité pour réduire la pollution au plastique, devraient utiliser le G7 pour tenter de rallier Washington et Tokyo, plus réticents.

Les militants du climat espèrent une aide accrue aux pays en voie de développement pour décarboner leur production industrielle, notamment les secteurs de l'acier et du ciment.

Il pourrait également y avoir de nouveaux engagements sur de nouveaux fonds dédiés à l'adaptation au changement climatique.

Stiell a d'ailleurs exhorté les sept ministres présents à faire pression sur leurs homologues des finances pour arriver à un "bond en avant".

Ensemble, les pays du G7 représentent 38% de l'économie mondiale et sont responsables de 21% des émissions de gaz à effet de serre, selon des chiffres pour 2021 de l'Institut d'analyse du Climat.

Aucun de ses pays membres n'est en voie de respecter les objectifs de réduction d'émissions pour 2030, qui ne seront réduites "au mieux que de la moitié de ce qui est nécessaire", selon un rapport de cet institut publié la semaine dernière.

Le gouvernement de Joe Biden a annoncé jeudi imposer à partir de 2032 de très strictes limites aux émissions de CO2 des centrales à charbon prévoyant de rester encore longtemps en marche, une mesure qui doit aider les Etats-Unis à tenir leurs engagements climatiques.

La France devrait militer pour que le G7 abandonne le charbon d'ici 2030, mais le Japon est réticent à fixer une date-butoir.

Quant à l'Allemagne, le plus gros émetteur de gaz à effet de serre en Europe, elle rechigne à renoncer au gaz, tout comme l'Italie.

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