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Le chef du renseignement militaire israélien démissionne, en pleine attaque israélienne sur Gaza

AFP , Lundi, 22 avril 2024

Aharon Haliva.
Les forces de défense israéliennes montrent Aharon Haliva. Photo : AP

Le chef du renseignement militaire israélien a démissionné lundi en assumant sa "responsabilité" dans l'attaque sanglante du Hamas le 7 octobre dernier. 

En pleine offensive dans le territoire palestinien, Israël célèbre lundi le début de la Pâque juive, la fête de Pessah, parmi les plus importantes du calendrier hébraïque.

A la veille de cette fête, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a promis dimanche de porter "de nouveaux coups durs" au Hamas. "Dans les prochains jours, nous augmenterons la pression militaire et politique sur le Hamas, car c'est le seul moyen de libérer nos otages et de remporter notre victoire", a-t-il déclaré dans un message vidéo.

Première personnalité politique ou militaire à démissionner depuis l'attaque menée le 7 octobre depuis la Guerre à Gaza, le chef du renseignement militaire israélien, le général Aharon Haliva, a assumé "sa responsabilité" dans l'échec à prévenir cette incursion qui a pris le pays par surprise.

Le général Haliva "a demandé à ce que soit mis fin à ses fonctions", a annoncé l'armée, après 38 ans de carrière militaire.

"200 jours de captivité" 

Après six mois et demi de bombardements et de combats dans la bande de Gaza assiégée, en proie à une crise humanitaire majeure, le chef d'état-major israélien, le général Herzi Halevi, a approuvé dimanche "les prochaines étapes de la guerre", a annoncé le porte-parole de l'armée, le contre-amiral Daniel Hagari.

Netanyahu n'a de cesse de clamer sa détermination à lancer une offensive terrestre à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, qu'il considère comme le dernier grand bastion du Hamas.

Mais les organisations humanitaires et de nombreuses capitales étrangères s'opposent à cette opération, craignant un bain de sang dans la ville frontalière avec l'Egypte, où s'entassent un million et demi de Gazaouis, habitants ou déplacés.

 50 corps exhumés 

Lundi, l'armée israélienne a bombardé notamment les camps palestiniens de Nousseirat et Maghazi, ainsi que le littoral à Deir el-Balah, dans le centre de la bande de Gaza, et les villes de Rafah et Khan Younès, dans le sud, selon un correspondant le l'AFP.

Des bombardements ont aussi visé le quartier de Zaïtoune, au sud-est de la ville de Gaza, et des drones ont frappé la cour d'une école dans le camp d'al-Bureij, dans le centre du territoire.

Dans ce même camp, au moins trois personnes ont été blessées dans le bombardement d'une mosquée, selon des sources médicales.

A Khan Younès, la Défense civile a annoncé dimanche avoir exhumé au moins 50 corps de Palestiniens enterrés dans la cour de l'hôpital Nasser, un des plus grands du territoire.

Ces cadavres "étaient dépouillés de leurs vêtements, ce qui indique certainement qu'ils ont été arrêtés, torturés et soumis à de mauvais traitements de la part de l'armée d'occupation", a déclaré à l'AFP Mahmoud Bassal, un porte-parole de la Défense civile.

Des journalistes de l'AFP ont vu des membres de la Défense civile exhumer des restes humains dans la cour de l'hôpital et des Gazaouis massés au même endroit, à la recherche de proches disparus.

Parmi eux, Oum Mohammed al-Harazeen, dont le mari a disparu depuis environ un mois. "Il ne sortait que pour nous apporter de la nourriture et de l'eau. Il a disparu au moment où l'armée israélienne est entrée dans Khan Younès", dit-elle.

Interrogée par l'AFP, l'armée, qui s'est retirée de Khan Younès le 7 avril, a dit vérifier ces affirmations.

 Aide américaine 

Cette découverte macabre intervient au moment où les Etats-Unis ont approuvé une aide militaire de 13 milliards de dollars pour leur allié israélien.

Pour le Hamas, les Etats-Unis et l'Union européenne notamment, Washington a donné à Israël le "feu vert" pour continuer à "agresser" les Palestiniens.

Lors d'une conversation dimanche avec Benny Gantz, membre du cabinet de guerre israélien, le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken a insisté sur la nécessité "d'un cessez-le-feu immédiat qui garantisse la libération des otages".

Mais les négociations sont au point mort.

Les violences se multiplient également en Cisjordanie occupée où les forces israéliennes mènent des raids quasi quotidiens, disant vouloir lutter contre des groupes armés palestiniens.

"Les soldats israéliens ont tué tellement de personnes ici au fil des années que j'en ai perdu le compte", a témoigné dimanche Ibrahim Ghanim, un étudiant en droit de 20 ans qui assistait à des obsèques après un raid meurtrier sur le camp de Nour Shams près de Tulkarem, dans le nord de la Cisjordanie.

*Article modifié par Ahraminfo

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